Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Editorial

L’Abbé Lallement

vendredi 30 mars 2018, par Patrick Desingly


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L’Abbé François Louis Lallement est né le 29 octobre 1871 à Pont-à-Mousson (Meurthe et Moselle). Il a été curé de Moiremont de 1897 à 1909. L’œuvre qu’il nous apporte aujourd’hui est vraiment unique et très souvent méconnue.
Incontestablement il est devenu un maître du savoir argonnais, en particulier en ce qui concerne les patois locaux. En 1905, déjà, il préconisait l’enregistrement des dialogues sur un phonographe. Ne disait-il pas : « Pour bien connaître le patois d’un pays, pour arriver à le parler, et surtout à l’écrire, il faut habiter la région, aimer et fréquenter assidûment les habitants et surtout surprendre leurs originalités. »
Aujourd’hui, nous sommes en droit de nous demander où il trouvait le temps, après son ministère, de mener ses recherches si affinées sur le patois, le folklore, l’histoire, les contes, les proverbes et cela à travers toute l’Argonne. Ses éditions, sa collaboration avec la revue « Matot-Braine », son attachement au « cousi-loui » (écrits sur Moiremont), ses histoires merveilleuses ont enchanté les veillées de nos anciens au coin de la cheminée.
Il a sauvé de l’oubli une grande partie des traditions populaires. N’a-t-il pas réuni dans un merveilleux volume les antiques dictons des villages, les sobriquets dans « Blason Populaire » ?
Actuellement, cet argonnais d’adoption à qui nous devons beaucoup n’a même pas un nom de rue ni un nom de place. Curieuse récompense. Les anciens qui l’ont approché m’ont raconté son attachement à Dieu mais aussi aux hommes, au savoir et au progrès.
Son ministère à Moiremont, au dire des anciens, n’a pas été des plus faciles. Il s’est évertué à rapprocher les deux camps après la séparation de l’église et de l’état.
D’ailleurs son départ de Moiremont est anecdotique : en jouant aux cartes, lors d’une veillée chez ses paroissiens le samedi soir, il a été surpris par l’heure légale, minuit. Or, à cette époque, les prêtres ont interdiction de jouer aux cartes le jour d’une célébration. Malgré cela, il prend l’initiative de célébrer sa messe le dimanche. Le qu’en-dira-t-on s’en empare, la colère gronde, il s’en trouve meurtri. Il partira à Recy avant de devenir professeur au collège Saint-Etienne. Il ne reviendra qu’une seule fois à Moiremont en 1925, rendre visite à son successeur l’Abbé Sarazin. Il décédera en 1927. Moiremont lui doit beaucoup, en particulier pour la reconstruction de la crypte sur ses deniers personnels. Le patrimoine à cette époque n’était pas une priorité.
Aujourd’hui ses œuvres sont introuvables, les rééditions trop restreintes. L’abbé Lallement reste et restera un monument pour l’Argonne. Lire ou relire l’Abbé Lallement est toujours un grand plaisir, c’est aussi une preuve de son attachement à l’Argonne.
Bonne lecture du n° 78.
Patrick Desingly, Président.

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