Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

A propos de l’abbé Lallement

Des livres, du patois et une grotte.

mardi 19 juin 2018, par Christine Francart


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Suite à l’éditorial de Patrick Desingly concernant le départ de l’abbé Lallement du village de Moiremont où il avait été curé, Christine Francart nous envoie la page du journal de l’époque qui annonce la mort de l’abbé et retrace son parcours à Moiremont. A noter que l’abbé Lallement était né en 1871 à Pont-à-Mousson, qu’il est décédé à Châlons et enterré dans sa ville natale.
En 1908, Moiremont avait 409 habitants, le maire était M. Hannequin. Sainte-Ménehould en comptait 4992 et l’arrondissement 26 675.

Moiremont. La mort de M. l’abbé Lallement.
Les habitants de Moiremont n’ont pas oublié que M. l’abbé Lallement, professeur au Collège Saint-Etienne, officier d’instruction publique, décédé à Châlons, inhumé à Pont-à-Mousson, sa ville natale, avait été leur curé durant de longues années. Il était épris d’une telle tendresse pour cette contrée d’Argonne qu’il avait voulu en apprendre le patois et le parlait à s’y méprendre.
Les recherches historiques furent toujours son étude préférée ; il aimait à ressusciter les vieux souvenirs, aborder les monographies locales, dégager des archives tous les évènements intéressant l’évolution des villages. La Révolution française, surtout au point de vue persécution, interdiction du culte et poursuite des prêtres lui procura l’occasion de publier plusieurs brochures. L’Almanach Matot-Braine ouvrait largement ses pages à ses articles documentaires, à des nouvelles qui sentaient leur cru. Ce goût pour les vieux documents qu’il maniait à ravir et réorganisait avec verve, le porta aussi vers l’archéologie.
Sa bonne vieille église de Moiremont lui plut dès son arrivée au village. Les stalles séculaires, les chapiteaux gothiques, la nef décapitée des voûtes, les vieux tableaux abbatiaux, les panneaux et sculptures, il voulait connaître les origines de tout. Il découvrit même l’existence d’une crypte derrière le maître-autel, et se mit, à l’insu de tout le monde, puis malgré l’opposition, à la remettre au jour, creusant et transportant la terre, rétablissant dans son aspect primitif une sorte de grotte rocailleuse consacrée à sainte Madeleine où l’on accède aujourd’hui par un double escalier.
Mais là où il excellait, c’était à raconter, inventant à l’occasion, ces jolis contes d’Argonne en patois pleins de malices et de gros humour. Il les signait familièrement « Cousin Louis ».
On lui doit aussi un grand Folklore récemment paru.

Dans le « Matot-Braine » de 1899, on lit, dans la rubrique « Faits divers » du mois d’avril : « 21- MOIREMONT : Découverte, sous l’autel de l’église de cette commune, d’une crypte qui remonte à 707, l’église actuelle ayant été bâtie sur les ruines d’une ancienne abbaye construite par un comte de Rethel. »

La grotte rocailleuse découverte par l’abbé est toujours en l’état dans l’église de Moiremont
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Christine Francart



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