Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

L’architecture à Sainte-Ménehould et dans les villages voisins.

dimanche 29 décembre 2019, par Jean-Louis Le Hingrat


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Introduction
L’architecture en Argonne, c’est la rencontre et l’influence de plusieurs styles d’architecture. Comment comprendre cette diversité de styles ?
Aujourd’hui, nous ne pouvons pas considérer l’architecture argonnaise comme une entité architecturale typique. La maison argonnaise était construite en bois, dont peu ont résisté au temps ou aux guerres.

Les trois sources de l’architecture en Argonne
L’Argonne est entourée par trois régions naturelles, les Ardennes, la Champagne, la Lorraine, plus précisément les Côtes et le Val de Meuse, correspondant à des formations géologiques distinctes :
- Le calcaire jaune appelée « pierre de Dom » ou « du soleil », dans le sud ardennais, une pierre riche en oxyde de fer qui lui vaut cette belle couleur.
- Le calcaire de Meuse.
- La craie de Champagne.
-L’argile au sud de l’Argonne.
- Et au milieu se dresse ce formidable massif de gaize. Cette roche rare n’affleure que dans quelques régions du monde.
Ainsi, l’Argonne présente plusieurs types d’architecture que nous pouvons schématiser ainsi :
- Au nord (Argonne ardennaise), un bâti en « pierre jaune ».
- Au milieu, correspondant à la ligne de front de la Première Guerre mondiale, des villages reconstruits en briques, en pierres meulières.
- Au sud et à l’ouest (Argonne champenoise), un panachage, avec des bâtis construits en moellons de gaize alternés avec des rangs de briques, influence de la Champagne avec son appareillage champenois et des maisons à pans de bois, recouvertes parfois encore d’un bardage.
- Sur la bordure est (Argonne meusienne), l’influence de la Lorraine.
- C’est aussi l’influence de style comme l’Art Déco.

L’architecture en gaize et briques à Sainte-Ménehould et aux alentours

L’appareil champenois est une méthode de maçonnerie alternant la brique et la pierre. En Champagne, la brique s’alterne avec des moellons de craie. En Argonne champenoise, c’est avec des moellons de gaize. Ce type d’appareillage donne aux façades un aspect particulièrement esthétique et harmonieux.
Suite à l’incendie de Sainte-Ménehould en 1719, l’ingénieur Philippe de la force va se voir confier la reconstruction de la ville. Depuis, Sainte-Ménehould a conservé cet harmonieux ensemble architectural réalisé en gaize et briques avec son emblématique Hôtel de ville.
Nous trouvons un bel ensemble de cette architecture place d’Austerlitz, place du Général Leclerc, rue Chanzy et l’église du Château construite au début du XIIIe siècle. Elle est remaniée plusieurs fois entre le XVe et le XVIIIe siècle. Rue Robinet, se trouve un immeuble où les maçons ont marqué leur créativité, leurs talents, leur savoir-faire en créant un motif géométrique en forme de chevrons.


Les propriétés de la gaize, comme la craie, nécessitent de prendre des précautions face aux intempéries, principalement de l’humidité. La brique va donc apporter le renfort et la solidité à l’ensemble de la façade. Le soubassement soutenant l’appareillage champenois est souvent réalisé en pierre calcaire afin de protéger le mur des remontées capillaires.

Toute la difficulté quand on utilise la gaize en maçonnerie est de trouver et de choisir les bonnes veines pour l’extraction. Pour exemple, l’Hôtel de ville de Sainte-Ménehould traverse les âges avec une façade exposée. Pour d’autres constructions, les façades ne résistent pas au temps.
















Nous pouvons aussi apprécier, par exemple, à Florent-en-Argonne, à Chaudefontaine, à Sainte-Ménehould l’église du Château, des églises construites en gaize et en briques.

La toiture
Sur les bâtiments administratifs et les alignements d’immeubles réalisés en appareil champenois, la toiture adoptée est « à la Mansart ». Une toiture réalisée en 2 plans, une partie presque verticale, dénommée « brisis » et une partie en faible pente dénommée « terrasson ». Généralement l’ensemble est recouvert d’ardoises. À Sainte-Ménehould, la couverture est parfois mixte avec le brisis réalisé en ardoises et le terrasson en tuiles « canal ». Cette toiture permet l’aménagement des combles. Le brisis est percé de lucarnes, parfois ouvragées.

Documentation :
- Horizons d’Argonne n°59 « Sainte-Ménehould après l’incendie de 1719 »
- Le guide de l’Argonne, Ed La Manufacture : « L’architecture argonnaise ».
- Focus patchwork architectural, Châlons-en-Champagne, ville et pays d’art et d’histoire.
- Le toit, buildingfrance.com
- « https://chalons.catholique.fr/eglises/sainte-menehould-eglise-notre-dame-du-chateau/ »

Jean-Louis Le Hingrat


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