Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Une, deux, trois, quatre petites histoires en patois.

jeudi 26 décembre 2019, par Nicole Gérardot


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Une bonne femme à sa « vis-à-vis » :
- Coume j’avous des mals d’estoma et la rhume et peuïe la gourge enrouillie, j’a été voèr l’méd’cin pou savoè si j’avous une bronchique ou une gastrique, ou enco la liabète.
- I m’i dit qu’c’était in rhomatisse et i m’i avoyié ciz l’phormacien avo in bout d’paupi (papier). L’phormacien y m’i dit qu’i follait m’mette in vecisificatoère et les eventouses, et penre des pinules qu’il é mins dans une boête.
- J’ao prins consciencieusement tortout ça ; et peuïe, ça m’i fait une résolution das l’vanne !
- O Dieuë ! ma boune ! Afin… Ça va mieux ?

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Entre deux bonnes femmes :
- qu’ça va ?
- Ça va assez bié et vous ?
- Oh ! mi, ça n’vam’ ; j’crayous mori l’aut’ nuti. Ju m’avons luvëe et j’a été trouvée mon houme ; j’li aô dit : luf’tu, j’vas mori… Il était bié détrait (en détresse) : « J’n’avons saumat in pâo d’goutte à la maison » qui m’i dit. Enfin, la respiration est r’v’nue et puie, ça i été meuïe.
- Vu d’vez toujou in bé cierche à Saint Nicolas !

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Entre deux bonnes femmes :
- Et vout’ mari, ma pouv’femme, va-i in pro ?
- Oh ! n, m’a parlèm, i geind toujous. Tous les jours im’dit : « J’va mouri, j’va mouri » Mais que j’li dit : « N’aim paou (peur), ju n’tu salerème, j’tentirro tout suite ! »

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La femme du Françouès rapportait à la maison, dans sa bannette (tablier) le prix d’une portée de petits cochons vendus à Sainte-Ménehould, à la foère ! Montrant le trésor à son mari qui n’a plus que quelques heures à vivre :
- Eh, bin, t’naie (tenez), v’la pouv’débitaïe !
En français : vous pouvez mourir tranquille, j’ai de quoi payer votre enterrement et faire l’obit.

Nicole Gérardot

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