
Atlas 1868

La statue de sainte Ménehould a été exposée au Petit Palais ( [1]) à Paris ; mais ce n’était pas la seule œuvre dans le musée… C’était en 1917 pour une exposition d’œuvres mutilées lors de la guerre.
C’était la première guerre mondiale et les armées allemandes avaient envahi la France. Les Allemands avaient traversé l’Argonne début octobre avant d’être refoulés vers le nord à la fin de ce mois. Le front s’est stabilisé alors vers Vienne-le-Château.
Mais les troupes ennemies avaient fait bien des dégâts : les maisons, les infrastructures et même des œuvres d’art, surtout dans les églises bombardées.

À l’initiative du Petit Journal ( [2]),un quotidien de l’époque, une exposition « d’objets d’art mutilés ou provenant des régions dévastées par l’ennemi » allait être organisée au Petit Palais du 24 novembre 1916 au 4 décembre 1917. Charles Hubert était directeur du Petit Journal mais aussi sénateur de la Meuse et surtout vice-président de la commission sénatoriale des armées.
Il a été écrit concernant cette affaire : « Elles disent, avec une tragique éloquence, les souffrances des pays qui furent envahis et les martyrs des villes bombardées. »
C’est Paul Ginesty, inspecteur général des monuments historiques, qui fut chargé de répertorier ces œuvres et de les acheminer (ce ne fut pas facile) vers Paris.
Dans l’inventaire on retrouve donc cette statue provenant de La Neuville-au-Pont, mais aussi un christ en bois, une dalle funéraire, un morceau de cloche ou encore du plomb fondu de la cathédrale de Reims ( [3]). Chaque objet est numéroté et chaque village a son petit texte.
Parmi ces villages on retrouve donc La Neuville-au-Pont, Vienne-la-Ville, Vienne-le-Château ou encore Tahure pour la Marne. Pour la Meuse, Clermont-en-Argonne et Revigny. La ville qui a le plus d’œuvres exposées est bien sûr … Verdun.
Pour Sainte-Ménehould, rien. Car toutes ces œuvres mutilées le devaient à une destruction des églises ayant reçu des obus. Or, on le sait, l’église du Château n’a subi aucun dommage pendant cette guerre.
L’affiche de l’exposition nous apprend que celle-ci était ouverte de 10 heures à 4 heures : on vivait à l’heure solaire. Le prix d’entrée était fixé à 1 franc, au bénéfice d’œuvres de solidarité, bien sûr. Mais à la fin de la guerre et de l’exposition, que sont devenues ces œuvres ?
Combien y a-t-il eu de visiteurs ? Le site Internet très complet ne le dit pas.
John Jussy

Aujourd’hui, à La Neuville-au-Pont, il n’y a plus de statue de Ménehould dans l’église !!!
