Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.


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Quand on reparle du meurtre du comte de Hans…

Quelques noms dévoilés.

   par John Jussy



Au retour de la famille royale après l’échec de Varennes, le comte de Hans a été tué en bas de la côte de la Grèverie à la sortie de Sainte-Ménehould. S’approchant dangereusement de la berline royale, le comte a été poursuivi par des hommes en armes et abattu sauvagement (voir notre article du n°98). Une triste affaire dont les auteurs ont réussi face au juge Buirette à faire disparaître tout rapport. Et pourtant, Jean Vigouroux a retrouvé un document qui cite les noms de quelques « assassins ».

Auguste Philippe Henri, comte de Hans, était le fils du comte assassiné ; il était né le 3 juin 1786 et avait 5 ans au moment du drame. Il a dû, avec sa petite sœur, entendre la triste nouvelle rapportée par les gens de la maison ou par des paysans, à la comtesse.
En 1816, il est lieutenant et aide-major des gardes du corps de Monsieur. « Monsieur », c’est le frère du roi Louis XVIII, celui qui deviendra en 1824, le roi Charles X.
Auguste Philippe Henri demande le nom de ceux qui ont tué son père au procureur du roi près le tribunal de première instance de l’arrondissement de Sainte-Ménehould. Selon Buirette, ces documents avaient disparu et ce procureur ne donnera que quelques noms. Il a écrit :
"Il paraît certain que la procédure qui a été instruite contre les assassins, dans le mois de juin 1791, a été soustraite du greffe de Sainte-Ménehould, dans les temps de terreur, je ne puis vous donner que les noms de ceux qui ont paru dans cette ville couverts de sang et qui ont fait parole :
Jean Baptiste Baillet de la Neuville-au-Pont.
Thierry de Braux-Sainte-Cohière.
Les deux frères Gallois de Passavant, dont un, capitaine de gendarmerie, vient de reparaître dans la commune.
Les deux frères Cachier demeurant au Château à Sainte-Ménehould ; celui qui s’appelle Jean a eu la cruauté de donner un coup de baïonnette dans le ventre de Monsieur le comte de Dampierre. Il a dit-on, par ce coup, brisé la montre de l’homicidé. En paraissant à Sainte-Ménehould, Jean Cachier était couvert de sang."

Ces noms ne sortent donc pas d’un rapport mais de la tradition orale, ce qui se racontait à la veillée, ce dont on se souvient 25 ans après… Ceux-là n’étaient pas seuls en bas de la Grèverie pour courir après le comte qui avait eu l’impudence de vouloir pour la quatrième fois s’approcher de Louis XVI ; peut-être ont-ils fait l’erreur de se vanter, de parler, sans savoir qu’un jour reviendrait la royauté.
Le procureur écrit encore :
« Voilà, Monsieur le Comte, un rapport qui vous déchire le cœur, mais vous avez désiré connaître les assassins de Monsieur votre père, je vous donne les noms avec douleur. »
Rappelons qu’une loi d’amnistie avait été décrétée pour tous les faits commis au cours de cette fuite à Varennes. C’était la Révolution, avec toutes ses atrocités, ses erreurs, ses peurs…

Alors qu’a pu faire le fils du comte ? Cinq ans plus tard, en 1821, il fera transporter les restes du corps de son père du cimetière de Chaudefontaine jusqu’à l’église de Hans dans laquelle se trouve toujours aujourd’hui la pierre tombale du malheureux Anne Elzéar du Val, comte de Dampierre, baron de Hans, victime de sa fidélité au roi.

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