Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.


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Une guerre oubliée :

Quand les Russes sont à Menou et que naît un grand magasin.

   par John Jussy



On parle beaucoup de la guerre de 14-18, de la seconde guerre mondiale, parfois du désastre de 1870, mais dans les guerres napoléoniennes il est un épisode tragique : la Campagne de France.
La retraite de Russie a été un désastre, les armées coalisées vont envahir la France. Malgré quelques victoires (Champaubert, Montmirail), Napoléon doit abdiquer le 6 avril 1814. Puis ce sera les 100 jours, Waterloo, et encore la fin de l’empire.
Et les Russes sont en Argonne.

Brouillon écrit (P.186 ; édition originale) :
« En 1814, la crainte d’une nouvelle invasion fit songer aux ressources que le Château pouvait encore fournir pour la défense. On tenta d’en refaire l’enceinte au moyen de palissades placées aux endroits les plus découverts, et on entreprit de rétablir une porte à mi-côte, à peu près à l’endroit où était l’ancienne. Ces travaux hâtifs, qui devaient être complétés par un retranchement élevé en avant de la forêt, à la côte de Biesme, ne furent d’aucune utilité. »
Buirette avait écrit (1837) :
« Il fallait pour ces ouvrages, couper un grand nombre d’arbres dans la forêt, aplanir le terrain et remuer beaucoup de terre. On mit en réquisition une infinité de monde ; chaque commune de l’arrondissement fournissait tour à tour des travailleurs. Ces travaux ne furent point achevés, non plus qu’une nouvelle porte qui avait été commencée à mi-côte… »
Toutes les fortifications avaient été en effet démolies et servaient souvent de carrière pour les bourgeois. En 1753, il ne restait des fortifications du Château que la porte et la tour à mi-côte ; c’est-à-dire à l’emplacement des actuels escaliers. Rappelons que la route ne sera tracée que vers 1900.
Baillon a écrit (P. 56, ed. originale) :
« En 1815, les alliés envahissent la ville et réquisitionnent des vivres et du fourrage… Au départ des ennemis, une plantation d’ormes remplace les arbres du jard dont les écorces avaient été endommagées par les chevaux que les Russes y avaient attachés. »
Dans le livret « Hôpital Hospice, Sainte-Ménehould 1500 ans », on lit :
« En 1814, la chapelle devient un magasin à fourrage des troupes alliées occupantes (dont les Russes) dont les nombreux passages accablent la ville… »

La naissance d’un grand magasin
La présence de ces ennemis allait aussi ruiner des Ménéhildiens et être pourtant pour une famille le départ d’une grande aventure :
La famille Testulat était une famille très aisée ; elle habitait la Mignonnerie, la grande maison sur la route de Moiremont et dit-on, signe de richesse, les filles étaient conduites en calèche à l’école.
Les parents possédaient trois moulins sur l’Aisne et la guerre ne les épargna pas ; les moulins brûlés, les Testulat furent ruinés et la moitié de la famille partit au Mexique.
Deux filles qui étaient restées à Menou décidèrent, pour vivre, de vendre des dentelles et de la lingerie. L’une d’elles se maria avec un maître ouvrier œuvrant dans la côte du Château et se nommant… Philbert.
Le couple, vivant dans ce XIXe siècle, eut dix-sept enfants dont un, nommé aussi Victor, se maria avec Emilie Vigourt, d’où l’enseigne vue sur certaines cartes postales : Philbert Vigourt.
De leurs quatre enfants, l’un, toujours prénommé Victor se maria avec Julie Mazurier. Et leur fille Marguerite Philbert épousa… Louis Bousselin. Et voilà le magasin « Philbert Bousselin » que les seniors ont connu.

John Jussy

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