Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Centenaire de l’électrification de Sainte-Ménehould. 1908 -2008

mardi 24 février 2009, par Michel Bacquias, Raymond Collin


Enregistrer au format PDF :Version Pdf


Version imprimable de cet article Version imprimable **




Une usine électrique :
---------A partir de 1892, la gestion de la Société Anonyme du Gaz est critiquée, mais ce n’est qu’au début de l’année 1906, après différentes péripéties que la ville de Sainte-Ménehould peut reprendre la propriété de l’usine et du réseau de distribution du gaz. Elle peut alors en confier la concession à la Société Lorraine d’Electricité qui avait son siège à Verdun et qui se proposait pour l’électrification de la ville. La concession fut signée en 1907. Elle prévoyait que la société concessionnaire avait la charge de la fabrication et de la distribution du gaz, qu’elle devait établir une production et un réseau de distribution d’électricité dans les trois premières années de la concession et qu’enfin, elle aurait à réaliser le pompage de l’eau potable. En 1905, Madame Bournizet décède et lègue par testament la somme de 200 000 Francs-or à la ville de Sainte-Ménehould pour réaliser l’adduction d’eau potable.
---------C’est en Octobre 1907 que mon père, Léon Collin, est arrivé à Sainte-Ménehould pour diriger l’installation de l’usine de production d’électricité et le réseau de distribution. (on a vu qu’il lui fallait aussi assumer la gestion du gaz). Une usine est construite route de Florent (à cette époque, elle ne s’appelait pas encore Avenue Bournizet) sur l’emplacement du puits artésien. Ce puits artésien a été foré entre Avril et Octobre 1907 par la société Lippmann. Beaucoup de Ménéhildiens appellent encore ce bâtiment l’usine des eaux, mais il abrite désormais l’entreprise Idenn.
---------Cette usine comportait quatre parties :
---------- Un logement pour le chef de station.
---------- Un bâtiment appelé usine élévatoire et qui abritait la pompe sur le puits de 78 m de profondeur et les deux petites pompes qui reprenaient l’eau pour la refouler dans le réservoir de « Crève Cœur ». Les trois pompes étaient entraînées par un moteur électrique de 20 CV triphasé 3000 volts avec, en secours, un moteur à gaz (en 1908, le réseau gaz était assez étendu pour alimenter ce moteur).
---------- Un bâtiment pour la production d’électricité par alternateur entraîné par une machine à vapeur. Ce bâtiment avait été prévu pour recevoir deux machines, mais une seule a été installée. En 1923 un moteur diesel récupéré de la marine a été installé pour entraîner un deuxième alternateur.
---------- Un quatrième bâtiment abritait la chaudière, il avait été prévu pour deux chaudières.

---------C’était une installation très moderne pour l’époque : les différents points du réseau étant alimentés en courant triphasé alternatif 110/220 volts par l’intermédiaire de transformateurs eux-mêmes raccordés à l’usine de production par un câble souterrain à 3000 volts. Le réseau électrique est mis en service fin 1908 et on a proposé à mon père d’assurer la direction des trois services eau, gaz, électricité. L’électricité a rapidement supplanté le gaz pour l’éclairage des immeubles et pour la force motrice, mais les rues restaient éclairées au gaz.

L’extension du réseau :
---------En 1910, la Société Lorraine de Force et d’Eclairage par l’Electricité cède la concession à la Société Energie Electrique de l’Est dont le siège est à Nancy. Cette société a déjà électrifié plusieurs communes dans la région de Nancy. Aucune des conditions du contrat n’est modifiée, la concession reste donc identique à celle de la Société Lorraine de Force et d’Eclairage par l’Electricité.
---------L’électrification de Sainte-Ménehould étant terminée, on passe tout de suite à l’électrification de la Grange aux Bois. Les travaux démarrent en 1910 et en juin 1911, la Société d’Energie Electrique de l’Est demande à mon père un devis pour l’éclairage public de la Grange-aux-Bois qui s’ajouterait au réseau basse tension encore en cours de construction. Le 6 Novembre 1913, l’ingénieur des Ponts et Chaussées chargé du contrôle vérifie la mise en service de l’électrification de la Grange-aux-Bois, donc on peut admettre que ce village a eu de la lumière à partir de Novembre 1913. A ce moment des pourparlers étaient en route avec Messieurs Degrandrut et Lallement concernant l’électrification des Islettes. Dès le mois d’Avril 1913, on étudie la ligne pour aller aux Islettes. En Avril 13, également, on prévoit que le prix du courant électrique distribué aux Islettes sera de 0,75 francs le Kilowatt/heure pour l’éclairage et 0,40 Francs le Kilowatt/heure pour la force motrice. En Juin 1913, on construit la cabine qui doit recevoir le transformateur de 20 Kilos-Volts/Ampère.
Le contrat fut signé avec la commune des Islettes, l’installation du réseau basse-tension commença, et, en Juin 1914, le piquetage de la ligne fut exécuté et on passa la commande de tout le matériel et des poteaux bois pour faire la ligne haute tension reliant la Grange aux Bois aux Islettes. Les poteaux bois furent même commandés en Forêt noire au mois de juin 1914. On se doute qu’ils ne sont donc jamais arrivés puisque la guerre éclata en août 1914.

Répondre à cet article


-Nombre de fois où cet article a été vu -
- -