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	<title>Sainte M&#233;nehould et ses Voisins d'Argonne</title>
	<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/</link>
	<description>Ce site publie les &#233;ditions r&#233;guli&#232;res d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualit&#233; de l'Argonne et de ses environs.</description>
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		<title>L'Argonne.</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Desingly</dc:creator>


		<dc:subject>Editorial</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand on parle de l'Argonne, on pense avant tout &#224; la for&#234;t. Aujourd'hui, celui qui aime la nature n'h&#233;site pas &#224; la fr&#233;quenter pour se ressourcer. On la respecte, on l'entretient. Aussi, on a peine &#224; croire qu'au bas Moyen Ege, elle &#233;tait tout autre. &lt;br class='autobr' /&gt; Aujourd'hui, elle se trouve cadastr&#233;e, les for&#234;ts appartiennent &#224; l'&#233;tat, aux communes, &#224; des priv&#233;s. Les domaniales sont pour la plupart des ex-propri&#233;t&#233;s de nobles immigr&#233;s, des abbayes. Il n'y avait que des contr&#233;es, des lieux-dits et s'avancer en for&#234;t (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;Revue N&#176;85&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Editorial&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Quand on parle de l'Argonne, on pense avant tout &#224; la for&#234;t. Aujourd'hui, celui qui aime la nature n'h&#233;site pas &#224; la fr&#233;quenter pour se ressourcer. On la respecte, on l'entretient. Aussi, on a peine &#224; croire qu'au bas Moyen Ege, elle &#233;tait tout autre.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Aujourd'hui, elle se trouve cadastr&#233;e, les for&#234;ts appartiennent &#224; l'&#233;tat, aux communes, &#224; des priv&#233;s. Les domaniales sont pour la plupart des ex-propri&#233;t&#233;s de nobles immigr&#233;s, des abbayes. Il n'y avait que des contr&#233;es, des lieux-dits et s'avancer en for&#234;t &#233;tait prendre un risque (naissance des l&#233;gendes).&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les limites se trouvaient &#234;tre un &#233;l&#233;ment naturel, un ruisseau, une rivi&#232;re, une zone d'essart, une ancienne voie. La for&#234;t &#233;tait loin d'&#234;tre une futaie, la plupart des arbres &#233;taient de m&#233;diocre qualit&#233; et elle se trouvait clairsem&#233;e car son r&#244;le premier &#233;tait d'&#234;tre nourrici&#232;re. Elle assurait la majeure partie du p&#226;turage. C'&#233;tait le lieu principal o&#249; s'alimentaient les animaux sauvages mais aussi les ch&#232;vres, les b&#234;tes &#224; cornes, les chevaux et &#233;galement et surtout les porcs.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le p&#226;turage des animaux dans la for&#234;t jouait un r&#244;le essentiel dans l'&#233;conomie rurale. &#171; Le panage &#187; (p&#226;turage des porcs) &#233;tait primordial si bien que l'on d&#233;finissait le bois non pas par sa surface mais par le nombre de porcs que l'on pouvait y nourrir, ce qui servait d'ailleurs &#224; la taxation.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;C'est dans la for&#234;t que la population trouvait sa nourriture, essentiellement fruits, l&#233;gumes sauvages, baies, champignons, petit gibier et miel car le sucre n'existait pas. Elle fournissait le combustible pour le chauffage, elle procurait les mat&#233;riaux principaux de la construction, rien n'&#233;tait inutile. Les &#233;corces &#233;taient utilis&#233;es pour le cordage, les toitures, la tannerie.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Pendant des si&#232;cles, le bois fut un mat&#233;riau indispensable pour la cl&#244;ture des champs, pour la construction des navires, des ch&#226;teaux, des maisons des villes. Durant longtemps, les charpentiers tout comme les b&#251;cherons se sont m&#233;fi&#233;s des scies. Jusqu'au 14e si&#232;cle, ils taillaient les charpentes &#224; la hache, la scie n'&#233;tant utilis&#233;e que pour les parties destin&#233;es &#224; &#234;tre cach&#233;es. Ce n'&#233;tait pas par souci d'esth&#233;tique mais pour la solidit&#233;, car on estimait que la scie, en coupant les fibres, fragilisait la solidit&#233; du bois.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;L'exploitation anarchique des for&#234;ts par le furetage (pr&#233;l&#232;vement des gros arbres) a appauvri les for&#234;ts. Ajoutez &#224; cela les grands d&#233;frichements de l'&#233;poque, la population augmentant. Il faut reconna&#238;tre n&#233;anmoins que les moines furent de bons gestionnaires. Gr&#226;ce &#224; leur savoir, ils &#233;taient en avance sur leur temps. Ils ont su pr&#233;server leur isolement tout en s&#233;lectionnant des d&#233;frichements utiles.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;A la fin du Moyen Ege, la protection l&#233;gale des for&#234;ts s'op&#232;re par la mainmise de certaines cat&#233;gories sur celles-ci. On prend conscience de l'urgence. Un peu partout on &#233;dite des mesures de protection en obligeant par exemple chaque habitant d'un terrain &#224; y planter 10 arbres, en cl&#244;turant les espaces bois&#233;s, en r&#233;servant 10 arbres porte-graines au moment des coupes et des d&#233;frichements. Il faut en convenir, l'arr&#234;t de Charles V en 1376 sur ces mesures &#233;tait futuriste et de bons sens. Charles V &#233;tait-il un pr&#233;curseur de l'&#233;cologie ou l'&#233;cologie a-t-elle rejoint Charles V sept si&#232;cles apr&#232;s ?&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Bonne lecture du n&#176; 85.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:350px;'&gt; &lt;/span&gt;Patrick Desingly, Pr&#233;sident.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Beaulieu, son abbaye et son pressoir. De la vigne au vin.</title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1248</link>
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		<dc:date>2019-12-30T19:21:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole G&#233;rardot</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;60 ans s&#233;parent ces deux photos &lt;br class='autobr' /&gt; Beaulieu-en-Argonne est un joli petit village, situ&#233; en Meuse mais &#224; seulement une vingtaine de kilom&#232;tres de Sainte-M&#233;nehould. Perch&#233; sur un promontoire, il surplombe les plaines du Barrois et de la Champagne. Il n'a que 37 habitants, mais il est particuli&#232;rement anim&#233; les dimanches. De nombreux promeneurs aiment se balader dans la rue principale. Les habitants et la commune ont su mettre en valeur leur patrimoine. En 1994, Beaulieu a re&#231;u le prix europ&#233;en des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;Revue N&#176;85&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4395 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH379/beaulieu1_n85-30a96.jpg?1773478951' width='500' height='379' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_4396 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH367/beaulieu2_n85-05ced.jpg?1773478951' width='500' height='367' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;b&gt;60 ans s&#233;parent ces deux photos&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt;&lt;i&gt;&lt;/i&gt; &lt;/span&gt;Beaulieu-en-Argonne est un joli petit village, situ&#233; en Meuse mais &#224; seulement une vingtaine de kilom&#232;tres de Sainte-M&#233;nehould. Perch&#233; sur un promontoire, il surplombe les plaines du Barrois et de la Champagne. Il n'a que 37 habitants, mais il est particuli&#232;rement anim&#233; les dimanches. De nombreux promeneurs aiment se balader dans la rue principale. Les habitants et la commune ont su mettre en valeur leur patrimoine. En 1994, Beaulieu a re&#231;u le prix europ&#233;en des villages fleuris. Depuis cette date, c'est toujours un plaisir pour les yeux que de s'y promener. Une cr&#234;perie, un restaurant permettent de passer un agr&#233;able moment et, dans la galerie d'art de Caroline Grisolet on peut admirer des &#339;uvres d'artistes : peintres, c&#233;ramistes, sculpteurs ou vitriers.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Beaulieu fut fond&#233; en 642 par un moine d'origine irlandaise, Rouin (Rodingus)..&lt;span class='spip_document_4397 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L300xH225/beaulieu3_n85-30666.jpg?1773457409' width='300' height='225' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Le village porte alors le nom de Vasloge. Avec l'aide de Paul, &#233;v&#234;que de Verdun, Rouin construit un monast&#232;re. Les moines partagent leurs journ&#233;es entre la pri&#232;re, l'&#233;tude et le travail. Au cours d'un voyage &#224; Rome, Rouin ram&#232;ne une relique de St Maurice sous la protection duquel il place l'abbaye. (Elle est encore expos&#233;e dans l'&#233;glise). Celle-ci devient rapidement florissante. Son territoire s'agrandit gr&#226;ce &#224; des donations diverses, son effectif augmente. A la fin de sa vie, Rouin d&#233;sire retrouver la solitude et se retire dans un ermitage en pleine for&#234;t.&lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Puis, pendant les trois si&#232;cles qui suivent, Valosge et son abbaye vont subir l'invasion des Normands qui remontent le cours de la Meuse, celle des Hongrois en 919 et les luttes entre diff&#233;rents seigneurs. Mais elle surv&#233;cut. En 1026, Richard, moine de l'abbaye saint Vanne de Verdun est plac&#233; &#224; la t&#234;te de Valosges. La t&#226;che est rude. Il est charg&#233; de reconstruire l'abbaye et de r&#233;tablir l'ordre de Saint Beno&#238;t. C'est &#224; ce moment que le village prend le nom de Beaulieu.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mais l'abbaye traverse bien vite de nouvelles temp&#234;tes. L'abb&#233; a des d&#233;m&#234;l&#233;s avec les comtes de Bar. Les soldats de &#171; la guerre de cent ans &#187;, n'&#233;tant pas pay&#233;s, pillent, br&#251;lent ran&#231;onnent. Le comte de Bar en profite pour se venger du couvent. En 1401, des brigands prennent l'abbaye en escaladant ses murs et la pillent. Le monast&#232;re tombe dans la plus d&#233;plorable d&#233;cadence. Suit une p&#233;riode de paix, le nouvel abb&#233; ram&#232;ne l'ordre &#224; Beaulieu. A partir de 1507, l'abb&#233; responsable d'une abbaye, n'est plus &#233;lu par les moines mais choisi par le roi. C'est le r&#233;gime de &#171; la commende &#187;. L'abb&#233; d'alors se brouille avec Fran&#231;ois Ier qui fait assi&#233;ger Beaulieu. Le village est br&#251;l&#233;, l'abbaye saccag&#233;e. Que de malheurs et ce n'est pas termin&#233;. Au cours des guerres de religion, elle est deux fois pill&#233;e et br&#251;l&#233;e par les Huguenots. Puis c'est la guerre de trente ans et de nouveaux d&#233;sastres ! A chaque fois, on reconstruit les b&#226;timents. Puis en 1790, l'assembl&#233;e constituante s'empare des biens immenses que le clerg&#233; et les communaut&#233;s religieuses ont amass&#233; et fait fructifier. Les terres et les fermes sont vendues, les bois deviennent domaines de l'&#233;tat. Les &#233;difices sont d&#233;molis. Il ne reste malheureusement que quelques vestiges : un morceau du mur de fondation de l'ancien monast&#232;re, fait de pierres et de briques, quelques b&#226;timents &#171; des communs &#187; de l'abbaye et &#224; l'&#233;glise paroissiale, les reliques de St Rouin et St Maurice, cach&#233;es chez les habitants pendant la r&#233;volution.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4398 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L230xH307/beaulieu4_n85-af206.jpg?1773457409' width='230' height='307' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;C'est la for&#234;t qui, tr&#232;s longtemps, a donn&#233; du travail aux habitants du village. Les b&#251;cherons ont fourni le bois aux verreries et aux fa&#239;enceries de la r&#233;gion jusqu'&#224; leur extinction entre 1840-1860. La mise en place de la voie ferr&#233;e Ch&#226;lons-Verdun relance l'exploitation avec la fabrication de traverses. Apr&#232;s l'ouverture de la ligne, la for&#234;t fournit &#171; des bois de mine &#187; pour la Lorraine. Ceux qui ne sont pas b&#251;cherons se font r&#233;mouleurs, fondeurs d'&#233;tain dont la vaisselle a &#233;t&#233; supplant&#233;e par la fa&#239;ence, &#233;tameurs qui remettent &#224; neuf la vaisselle de fer blanc. Ces hommes partaient sur les routes fin f&#233;vrier et ne rentraient qu'&#224; l'approche de l'hiver.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Et le pressoir qui est l'attraction du village ? Il a surv&#233;cu aux pillages, aux incendies, &#224; la destruction ! Il est toujours l&#224;, dans les communs de l'abbaye. Ce remarquable pressoir du XIII&#232;me si&#232;cle est une pi&#232;ce unique en Europe et class&#233; monument historique. Il a cess&#233; de fonctionner en 1900. Beaulieu poss&#233;dait deux pressoirs de ce type. L'un fut d&#233;truit en 1900, le second, vendu &#224; un menuisier, aurait subi le m&#234;me sort sans l'intervention de Mme Poincar&#233;. Apprenant par l'institutrice de la d&#233;molition imminente du pressoir, elle usa de son influence pour emp&#234;cher cette destruction.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Ce type de pressoir &#224; arbre et contrepoids est tr&#232;s diff&#233;rent des pressoirs &#224; vis que l'on rencontre partout. Il est d'origine romaine. Son syst&#232;me consiste &#224; soulever ou &#224; abaisser, suivant le cas, gr&#226;ce &#224; la man&#339;uvre d'une vis, un contrepoids suspendu &#224; un arbre. L'arbre sup&#233;rieur du pressoir est d'une seule pi&#232;ce : il mesure onze m&#232;tres pour un diam&#232;tre de trente-cinq centim&#232;tres. La masse totale qui pesait sur le raisin &#233;tait de plusieurs tonnes. L'ensemble du pressoir qui p&#232;se plus de trente tonnes est enti&#232;rement en ch&#234;ne (&#224; l'exception de la vis). Il est enti&#232;rement chevill&#233; et taill&#233; avec une hache en silex.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Lorsque le raisin &#233;tait bon &#224; vendanger, on travaillait jour et nuit &#224; Beaulieu. Sur l'aire du pressoir, utilis&#233; uniquement pour le raisin, on d&#233;posait une couche de paille de seigle puis du raisin sur 15 &#224; 20 centim&#232;tres de haut, un nouveau lit de paille du raisin et ainsi de suite. Un plateau de bois &#233;tait dispos&#233; sur la derni&#232;re couche de paille recouvrant environ trois tonnes de raisin. Il fallait alors quatre hommes pour faire fonctionner le pressoir. Les cuveaux recueillaient les 1600 litres de jus qui jaillissaient. Et ainsi durant les quelques semaines que duraient les vendanges.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Il y avait donc beaucoup de vignes &#224; Beaulieu et dans sa r&#233;gion ! Nous ne savons pas quand elle est arriv&#233;e dans nos contr&#233;es, probablement d&#233;j&#224; au temps des Romains mais, il est certain que les moines ont beaucoup propag&#233; cette culture. Le vin leur &#233;tait n&#233;cessaire pour la messe. Mais certaines vignes appartenaient &#224; des la&#239;cs. Le comte Thibaudt de Champagne fit d&#233;fricher, pr&#232;s de Sainte-M&#233;nehould, un c&#244;teau en amphith&#233;&#226;tre au-del&#224; des marais et planter de la vigne. Pour que les habitants puissent l'imiter, il donna &#224; quelques-uns d'autres petits coteaux &#224; essarter, sous la seule condition de les couvrir de vignes. Il agit de m&#234;me &#224; la Neuville-au-Pont et &#224; Passavant. De son c&#244;t&#233; le prieur de Chaudefontaine, voyant les vignes fructifier, imita le comte envers les vassaux de son prieur&#233;, et en peu d'ann&#233;es, ces villages devinrent des vignobles assez consid&#233;rables. A la r&#233;volution, l'Argonne marnaise cultivait pr&#232;s de 400 hectares de vigne. Une statistique de 1801 indiquait pour l'arrondissement 727 arpents de vigne. &lt;span class='spip_document_4400 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L280xH169/beaulieu5_n85-2e419.jpg?1773457409' width='280' height='169' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;En 1813, une autre donne 266 hectares r&#233;partis sur quatre communes : La Neuville-au-Pont, Passavant, Chaudefontaine, Ste- M&#233;nehould. On avait oubli&#233; Moiremont. Ce vignoble n'avait gu&#232;re d'avenir, m&#234;me s'il occupait encore une main d'&#339;uvre importante, surtout f&#233;minine, comme &#224; la Neuville-au-Pont. La pratique des cultures d&#233;rob&#233;es &#233;tait quasi constante : on plantait des pommes de terre, des f&#232;ves, des choux d'autres l&#233;gumes entre les ceps. Les vins de Chaudefontaine avaient eu une certaine r&#233;putation, mais vers 1815, pour avoir des rendements plus &#233;lev&#233;s, les vignerons s'&#233;taient mis &#224; planter des ceps plus rustiques, dits &#171; blancs secs &#187;, qui produisaient un vin rouge et &#226;pre. Les rendements en 1837, variaient de 51 hl &#224; l'hectare &#224; Passavant, &#224; 20 hl, &#224; Chaudefontaine. Le vin se consommait sur place ; moins d'un dixi&#232;me de la production s'exp&#233;diait encore en 1836, dans la r&#233;gion de Suippes. Quand le p&#232;lerinage de C&#244;tes-&#224;-Vignes prit de l'ampleur vers 1865, la colline sacr&#233;e &#233;tait encore autre chose qu'un lieu-dit. Et, en 1870, &#224; Passavant, un certain nombre de mobiles trouv&#232;rent leur salut en se jetant dans les vignes, o&#249; les Uhlans bavarois renonc&#232;rent &#224; les poursuivre. C'est le phyllox&#233;ra qui, apr&#232;s 1890, aura raison des vignes de l'Argonne. &lt;i&gt;(D&#233;couverte de l'Argonne II, Centre d'&#233;tudes argonnais)&lt;/i&gt; Dans ce livre on peut lire encore : l'Argonne, &#224; d&#233;faut d'autres choses, produit beaucoup d'eau-de-vie. L&#224; o&#249; l'on cultive de la vigne, on fait des marcs : 16 hectolitres &#224; Chaudefontaine, 24 &#224; la Neuville-au-Pont, 46 &#224; Passavant, 75 &#224; Ste-M&#233;nehould ! Et on n'&#233;value pas les quantit&#233;s tir&#233;es des autres fruits ! Mais tout se consomme sur place, il ne s'en exporte pas ! On le sait, on aimait &#171; la goutte &#187; en Argonne ! Dans son livret &#171; sur les traces des moines &#187; Alcide Leriche &#233;crit : en 1929, &#171; Georges Chenet dans son &#187;guide illustr&#233;&#171; signalait encore : &#187;Les vignobles de Passavant et de Beaulieu produisent tout de m&#234;me encore, bon an mal an, quelques pi&#232;ces d'un petit Clairet qui jouit d'une excellente r&#233;putation&#034;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mme Morgas de Villers m'a dit se souvenir d'avoir vu au village des vignes qui &#233;taient encore exploit&#233;es. Mon grand-p&#232;re avait plant&#233; des vignes pas loin de sa maison. Il a fait du vin pendant quelques ann&#233;es. Je ne saurais dire s'il &#233;tait appr&#233;ci&#233;. Pour ma part, j'&#233;tais trop petite pour le go&#251;ter. Mes souvenirs sont assez vagues mais je crois que l'exp&#233;rience n'a pas dur&#233; tr&#232;s longtemps.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Un fid&#232;le lecteur de notre revue m'a transmis ce document. Voil&#224; ce que le chanoine Gillant (?) d&#233;c&#233;d&#233; peu avant la guerre 14-18, un des pr&#234;tres les plus &#233;rudits de la Meuse, &#233;voquait dans ses souvenirs :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;C'est &#224; peine si deux ou trois villages n'avaient pas leur clos de vignes au flanc des c&#244;tes. Je cite, au hasard : Dombasles qui faisait boire son vin aux voyageurs de la grande route Ch&#226;lons-Verdun ; R&#233;cicourt qui pr&#233;f&#233;ra longtemps le vin de la c&#244;te aux crus du midi ; Parois dont le vin s'exportait ; Aubr&#233;ville et les anciennes vignes de Pimodan ; Clermont qui eut tant de peine &#224; laisser perdre les vignes au flan m&#233;ridional de la c&#244;te Sainte-Anne (il y en avait encore en 1914).&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Auz&#233;ville, Rar&#233;court, Lavoye, Nub&#233;court, montrent encore sur la rive droite de la rivi&#232;re d'Aire, leurs terrains d'ancien vignoble, au flanc de la c&#244;te.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Vignes le long de la Cousance ; Vignes rejoignant par Waly et Brizeaux la c&#233;l&#232;bre c&#244;te de Beaulieu, et donnant la main au vignoble du Barrois et de la Marne.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;M&#234;me le long de la Biesme, dans cette vall&#233;e o&#249; monte souvent un dangereux brouillard, on cultivait la vigne au couvent de La Chalade et chez les successeurs des moines de Saint Bernard. Le Neufour emplissait ses bouteilles du jus de ses coteaux. Enfin, le voyageur, qui passait de Lorraine en France au pont des Islettes traversait la Vignette au nom significatif.&lt;/i&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4399 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L320xH240/beaulieu6_n85-c7ae3.jpg?1773457409' width='320' height='240' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;A Villers, une dame se souvient avoir vu des vignes qui &#233;taient encore exploit&#233;es.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;A Verri&#232;res, mon grand-p&#232;re avait plant&#233; des vignes pas loin de sa maison. Il a r&#233;colt&#233; son raisin pendant quelques ann&#233;es et fait du vin. Je ne sais pas s'il &#233;tait appr&#233;ci&#233;. J'&#233;tais trop jeune pour le go&#251;ter. Mais je crois me souvenir que l'exp&#233;rience n'a pas dur&#233; longtemps. On m'a aussi racont&#233; que, dans les ann&#233;es 1970, on buvait encore du vin de pays &#224; Beaulieu. Il n'&#233;tait pas tr&#232;s appr&#233;ci&#233;. On a m&#234;me employ&#233; les mots de &#171; piquette &#187; et de &#171; vinaigre &#187;.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Et maintenant ?&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Marcel Notat, alors adjoint &#224; la commune de Sainte-M&#233;nehould, a eu l'heureuse id&#233;e en 2010 de planter 250 ceps de vigne de chardonneret et de pinot noir sur le flanc sud de la butte du ch&#226;teau. Il &#233;tait tout de m&#234;me normal que dans le pays de naissance de Don P&#233;rignon, il y ait de la vigne ! L'&#233;t&#233; ensoleill&#233; de 2018 a donn&#233; une excellente r&#233;colte. Une dizaine de personnes ont particip&#233; &#224; ces vendanges et ont go&#251;t&#233; le vin mousseux provenant des vendanges pr&#233;c&#233;dentes. Boirons-nous un jour le petit clairet de Passavant ou de Beaulieu ?&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:450px;'&gt; &lt;/span&gt;Nicole G&#233;rardot&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'architecture &#224; Sainte-M&#233;nehould et dans les villages voisins. </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Louis Le Hingrat</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Introduction &lt;br class='autobr' /&gt; L'architecture en Argonne, c'est la rencontre et l'influence de plusieurs styles d'architecture. Comment comprendre cette diversit&#233; de styles ? &lt;br class='autobr' /&gt; Aujourd'hui, nous ne pouvons pas consid&#233;rer l'architecture argonnaise comme une entit&#233; architecturale typique. La maison argonnaise &#233;tait construite en bois, dont peu ont r&#233;sist&#233; au temps ou aux guerres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois sources de l'architecture en Argonne &lt;br class='autobr' /&gt; L'Argonne est entour&#233;e par trois r&#233;gions naturelles, les Ardennes, la Champagne, la Lorraine, (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;Revue N&#176;85&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;u&gt;&lt;b&gt;Introduction&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;L'architecture en Argonne, c'est la rencontre et l'influence de plusieurs styles d'architecture. Comment comprendre cette diversit&#233; de styles ?&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Aujourd'hui, nous ne pouvons pas consid&#233;rer l'architecture argonnaise comme une entit&#233; architecturale typique. La maison argonnaise &#233;tait construite en bois, dont peu ont r&#233;sist&#233; au temps ou aux guerres.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;u&gt;&lt;b&gt;Les trois sources de l'architecture en Argonne&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;L'Argonne est entour&#233;e par trois r&#233;gions naturelles, les Ardennes, la Champagne, la Lorraine, plus pr&#233;cis&#233;ment les C&#244;tes et le Val de Meuse, correspondant &#224; des formations g&#233;ologiques distinctes :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Le calcaire jaune appel&#233;e &#171; pierre de Dom &#187; ou &#171; du soleil &#187;, dans le sud ardennais, une pierre riche en oxyde de fer qui lui vaut cette belle couleur.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Le calcaire de Meuse.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;La craie de Champagne.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt;&lt;/span&gt;L'argile au sud de l'Argonne.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;	Et au milieu se dresse ce formidable massif de gaize. Cette roche rare n'affleure que dans quelques r&#233;gions du monde.&lt;br&gt;
Ainsi, l'Argonne pr&#233;sente plusieurs types d'architecture que nous pouvons sch&#233;matiser ainsi :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Au nord (Argonne ardennaise), un b&#226;ti en &#171; pierre jaune &#187;.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Au milieu, correspondant &#224; la ligne de front de la Premi&#232;re Guerre mondiale, des villages reconstruits en briques, en pierres meuli&#232;res.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Au sud et &#224; l'ouest (Argonne champenoise), un panachage, avec des b&#226;tis construits en moellons de gaize altern&#233;s avec des rangs de briques, influence de la Champagne avec son appareillage champenois et des maisons &#224; pans de bois, recouvertes parfois encore d'un bardage.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Sur la bordure est (Argonne meusienne), l'influence de la Lorraine.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;C'est aussi l'influence de style comme l'Art D&#233;co.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;u&gt;&lt;b&gt;L'architecture en gaize et briques &#224; Sainte-M&#233;nehould et aux alentours&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4410 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L230xH172/architecture2_n85-2-c8e97.jpg?1773478951' width='230' height='172' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;L'appareil champenois est une m&#233;thode de ma&#231;onnerie alternant la brique et la pierre. En Champagne, la brique s'alterne avec des moellons de craie. En Argonne champenoise, c'est avec des moellons de gaize. Ce type d'appareillage donne aux fa&#231;ades un aspect particuli&#232;rement esth&#233;tique et harmonieux.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Suite &#224; l'incendie de Sainte-M&#233;nehould en 1719, l'ing&#233;nieur Philippe de la force va se voir confier la reconstruction de la ville. Depuis, Sainte-M&#233;nehould a conserv&#233; cet harmonieux ensemble architectural r&#233;alis&#233; en gaize et briques avec son embl&#233;matique H&#244;tel de ville.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Nous trouvons un bel ensemble de cette architecture place d'Austerlitz, place du G&#233;n&#233;ral Leclerc, rue Chanzy et l'&#233;glise du Ch&#226;teau construite au d&#233;but du XIIIe si&#232;cle. Elle est remani&#233;e plusieurs fois entre le XVe et le XVIIIe si&#232;cle. Rue Robinet, se trouve un immeuble o&#249; les ma&#231;ons ont marqu&#233; leur cr&#233;ativit&#233;, leurs talents, leur savoir-faire en cr&#233;ant un motif g&#233;om&#233;trique en forme de chevrons.&lt;span class='spip_document_4404 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L220xH167/architecture3_n85-54dc2.jpg?1773478951' width='220' height='167' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les propri&#233;t&#233;s de la gaize, comme la craie, n&#233;cessitent de prendre des pr&#233;cautions face aux intemp&#233;ries, principalement de l'humidit&#233;. La brique va donc apporter le renfort et la solidit&#233; &#224; l'ensemble de la fa&#231;ade. Le soubassement soutenant l'appareillage champenois est souvent r&#233;alis&#233; en pierre calcaire afin de prot&#233;ger le mur des remont&#233;es capillaires.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4406 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L220xH344/architecture4_n85-79c28.jpg?1773478951' width='220' height='344' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Toute la difficult&#233; quand on utilise la gaize en ma&#231;onnerie est de trouver et de choisir les bonnes veines pour l'extraction. Pour exemple, l'H&#244;tel de ville de Sainte-M&#233;nehould traverse les &#226;ges avec une fa&#231;ade expos&#233;e. Pour d'autres constructions, les fa&#231;ades ne r&#233;sistent pas au temps.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4411 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L375xH245/architecture5_n85-58c39.jpg?1773478951' width='375' height='245' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Nous pouvons aussi appr&#233;cier, par exemple, &#224; Florent-en-Argonne, &#224; Chaudefontaine, &#224; Sainte-M&#233;nehould l'&#233;glise du Ch&#226;teau, des &#233;glises construites en gaize et en briques.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;u&gt;&lt;b&gt;La toiture&lt;/b&gt;&lt;/u&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Sur les b&#226;timents administratifs et les alignements d'immeubles r&#233;alis&#233;s en appareil champenois, la toiture adopt&#233;e est &#171; &#224; la Mansart &#187;. Une toiture r&#233;alis&#233;e en 2 plans, une partie presque verticale, d&#233;nomm&#233;e &#171; brisis &#187; et une partie en faible pente d&#233;nomm&#233;e &#171; terrasson &#187;. G&#233;n&#233;ralement l'ensemble est recouvert d'ardoises. A Sainte-M&#233;nehould, la couverture est parfois mixte avec le brisis r&#233;alis&#233; en ardoises et le terrasson en tuiles &#171; canal &#187;. Cette toiture permet l'am&#233;nagement des combles. Le brisis est perc&#233; de lucarnes, parfois ouvrag&#233;es.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Documentation :&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;	Horizons d'Argonne n&#176;59 &#171; Sainte-M&#233;nehould apr&#232;s l'incendie de 1719 &#187;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Le guide de l'Argonne, Ed La Manufacture : &#171; L'architecture argonnaise &#187;.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Focus patchwork architectural, Ch&#226;lons-en-Champagne, ville et pays d'art et d'histoire.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;	Le toit, buildingfrance.com&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;	&lt;a href=&#034;https://chalons.catholique.fr/eglises/sainte-menehould-eglise-notre-dame-du-chateau/&#034; target=&#034;_blank&#034;&gt;&#171; https://chalons.catholique.fr/eglises/sainte-menehould-eglise-notre-dame-du-chateau/ &#187; &lt;/a&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:500px;'&gt; &lt;/span&gt;Jean-Louis Le Hingrat&lt;br&gt; &lt;span class='spip_document_4412 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH337/architecture6_n85-7607d.jpg?1773478951' width='500' height='337' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Pi&#233;t&#224;.</title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1250</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1250</guid>
		<dc:date>2019-12-28T19:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>John Jussy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Elle est jolie, elle est cass&#233;e, et on ne sait d'o&#249; elle vient ; la pi&#233;ta de l'&#233;glise du Ch&#226;teau laisse perplexe tout en faisant l'admiration. &lt;br class='autobr' /&gt; Une Piet&#224;, c'est la Vierge de la piti&#233;, un th&#232;me artistique de l'iconographie chr&#233;tienne ; il n'y a que deux personnages : la Vierge &#233;plor&#233;e et le Christ, la Vierge tenant son fils dans les bras &#224; la descente de la croix avant la mise au tombeau. &lt;br class='autobr' /&gt; La Piet&#224; peut &#234;tre une statue ou un tableau. Des tableaux dus &#224; Titien, Van Gogh ou encore Eug&#232;ne Delacroix. Parmi les (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;Revue N&#176;85&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Elle est jolie, elle est cass&#233;e, et on ne sait d'o&#249; elle vient ; la pi&#233;ta de l'&#233;glise du Ch&#226;teau laisse perplexe tout en faisant l'admiration.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_4413 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L250xH187/pieta1_n85-769d1.jpg?1773460786' width='250' height='187' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Une Piet&#224;, c'est la Vierge de la piti&#233;, un th&#232;me artistique de l'iconographie chr&#233;tienne ; il n'y a que deux personnages : la Vierge &#233;plor&#233;e et le Christ, la Vierge tenant son fils dans les bras &#224; la descente de la croix avant la mise au tombeau.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La Piet&#224; peut &#234;tre une statue ou un tableau. Des tableaux dus &#224; Titien, Van Gogh ou encore Eug&#232;ne Delacroix. Parmi les statues les plus c&#233;l&#232;bres, on notera la Piet&#224; de Michel-Ange que l'on admire &#224; l'&#233;glise saint Pierre du Vatican. Une statue en marbre qui date du XVe si&#232;cle.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4414 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L270xH360/pieta2_n85-d1de9.jpg?1773460786' width='270' height='360' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La piet&#224; de notre &#233;glise n'est pas en marbre mais vraisemblablement en terre cuite, avec une couleur blanche qui peut faire illusion. Malheureusement toute la partie arri&#232;re est cass&#233;e et la statue ne peut &#234;tre d&#233;plac&#233;e. De plus elle est creuse et donc bien fragile. Qui est son auteur ? A l'arri&#232;re de la statue, le socle, qui a disparu, portait peut-&#234;tre le nom de l'artiste. Comment a-t-il fait pour cr&#233;er cette &#339;uvre ? Avec quel moule ? La Piet&#224; est-elle unique ? Trop de questions sans r&#233;ponses.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Et ce sculpteur nous a r&#233;serv&#233; deux surprises. D&#233;j&#224;, alors que sur toutes les c&#233;l&#232;bres statues repr&#233;sentent le Christ sur les genoux de la Vierge Marie, l&#224; le Christ est sur le sol, un bras en arri&#232;re, et Marie le retient par la main.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mais ce qui est surprenant, c'est notre aper&#231;u du visage de la Vierge ; de loin, on ne voit pas le visage de Marie pench&#233;e sur le Christ et on l'imagine sereine, presque r&#233;sign&#233;e. Mais si l'on se penche, on voit avec &#233;tonnement un visage triste, les traits tir&#233;s, les yeux pr&#234;ts &#224; verser des larmes.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La Piet&#224; du ch&#226;teau est cependant semblable &#224; toutes les pi&#233;ta quant &#224; la disposition des personnages ; le Christ est toujours &#224; gauche, le corps tourn&#233; vers la droite. Seule une Piet&#224; moderne a invers&#233; les personnages.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4415 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L280xH221/pieta3_n85-e2c87.jpg?1773460786' width='280' height='221' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;O&#249; &#233;tait cette statue dans l'&#233;glise ? Les Anciens racontent que la Piet&#224; se trouvait dans une chapelle pr&#232;s des fonds baptismaux. Dans les ann&#233;es 2000, quand l'exposition chrysanth&#232;mes a commenc&#233;, elle &#233;tait adoss&#233;e au mur (par prudence) pr&#232;s du portail nord. L'&#233;quipe de b&#233;n&#233;voles l'a alors plac&#233;e sur un socle de bois dans le transept sud, devant une grande tenture bleue qui met en valeur les personnages devant les murs si blancs de l'&#233;glise.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les visiteurs de l'exposition chrysanth&#232;mes admiraient la Piet&#224;, les visages si expressifs, les d&#233;tails comme les mains ou le voile de Marie ; et ceux qui se penchaient pour voir le visage de la Vierge n'en revenaient pas Aujourd'hui les fleurs ont disparu, les lumi&#232;res se sont &#233;teintes mais on peut encore admirer cette &#339;uvre dans l'&#233;glise. Livrera-t-elle un jour ses secrets ?&lt;br&gt;
&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:550px;'&gt; &lt;/span&gt;John Jussy&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4416 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/pieta4_n85-8565c.jpg?1773460786' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:35px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;b&gt;La Piet&#224; de&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:32px;'&gt; &lt;/span&gt;Michel-Ange&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/la-pieta_a1250.pdf" length="265012" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La carte de l'Argonne en 1885.</title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1251</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1251</guid>
		<dc:date>2019-12-27T19:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>
&lt;p&gt;Trouv&#233;e dans une brocante, cette carte de l'Argonne datant de 1885 est la propri&#233;t&#233; de Josiane Lejeune. La M&#233;n&#233;hildienne a eu l'heureuse id&#233;e de nous montrer ce document exceptionnel. &lt;br class='autobr' /&gt; La carte au 1/000 000&#232;est le feuillet XXII-12 de la carte de France dress&#233;e par ordre du ministre de l'int&#233;rieur ; mais &#233;tonnamment la feuille &#171; Sainte-M&#233;nehould &#187; s'&#233;tend de Dommartin-la-Planchette &#224; l'ouest jusqu'&#224; Thierville &#224; l'est et de Binarville au nord jusqu'&#224; Ante et Brizeaux au sud. &lt;br class='autobr' /&gt; En dessous du nom de chaque (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;Revue N&#176;85&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_4417 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH326/carte_argonne1_n85-8a1cf.jpg?1773478951' width='500' height='326' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Trouv&#233;e dans une brocante, cette carte de l'Argonne datant de 1885 est la propri&#233;t&#233; de Josiane Lejeune. La M&#233;n&#233;hildienne a eu l'heureuse id&#233;e de nous montrer ce document exceptionnel.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La carte au 1/000 000&#232;est le feuillet XXII-12 de la carte de France dress&#233;e par ordre du ministre de l'int&#233;rieur ; mais &#233;tonnamment la feuille &#171; Sainte-M&#233;nehould &#187; s'&#233;tend de Dommartin-la-Planchette &#224; l'ouest jusqu'&#224; Thierville &#224; l'est et de Binarville au nord jusqu'&#224; Ante et Brizeaux au sud.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4418 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L250xH401/carte_argonne2_n85-c0fcb.jpg?1773460998' width='250' height='401' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;En dessous du nom de chaque commune, un chiffre &#233;crit en rouge donne le nombre des habitants. Instructif et parfois &#233;tonnant.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les voies ferr&#233;es sont bien indiqu&#233;es, tout comme les moulins et les industries disparues : briqueteries, tuileries.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Ne pouvant pr&#233;senter la carte dans son ensemble, nous pr&#233;sentons la partie &#171; Sainte-M&#233;nehould &#187;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;b&gt;La carte &#171; Sainte-M&#233;nehould &#187;&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les voies ferr&#233;es : la ligne nord-sud est &#224; double voie. Les seniors ont connu cette ligne &#224; une voie, la seconde ayant &#233;t&#233; d&#233;mont&#233;e dans les ann&#233;es 40.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les moulins : &#224; Verri&#232;res : moulin du haut et moulin du bas. A Sainte-M&#233;nehould, moulin de Gergeaux.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les usines : la Gr&#233;verie (route de Ch&#226;lons) sabli&#232;re ; le Bois d'Epense, tuilerie ; le Souniat : briqueterie.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les habitants : Sainte-M&#233;nehould : 4644 (plus qu'aujourd'hui) ; Verri&#232;res : 742 ; Chaudefontaine : 418.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Ch&#226;teaux : Braux-Sainte-Cohi&#232;re et le Bois d'Epense.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/la-carte-de-l-argonne-en-1885_a1251.pdf" length="80970" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une, deux, trois, quatre petites histoires en patois.</title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1252</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1252</guid>
		<dc:date>2019-12-26T19:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole G&#233;rardot</dc:creator>


		<dc:subject>Patois</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une bonne femme &#224; sa &#171; vis-&#224;-vis &#187; : &lt;br class='autobr' /&gt; - Coume j'avous des mals d'estoma et la rhume et peu&#239;e la gourge enrouillie, j'a &#233;t&#233; vo&#232;r l'm&#233;d'cin pou savo&#232;si j'avous une bronchique ou une gastrique, ou enco la liab&#232;te. &lt;br class='autobr' /&gt; - I m'i dit qu'c'&#233;tait in rhomatisse et i m'i avoyi&#233; ciz l'phormacien avo in bout d'paupi (papier). L'phormacien y m'i dit qu'i follait m'mette in vecisificato&#232;re et les eventouses, et penre des pinules qu'il &#233; mins dans une bo&#234;te. &lt;br class='autobr' /&gt; - J'ao prins consciencieusement tortout &#231;a ; et peu&#239;e, &#231;a m'i fait une (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot68" rel="tag"&gt;Patois&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Une bonne femme &#224; sa &#171; vis-&#224;-vis &#187; :&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Coume j'avous des mals d'estoma et la rhume et peu&#239;e la gourge enrouillie, j'a &#233;t&#233; vo&#232;r l'm&#233;d'cin pou savo&#232;si j'avous une bronchique ou une gastrique, ou enco la liab&#232;te.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;I m'i dit qu'c'&#233;tait in rhomatisse et i m'i avoyi&#233; ciz l'phormacien avo in bout d'paupi (papier). L'phormacien y m'i dit qu'i follait m'mette in vecisificato&#232;re et les eventouses, et penre des pinules qu'il &#233; mins dans une bo&#234;te.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;J'ao prins consciencieusement tortout &#231;a ; et peu&#239;e, &#231;a m'i fait une r&#233;solution das l'vanne !&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;O Dieu&#235; ! ma boune ! Afin Ea va mieux ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;- - - - - - - - - - - -&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Entre deux bonnes femmes :&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt; qu'&#231;a va ?&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Ea va assez bi&#233; et vous ?&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Oh ! mi, &#231;a n'vam' ; j'crayous mori l'aut' nuti. Ju m'avons luv&#235;e et j'a &#233;t&#233; trouv&#233;e mon houme ; j'li a&#244; dit : luf'tu, j'vas mori Il &#233;tait bi&#233; d&#233;trait (en d&#233;tresse) : &#171; J'n'avons saumat in p&#226;o d'goutte &#224; la maison &#187; qui m'i dit. Enfin, la respiration est r'v'nue et puie, &#231;a i &#233;t&#233; meu&#239;e.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Vu d'vez toujou in b&#233; cierche &#224; Saint Nicolas !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;- - - - - - - - - - - -&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Entre deux bonnes femmes :&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Et vout' mari, ma pouv'femme, va-i in pro ?&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Oh ! n, m'a parl&#232;m, i geind toujous. Tous les jours im'dit : &#171; J'va mouri, j'va mouri &#187; Mais que j'li dit : &#171; N'aim paou (peur), ju n'tu saler&#232;me, j'tentirro tout suite ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;- - - - - - - - - - - -&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;i&gt;La femme du Fran&#231;ou&#232;s rapportait &#224; la maison, dans sa bannette (tablier) le prix d'une port&#233;e de petits cochons vendus &#224; Sainte-M&#233;nehould, &#224; la fo&#232;re ! Montrant le tr&#233;sor &#224; son mari qui n'a plus que quelques heures &#224; vivre :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;-&lt;span style='margin-left:20px;'&gt; &lt;/span&gt;Eh, bin, t'naie (tenez), v'la pouv'd&#233;bita&#239;e !&lt;br&gt; En fran&#231;ais : vous pouvez mourir tranquille, j'ai de quoi payer votre enterrement et faire l'obit.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:550px;'&gt; &lt;/span&gt;Nicole G&#233;rardot
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/une-deux-trois-quatre-petites-histoires-en-patois_a1252.pdf" length="8110" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un poilu en Argonne.</title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1253</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1253</guid>
		<dc:date>2019-12-25T19:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Monique Parmentier-Speck, Pierre Mortier</dc:creator>


		<dc:subject>1914-1918</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Monique Parmentier a d&#233;nich&#233; le r&#233;cit d'un poilu dont les al&#233;as de la guerre l'emm&#232;nent en Argonne. L'auteur, Pierre Mortier a connu la retraite d'ao&#251;t 1914, avec les arm&#233;es qui reculent devant l'ennemi, avec les civils qui partent sans savoir o&#249; &lt;br class='autobr' /&gt; Ce qui est surprenant, c'est l'&#233;vocation de la vie dans les villes non encore occup&#233;es ; quand le poilu raconte cette guerre, on, l'&#233;coute &#171; avec la curiosit&#233; &#233;tonn&#233;e des enfants auxquels on raconte une histoire &#187;. Etonnant, mais navrant aussi. &lt;br class='autobr' /&gt; &#034;Le lendemain, nous (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Monique Parmentier a d&#233;nich&#233; le r&#233;cit d'un poilu dont les al&#233;as de la guerre l'emm&#232;nent en Argonne. L'auteur, Pierre Mortier a connu la retraite d'ao&#251;t 1914, avec les arm&#233;es qui reculent devant l'ennemi, avec les civils qui partent sans savoir o&#249;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Ce qui est surprenant, c'est l'&#233;vocation de la vie dans les villes non encore occup&#233;es ; quand le poilu raconte cette guerre, on, l'&#233;coute &#171; avec la curiosit&#233; &#233;tonn&#233;e des enfants auxquels on raconte une histoire &#187;. Etonnant, mais navrant aussi.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#034;Le lendemain, nous partons pour la Meuse et quittons la Champagne. Nous ne devions pas tarder, h&#233;las ! &#224; la revoir.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La Croix-sur-Meuse, Verdun, Consenvoye, Etain, Stenay, Mouzon, avance des Allemands, bapt&#234;me du feu, attitude, premiers aspects, premiers visages, premi&#232;res sensations de guerre. Et c'est maintenant, et c'est d&#233;j&#224; la retraite. Encore Verdun, et de nouveau la Champagne, cette Champagne si vaste et si diverse, et qui fut avant la r&#233;volution une des plus grandes provinces de France, s'&#233;tendant sur plus de trente mille kilom&#232;tres carr&#233;s de superficie et allant de Troyes &#224; Sedan, de Coulommiers &#224; Langres, et de Reims &#224; Chablis.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Quel est celui d'entre nous qui, l'ayant v&#233;cue, ne pourra jamais oublier la retraite du mois d'ao&#251;t 1914, le repli des arm&#233;es devant l'avance ennemie, civils et militaires emm&#234;l&#233;s. Spectacle tour &#224; tour tragique et bouffon. Varennes o&#249; tant de troupes &#233;taient d&#233;j&#224; pass&#233;es qu'on n'y trouvait plus rien &#224; manger. Pour assurer le d&#233;jeuner de sa popote, un lieutenant dut, courant &#224; travers la ville, et son grand sabre lui battant les jambes, faire, avec un revolver d'ordonnance, la chasse aux poules. Les pauvres gens qui abandonnaient leur foyer emportaient avec eux tout ce qu'ils pouvaient prendre ;&lt;span class='spip_document_4419 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L350xH184/poilu1_n85-8aece.jpg?1773460846' width='350' height='184' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; les v&#233;hicules &#233;taient transform&#233;s en voitures de d&#233;m&#233;nagement. Je reverrai longtemps une jeune femme rousse au visage farouche, et qui, malgr&#233; un &#233;tat de grossesse avanc&#233;, tra&#238;nait une voiture &#224; bras sur laquelle &#233;taient juch&#233;s deux enfants, une ch&#232;vre, un tonneau et une machine &#224; coudre. Je n'oublierai pas, dans sa fourrag&#232;re, une vieille dame assise comme sur un tr&#244;ne, dans un grand fauteuil de tapisserie. Elle avait une figure noble et s&#233;v&#232;re et qui ne cessait de se refl&#233;ter dans la glace d'une armoire attach&#233;e par des cordes aux barreaux de la voiture. Les animaux domestiques &#233;taient m&#234;l&#233;s au cort&#232;ge. Parfois, de jeunes et jolies Meusiennes venaient s'appuyer &#224; notre bras et partageaient notre repas. Tout ce monde s'en allait, s'en allait plus loin, toujours plus loin, sans but, sans savoir o&#249; pas plus que nous ne savions nous-m&#234;mes o&#249; l'on nous ramenait. Et malgr&#233; le tragique de tout cela, nous n'&#233;tions pas tristes, nous n'&#233;tions pas d&#233;courag&#233;s, nous n'&#233;tions m&#234;me pas fatigu&#233;s. Miracle de la jeunesse et de la nouveaut&#233;.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Reims, qui ne donne pas ce soir-l&#224; l'impression de la guerre et ne semble pas non plus en avoir l'impression. On dirait une fin de grandes man&#339;uvres, une veille de grand-prix. Les &#233;vacu&#233;s ne sont pas encore arriv&#233;s, et quand nous &#233;voquons les horreurs et les dangers de Mouzon ou d'Etain, quand nous parlons de nos bless&#233;s, de nos morts, des attaques allemandes, on nous &#233;coute avec la curiosit&#233; &#233;tonn&#233;e des enfants auxquels on raconte une histoire. Dans le salon de l'h&#244;tel, entour&#233; d'un essaim de jolies femmes, un jeune lieutenant vient de se mettre au piano, il joue une valse de Chopin, la neuvi&#232;me, si tendre et si voluptueuse et qui fait penser &#224; la conversation murmur&#233;e de deux amoureux. Soudain, un officier d'&#233;tat-major entre boulevers&#233; et annonce qu'un dirigeable fran&#231;ais, qui volait au-dessus de la ville et qu'on avait pris pour un appareil allemand, vient d'&#234;tre abattu par nos canons.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Ce fut ce soir-l&#224;, un des derniers du mois d'ao&#251;t, que Reims, Reims l'h&#233;ro&#239;que et la martyre, eut peut-&#234;tre la r&#233;v&#233;lation de la guerre. Le lendemain, h&#233;las, l'h&#244;tel &#233;tait ferm&#233;, la ville bombard&#233;e et menac&#233;e, les aviateurs prenaient leur vol, les infirmi&#232;res &#233;coutaient une autre musique que celle de Chopin, et Forain allait faire des mots un peu plus loin&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Pierre Mortier va ensuite raconter son passage en Champagne, &#224; Hans avec les coloniaux, &#224; Auve, &#224; Somme-Tourbe. Avec ce mot qui nous attriste :&lt;/i&gt; &#171; Champagne, tu n'&#233;voques plus d&#233;sormais pour les hommes de mon &#226;ge que la boue &#187;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4420 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L230xH211/poilu2_n85-dc7ec.jpg?1773460846' width='230' height='211' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Autres aspects, autres souvenirs de la Champagne Hans, le corps colonial, nos cordiales discussions religieuses et politiques avec l'aum&#244;nier, l'abb&#233; Martin, recteur de Stanislas. Jonchery, Q.G. du g&#233;n&#233;ral Franchey d'Esperey et qui r&#233;unissait tant de parisiens c&#233;l&#232;bres, auteurs dramatiques, romanciers, compositeurs, parlementaires et cercleux La route de Sainte-M&#233;nehould, la route nationale 3, dont tous les villages &#233;taient d&#233;vast&#233;s, et o&#249; ne subsistait debout que l'&#233;glise de L&#233;pine (sic), et tous nos cantonnements de Tilloy, d'Auve, de Suippes, Somme-Suippe, Somme-Bionne, Somme-Tourbe et Ch&#226;lons qui, lorsque nous revenions &#224; l'arri&#232;re, nous apparaissait comme un paradis ; Ch&#226;lons et l'h&#244;tel de la Haute-M&#232;re-dieu avec sa bonne cave, Ch&#226;lons et son cruel commandant de place, le g&#233;n&#233;ral Jacquillat, qui faisait arr&#234;ter &#224; la gare par de terribles gendarmes les pauvres &#233;pouses qui venaient voir leur mari.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Champagne, ancienne forme du mot &#171; campagne &#187; et dont, jusqu'en 1914, le nom faisait seulement penser &#224; un valet du r&#233;pertoire, au s&#233;duisant coiffeur de Louis XIII, au peintre de Richelieu, au plus irr&#233;v&#233;rencieux des r&#233;giments et au vin fameux qui partage avec &#171; la Marseillaise &#187; l'honneur de toutes les c&#233;r&#233;monies officielles, Champagne, tu n'&#233;voques plus d&#233;sormais pour les hommes de mon &#226;ge que de la boue, une boue grise, grasse, gluante et crayeuse, une boue ind&#233;l&#233;bile qui collait aux pieds et aux v&#234;tements et qu'un c&#233;leste &#171; maroufleur &#187; nous avait dispens&#233; sans doute pour nous harmoniser avec le paysage et nous rendre invisibles &#224; l'ennemi&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Extrait de &#171; Aux quatre coins de chez nous &#187;, 1931.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les villes pendant la guerre.</title>
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		<dc:date>2019-12-24T19:24:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>1914-1918</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comment &#233;tait Sainte-M&#233;nehould apr&#232;s la guerre 14/18, c'est la question que se posait Pierre Moreau, l'artiste qui pr&#233;parait le spectacle son et lumi&#232;re du 15 ao&#251;t. Pour r&#233;pondre, il faut se dire : &#171; Comment &#233;tait la ville pendant la guerre ? &#187;, car il a d&#251; y avoir un changement brutal &#224; la fin des combats. &lt;br class='autobr' /&gt; Sainte-M&#233;nehould &#233;tait une ville &#224; 20 km du front, une ville de repli, une ville h&#244;pital, une cit&#233; de commerce. On retrouve une br&#232;ve description de la ville dans le livre &#171; La bataille dans la for&#234;t &#187; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;Revue N&#176;85&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;1914-1918&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot57" rel="tag"&gt;Guerre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Comment &#233;tait Sainte-M&#233;nehould apr&#232;s la guerre 14/18, c'est la question que se posait Pierre Moreau, l'artiste qui pr&#233;parait le spectacle son et lumi&#232;re du 15 ao&#251;t. Pour r&#233;pondre, il faut se dire : &#171; Comment &#233;tait la ville pendant la guerre ? &#187;, car il a d&#251; y avoir un changement brutal &#224; la fin des combats.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Sainte-M&#233;nehould &#233;tait une ville &#224; 20 km du front, une ville de repli, une ville h&#244;pital, une cit&#233; de commerce. On retrouve une br&#232;ve description de la ville dans le livre &#171; La bataille dans la for&#234;t &#187; &#233;crit par jean L&#233;vy, un combattant qui raconte la guerre et les lieux o&#249; il est pass&#233;, dont l'Argonne.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Jean L&#233;vy ne cite pas Sainte-M&#233;nehould, nomm&#233;e par lui &#171; Petite ville de X &#187;, mais &#224; la description de la rue avec ses deux places, on comprend de quelle ville il s'agit. Sainte-M&#233;nehould &#233;tait donc, pendant cette guerre, une ville anim&#233;e, militaire et commer&#231;ante. L'auteur osera m&#234;me en dire que c'est la &#171; Th&#233;ba&#239;de des marchands de conserve &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Fin juillet 1915.&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s quatre mois pass&#233;s sur une autre partie du front, les hasards de la vie militaire me ramen&#232;rent en Argonne o&#249; je suis rest&#233; presque tout l'hiver dernier.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Voici la curieuse petite ville de X, la capitale militaire de la contr&#233;e. Toujours aussi encombr&#233;e, aussi bruyante ; sa grande rue avec une place &#224; chaque bout, o&#249; se pressent &#224; toute heure du jour et de la nuit des files de voitures, d'automobiles, de camions ; les trottoirs o&#249; quelques rares civils font tache au milieu d'une cohue de soldats.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La petite ville n'est plus qu'une grande boutique, une boutique aux cent portes et aux mille comptoirs. C'est la Terre Promise, la Th&#233;ba&#239;de des marchands de conserve.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Th&#233;ba&#239;de ? Th&#233;ba&#239;de &#233;tait une ville dans une contr&#233;e voisine de Th&#232;bes en Egypte o&#249; les premiers Chr&#233;tiens venaient se retirer du monde dans le d&#233;sert avoisinant. Un de ces p&#232;res se nommait saint Macaire, mort en 395 et dont la f&#234;te est fix&#233;e au 2 janvier. Th&#233;ba&#239;de est rentr&#233;e dans le langage commun (et ne prend plus de majuscule) comme d&#233;signant un lieu sauvage, isol&#233; et paisible, o&#249; l'on m&#232;ne une vie retir&#233;e et calme. Par rapport &#224; la vie du front, Sainte-M&#233;nehould devait &#234;tre un endroit o&#249; l'on vivait tranquille&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4426 spip_documents'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH230/villes_guerre1_n85-d2462.jpg?1773478951' width='500' height='230' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;b&gt;Les Islettes&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dans le livret&lt;/i&gt; &#171; Les Islettes pendant la Grande guerre &#187;, &lt;i&gt;&#233;crit par Ren&#233; Bourlier, on trouve un paragraphe intitul&#233;&lt;/i&gt; &#171; Dix-huit mois de vie active &#187;. &lt;i&gt;De septembre 1914 &#224; mars 1916, le village des Islettes allait se transformer en un bourg tr&#232;s actif, au point que certains habitants, n'&#233;tant nullement commer&#231;ants auparavant, ouvrirent un commerce et firent fortune.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le lundi 14 septembre au matin, les derniers soldats ennemis quittaient les Islettes pour ne plus y revenir.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le repli effectu&#233; sur toute la ligne Soissonnais-Champagne-Argonne, s'arr&#234;tait dans notre r&#233;gion, non loin de chez nous, &#224; une distance moyenne de dix kilom&#232;tres &#224; peine. La guerre de mouvement allait se muer, et pour longtemps, en guerre de tranch&#233;es, p&#233;riode interminable, &#233;puisante, grise, mais combien rouge par la consommation d'hommes qui y furent sacrifi&#233;s.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;A peine lib&#233;r&#233;e, la commune des Islettes se repeuple ; ceux qui ne s'&#233;taient pas exil&#233;s trop loin purent reprendre le chemin de leurs maisons ; ils les trouv&#232;rent dans un &#233;tat lamentable. Ceux que l'autorit&#233; avait envoy&#233;s dans l'int&#233;rieur ou bien ne purent obtenir un laissez-passer pour le retour, ou bien s'&#233;tant cas&#233;s par ailleurs voulurent attendre la fin de leurs &#233;preuves : ils devaient patienter longtemps.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4427 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L300xH191/villes_guerre4_n85-465d7.jpg?1773478951' width='300' height='191' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les troupes vinrent occuper le village et avec elles de nombreux services et bureaux : Etats-majors, services de sant&#233;, sections automobiles, gendarmerie, conseil de guerre, bref toutes les branches des diff&#233;rentes administrations militaires furent repr&#233;sent&#233;es&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Avec toutes ces troupes, la physionomie du village changea. Peu &#224; peu des magasins s'ouvrirent, puis se multipli&#232;rent : on fit le commerce en grand : &#233;picerie, comestibles, conserves, papeterie, articles militaires, vins ordinaires et vins &#171; bouch&#233;s &#187; (de date plus ou moins ancienne) se trouvaient dans un grand nombre de maisons improvis&#233;es en magasins de ravitaillement. On partait &#224; Ch&#226;lons, &#224; Paris, pour acheter en grande quantit&#233; et ramener la marchandise. Bref, ce fut une p&#233;riode d'activit&#233; commerciale inconnue du temps de paix. Quelques petites fortunes s'&#233;lev&#232;rent ainsi rapidement et l'on vit des maisons o&#249; quelques centaines de francs paraissaient autrefois une forte somme, manier des milliers de francs tout comme de vieux commer&#231;ants en gros. Les Islettes prirent ainsi l'allure d'une petite ville dans laquelle, disaient les poilus, &lt;i&gt;&#171; on trouvait de tout &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;Nul doute qu'apr&#232;s la fin de la guerre, tout cela changea : fini la Terre promise, fini le village o&#249; on trouve de tout. Une autre vie commen&#231;ait.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La justice de Sainte-M&#233;nehould</title>
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		<dc:subject>conte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un riche seigneur des environs de Sainte-M&#233;nehould fit savoir qu'il allait organiser &#224; la saint Jean un grand march&#233; sur ses terres. C'&#233;tait un homme riche, puissant, redout&#233; de tous les brigands du pays, et qui ne cherchait qu'&#224; faire le bonheur de ses manants. Aussi les marchands furent-ils nombreux &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel et, la veille de la saint Jean, ils &#233;taient l&#224; &#224; installer leurs marchandises. &lt;br class='autobr' /&gt; Un petit marchand, un peu radin et un peu roublard, se dit qu'il se passerait d'aller &#224; l'auberge et que, (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;Revue N&#176;85&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;conte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Un riche seigneur des environs de Sainte-M&#233;nehould fit savoir qu'il allait organiser &#224; la saint Jean un grand march&#233; sur ses terres. C'&#233;tait un homme riche, puissant, redout&#233; de tous les brigands du pays, et qui ne cherchait qu'&#224; faire le bonheur de ses manants. Aussi les marchands furent-ils nombreux &#224; r&#233;pondre &#224; l'appel et, la veille de la saint Jean, ils &#233;taient l&#224; &#224; installer leurs marchandises.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Un petit marchand, un peu radin et un peu roublard, se dit qu'il se passerait d'aller &#224; l'auberge et que, puisqu'il faisait beau, il coucherait &#224; la belle &#233;toile, pr&#232;s de sa marchandise. Mais que faire du cheval ? Le mettre aux &#233;curies de l'auberge, c'&#233;taient des frais. Le laisser pa&#238;tre dans la prairie, c'&#233;tait risquer de ne pas le retrouver le lendemain. Il alla donc voir le seigneur :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#034;&lt;i&gt;- Seigneur et ma&#238;tre, tandis que je vendrai ma marchandise sur la place du village, &#224; votre march&#233; de la saint Jean, vous plairait-il que mon cheval p&#226;ture dans la prairie de votre ch&#226;teau ? En toute assurance je vous le confie et, pareillement, je le confie &#224; Dieu. Ayez-le, tous les deux, sous votre protection.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt; - C'est entendu, marchand, Dieu et moi nous garderons ton cheval.&#034;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le matin arriv&#233;, le premier travail du marchand fut de courir &#224; la prairie du ch&#226;teau voir comment allait son cheval prot&#233;g&#233; par deux si hauts personnages. Catastrophe ! Il ne restait du cheval que la peau et les os. Les loups l'avaient mang&#233; pendant la nuit.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le marchand alla se plaindre au seigneur :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#034;- Seigneur et ma&#238;tre, les loups ont mang&#233; mon cheval ! Comment, maintenant, aller avec ma marchandise de march&#233; en march&#233; ? Vous m'aviez promis de veiller sur lui. Il n'est que juste que vous en payiez le prix.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt; - A combien estimes-tu ton cheval, marchand.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt; - Soixante pi&#232;ces d'or.&#034;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le cheval valait tout au plus trente pi&#232;ces. Le seigneur comprit que le marchand cherchait &#224; faire une bonne affaire de ce malheur.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt; &lt;i&gt;&#171; - Voici trente pi&#232;ces d'or, marchand. Puisque tu as confi&#233; ton roussin &#224; deux protecteurs, je ne te dois, en toute justice, que la moiti&#233; de ton cheval. Va et demande &#224; Dieu le reste de ton compte. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le marchand s'en alla avec ses trente pi&#232;ces d'or, pas content du tout d'avoir &#233;t&#233; jou&#233;. Apr&#232;s le march&#233;, il reprit la route, &#224; pied, ployant sous sa marchandise. Il avait &#224; peine quitt&#233; le village qu'il rencontra un moine mont&#233; sur un &#226;ne.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#034;- Bonjour, moine. Dis-moi, qui est ton ma&#238;tre ?&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt; - Mais c'est Dieu, marchand. Tout moine est le repr&#233;sentant de Dieu sur terre.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt; - C'est bien. Ton ma&#238;tre me doit trente pi&#232;ces d'or. Tu vas donc me les payer.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt; - Es-tu fou, marchand ? Je ne puis payer.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt; - Dans ce cas, je prends ton &#226;ne.&#034;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Et ce disant, le marchand enl&#232;ve le moine de l'&#226;ne et le charge aussit&#244;t de sa marchandise. Le moine, gros et soufflant, n'&#233;tait pas de taille &#224; r&#233;sister physiquement.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mais il se f&#226;cha et appela &#224; l'aide. Deux soldats du seigneur arrivent.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#034;- Que se passe-t-il ?&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt; - Ce marchand me vole mon &#226;ne !&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt; - Pas du tout ! Son ma&#238;tre me le doit.&#034;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les soldats emmen&#232;rent les deux hommes devant le seigneur. Aussit&#244;t le marchand prit la parole :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; - Seigneur et ma&#238;tre, vous m'avez dit de m'adresser &#224; Dieu pour avoir compte. J'ai rencontr&#233; ce moine sur la route, qui m'a assur&#233; que son ma&#238;tre &#233;tait Dieu et qu'il &#233;tait son repr&#233;sentant. Puisqu'il ne pouvait pas payer la dette de son ma&#238;tre, j'ai fait bonne justice en prenant son &#226;ne. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le seigneur ne put s'emp&#234;cher de rire devant le moine qui se demandait si ce pays n'&#233;tait pas peupl&#233; de fous.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt; &#171; - Tu raisonnes &#224; merveille, marchand. Tu es un rus&#233; comp&#232;re. Et toi, moine, puisque tu as reconnu &#234;tre le repr&#233;sentant de Dieu, que le vassal paie pour le suzerain. C'est la coutume. Et puisque tu n'as pas trente pi&#232;ces d'or, tu laisseras ton &#226;ne au marchand. Apr&#232;s la justice de Salomon, la justice de Sainte-M&#233;nehould. La dette est r&#233;gl&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le marchand reprit la route avec l'&#226;ne. Le moine, soufflant beaucoup et jurant un peu, dut marcher, maudissant la justice de Sainte-M&#233;nehould.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4428 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/justice_n85-0c802.jpg?1773478951' width='500' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Augustin Tollitte, soldat de l'Empereur, suite.</title>
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		<dc:date>2019-12-21T19:26:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Raoul TOLLITTE</dc:creator>


		<dc:subject>Napol&#233;on</dc:subject>
		<dc:subject>L'Empereur</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Augustin Tollitte, paysan des Charmontois, a &#233;t&#233; engag&#233; dans les arm&#233;es de la R&#233;volution et de l'Empire (n&#176; 83 et 84) ; revenu de Lisbonne (guerre d'Espagne), Augustin revient en France et en permission dans son village. Puis il repartira et vivra la fin de l'Empire. &lt;br class='autobr' /&gt; On remarquera la contradiction entre le soldat qui v&#233;n&#232;re Napol&#233;on et les m&#232;res de familles qui se plaignent sans oser le dire, parlant de &#171; l'ogre Napol&#233;on &#187;.- - - - - - - - - - - - - - &lt;br class='autobr' /&gt;
Si je voulais raconter notre vaillance durant le (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique101" rel="directory"&gt;Revue N&#176;85&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot70" rel="tag"&gt;Napol&#233;on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;L'Empereur&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Augustin Tollitte, paysan des Charmontois, a &#233;t&#233; engag&#233; dans les arm&#233;es de la R&#233;volution et de l'Empire (n&#176; 83 et 84) ; revenu de Lisbonne (guerre d'Espagne), Augustin revient en France et en permission dans son village. Puis il repartira et vivra la fin de l'Empire.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;On remarquera la contradiction entre le soldat qui v&#233;n&#232;re Napol&#233;on et les m&#232;res de familles qui se plaignent sans oser le dire, parlant de &#171; l'ogre Napol&#233;on &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;- - - - - - - - - - - - - -&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Si je voulais raconter notre vaillance durant le si&#232;ge de Lisbonne, personne n'y croirait, alors je m'en lasse Par contre, il faut savoir comment finissaient nos malheureux bless&#233;s dans les h&#244;pitaux. Tenez, voil&#224; ce qu'en a &#233;crit un t&#233;moin : &#171; Les miliciens se jet&#232;rent sur les malades, en &#233;gorg&#232;rent plus d'un millier Ils voulurent forcer les survivants &#224; les suivre sur la route, mais la plupart tombaient &#233;puis&#233;s et furent massacr&#233;s &#187;.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Au cours de l'automne 1810, je me porte volontaire pour faire partie d'un d&#233;tachement de quatre cents hommes du 9&#232;me corps qui se dirige vers Paris pour rejoindre le d&#233;p&#244;t de Mayence et ramener au retour des renforts Nous serons escort&#233;s durant toute la travers&#233;e de l'Espagne par six cents hommes de la brigade La Bass&#233;e : c'est dire si les escarmouches &#233;taient nombreuses.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Grande fut ma joie lorsque je foulais le sol de France. A Saint-Dizier, cette fois, mon chef de corps m'octroya une permission dans mes foyers jusqu'&#224; la mi-janvier date &#224; laquelle le d&#233;tachement repasserait en ce m&#234;me lieu. Deux mois, quelle aubaine ! Je retrouvais mes jambes d'I&#233;na et au d&#233;bouch&#233; du bois de Sommeilles, je pleurai en voyant le village de Belval et, au loin, le clocher de Charmontois. Au cours de ces dix ans d'absence, ma m&#232;re s'&#233;tait &#233;teinte et grande fut ma douleur. Le p&#232;re avait achet&#233; une petite ferme en 1808 et mes jaunets (pi&#232;ces d'or), vous savez, ceux de l'officier prussien, lui furent d'un grand secours.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4430 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L300xH120/tollite1_n85-1233b.jpg?1773471171' width='300' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Profitant de ma pr&#233;sence pour signer les actes, mon p&#232;re convoqua le notaire et nous fit donation de ses biens moyennant une rente entretien pour assurer sa vieillesse : l'acte fut r&#233;dig&#233; le quinze novembre mil huit cent dix.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La maison du p&#232;re s'&#233;tait enrichie de quelques beaux meubles : une horloge, un lit en cerisier dits de &#171; style empire &#187;, au foyer figurait une superbe taque avec un Napol&#233;on &#224; cheval Au cabaret du pays, entre deux chopines, nous n'en finissions pas d'&#233;voquer nos exploits et nos mis&#232;res. Le plus souvent avec Joly, engag&#233; comme moi en 1799 et d&#233;mobilis&#233; en 1806. Sur la vingtaine de conscrits de notre classe pour le canton, dix sont morts sur les champs de bataille, quatre en vie et six sont prisonniers, d&#233;serteurs ou en cours de r&#233;forme. Au pays on trouve cela bien dur. Et les m&#232;res, &#224; la veill&#233;e, parlent de &#171; l'ogre Napol&#233;on &#187;, mais &#224; mots couverts.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Deux mois, cela passe vite et je rejoignis mon unit&#233; du 27&#232;me grossie d'un contingent de requis &#224; Saint-Dizier, &#224; la mi-janvier comme convenu.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Vous dire comment nous parv&#238;nmes &#224; nouveau dans la fournaise semble difficile &#224; raconter. Notre division et le contingent servirent &#224; combler les vides dus &#224; la mis&#232;re et &#224; la famine croissante De 1811 &#224; 1813 c'est la retraite et la remont&#233;e des troupes vers le nord avec quelques coups d'&#233;clat, mais cela ne change rien &#224; notre destin. Par exemple, le 21 f&#233;vrier 1811 nous nous trouvons nez &#224; nez sur un pont avec une troupe de rebelles, les insurg&#233;s ont min&#233; le pont mais la mine vient de rater. Nous saisissons leur troupeau : cent b&#339;ufs et six mille moutons ou ch&#232;vres pour am&#233;liorer notre ordinaire, la plupart du temps sans viande.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mieux vaut ne pas parler du d&#233;sastre de L&#233;rins o&#249; l'on perdit le premier bataillon dans sa totalit&#233;. Si le n&#244;tre, le deuxi&#232;me, ne fut pas sacrifi&#233;, c'est parce que nous &#233;tions &#224; ce moment-l&#224; (mars 1813) en op&#233;ration dans la montagne. En juillet 1813, nous prenons position dans la vall&#233;e de Roncevaux pr&#232;s de Pampelune. Un ancien m'a racont&#233; que Roland, un g&#233;n&#233;ral de l'Empereur Charlemagne, &#233;tait mort l&#224; en sonnant la retraite dans un cor.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Moi, le Roland, je ne l'ai pas connu mais je &lt;span class='spip_document_4431 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L240xH282/tollite2_n85-82fe2.jpg?1773471171' width='240' height='282' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;peux raconter ce qui est arriv&#233; &#224; notre malheureux corps de troupe. Nos colonnes s'&#233;taient allong&#233;es dans les maudits chemins de montagne. En dehors des tu&#233;s ou des bless&#233;s, face aux Anglais, plus de cinquante hommes sont morts de fatigue en gravissant au pas de charge les pentes abruptes de la montagne C'est au camp de Sarre que nous nous s&#233;parons de notre drapeau du 27&#232;me, envoy&#233; &#224; l'abri au d&#233;p&#244;t de Mayence. D&#233;j&#224; l'arm&#233;e anglaise avait p&#233;n&#233;tr&#233; en France.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Notre r&#233;giment campait d&#233;but avril dans les faubourgs de Toulouse. Je participai &#224; l'organisation des lignes de d&#233;fense des hauteurs qui entouraient la ville. C'est une affaire qui me conna&#238;t, depuis la tranch&#233;e Kellermann dans le sud de l'Argonne !... Remarqu&#233; par mes officiers, je fus propos&#233; le 6 avril 1814 comme sergent-chef.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Malgr&#233; notre r&#233;sistance h&#233;ro&#239;que, la ville fut contourn&#233;e par le sud et Toulouse c&#233;da, et cela nous obligea &#224; battre en retraite. C'est le 14 avril que nous parvint l'affreuse nouvelle des &#233;v&#232;nements de Paris : le 8, notre Empereur venait d'abdiquer. Nous ne pouvions y croire. Alors, les restes de notre bataillon gagnent Bl&#233;r&#233;-sur-le-Cher. Un nouveau 27&#232;me de ligne est form&#233; avec les d&#233;bris. Il est dot&#233; d'un drapeau blanc. Qui n'a pas vu br&#251;ler par des mains impies nos aigles charg&#233;s de gloire ne peut comprendre notre souffrance ?&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Augustin Tollitte se retrouve dans le Cher puis &#224; Niort mais ne participe pas aux guerres de Vend&#233;e. Ces guerres de Vend&#233;e sont un &#233;pisode peu connu de l'Histoire de France. L'insurrection vend&#233;enne qui opposa royalistes et bonapartistes dura du 15 mai au 26 juin 1815. Autrement dit, les Chouans se battaient toujours, ne connaissant pas la d&#233;faite de Waterloo et lorsque Napol&#233;on abdiqua pour la seconde fois.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Et &#224; la question pi&#232;ge : &#171; Quelle est la derni&#232;re bataille de l'Empire ? &#187;, il faudra r&#233;pondre non pas Waterloo mais &#171; guerre de Vend&#233;e &#187;. Il a aussi &#233;t&#233; &#233;crit : &#171; Les Chouans eussent d&#233;tr&#244;n&#233; l'Empereur si l'Europe leur en avait laiss&#233; le temps &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_4432 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L300xH188/tollite3_n85-2337c.jpg?1773471171' width='300' height='188' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le d&#233;barquement de Napol&#233;on &#224; Golfe-Juan le 19 mars 1815 nous rend la joie des coups de canons des grandes batailles. Tous les grognards ressortent la vieille cocarde imp&#233;riale tenue cach&#233;e au fond de leurs schakos et ils l'arborent &#224; nouveau fi&#232;rement. Mon bataillon ne participe pas aux guerres de Vend&#233;e mais reste en r&#233;serve &#224; Niort puis &#224; Tours. Le d&#233;sastre de Waterloo ach&#232;ve notre moral. C'est la dissolution de notre r&#233;giment et l'ordre est donn&#233; de faire vite. Avec ces vieux briscards, on ne sait jamais ! Chacun re&#231;oit son petit p&#233;cule. Sur le grand registre du nouveau &#171; 27&#232;me d'Infanterie L&#233;g&#232;re &#187;, le sergent-major lut &#224; haute voix les &#233;tats de service d'Augustin Tollitte : &lt;i&gt;&#034;Entr&#233; le 14 prairial an VII, a particip&#233; aux campagnes des arm&#233;es du Rhin (an 7 et 8), du Danube (an 11), d'Helv&#233;tie (an 12 et 13), des C&#244;tes (an 14) et 1806, &#224; la grande arm&#233;e et caporal le 21 janvier 1804. Campagne d'Espagne et du Portugal, sergent le 6 avril 1813. Rentr&#233; dans ses foyers le 19 septembre 1815.&lt;/i&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;C'&#233;tait fini !... Augustin Tollitte encaissa dans son gousset de cuir son dernier pr&#234;t, quelques pi&#232;ces jaunes encore grav&#233;es du N de son Empereur qu'il conservera bien pr&#233;cieusement. Comment rentra-t-il &#224; Charmontois-l 'Abb&#233; ? Certainement pas par la diligence de service avec ses relais trop co&#251;teux et plein d'emb&#251;ches Tout simplement comme il l'avait toujours fait, en marchant et s'employant aux r&#233;coltes d'automne dans les r&#233;gions travers&#233;es pour s'assurer le vivre et le coucher sur une botte de paille au fond d'une grange.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;A suivre dans le prochain num&#233;ro :&lt;/i&gt; Augustin Tollitte de retour aux Charmontois.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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