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	<title>Sainte M&#233;nehould et ses Voisins d'Argonne</title>
	<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/</link>
	<description>Ce site publie les &#233;ditions r&#233;guli&#232;res d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualit&#233; de l'Argonne et de ses environs.</description>
	<language>fr</language>
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le folklore</title>
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		<dc:date>2022-06-30T16:32:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Desingly</dc:creator>


		<dc:subject>Editorial</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Non, les traditions, le folklore ne sont pas des choses du pass&#233; que l'on fait revivre &#233;pisodiquement dans des festivals ou des parcs d'attraction, voire dans des comm&#233;morations cibl&#233;es, bien au contraire ! &lt;br class='autobr' /&gt; De toute &#233;vidence les traditions continuent de se transmettre, de se renouveler quelquefois, de se moderniser, mais toujours dans l'esprit de bien conna&#238;tre sa r&#233;gion... de l'aimer et de la d&#233;fendre. Peut-&#234;tre que les l&#233;gendes marquent notre imaginaire et sous-entendent nos cr&#233;ations personnelles. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique114" rel="directory"&gt;Revue N&#176;95&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Editorial&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Non, les traditions, le folklore ne sont pas des choses du pass&#233; que l'on fait revivre &#233;pisodiquement dans des festivals ou des parcs d'attraction, voire dans des comm&#233;morations cibl&#233;es, bien au contraire !&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;De toute &#233;vidence les traditions continuent de se transmettre, de se renouveler quelquefois, de se moderniser, mais toujours dans l'esprit de bien conna&#238;tre sa r&#233;gion... de l'aimer et de la d&#233;fendre. Peut-&#234;tre que les l&#233;gendes marquent notre imaginaire et sous-entendent nos cr&#233;ations personnelles. De toute &#233;vidence, les veill&#233;es &#233;taient comme les b&#226;tisses des brandeviniers, des &#233;l&#233;ments incontournables des transmissions comme du folklore.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Aux veill&#233;es, l'ordre &#233;tait presque immuable, sauf si le d&#233;c&#232;s d'une personne connue intervenait. Bien &#233;videmment, on rendait les honneurs au d&#233;funt, on l'encensait, on lui trouvait toutes les qualit&#233;s, les d&#233;fauts &#233;taient pour demain, la nature humaine est ainsi faite.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Aussi, apr&#232;s avoir &#233;puis&#233; les nouvelles du pays, les cancans du village, on passait aux contes de f&#233;es, aux l&#233;gendes, aux histoires de ce bon vieux temps o&#249; les b&#234;tes parlaient. On posait des devinettes, des charades et on &#233;voquait enfin pour clore la veill&#233;e des souvenirs terrifiants de la for&#234;t d'Argonne avec ses sorciers, ses esprits myst&#233;rieux et ses brigands invincibles.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les aventures de Jean de Biesme &#233;taient un sujet intarissable. Ce brigand du moyen-&#226;ge avait si longtemps terroris&#233; les populations de l'Argonne que son souvenir laissait un grand froid. Jean de Biesme, fils d'une ch&#226;telaine de Cernay, avait, suivant la l&#233;gende, fait un pacte avec Belz&#233;buth ; avec de l'imagination, on indiquait le lieu o&#249; ce pacte avait &#233;t&#233; sign&#233; : le trou de l'enfer !&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;On parlait &#233;galement avec force des brigands de la Coinche, on rappelait le souvenir des &#171; Six fr&#232;res &#187;, d&#233;trousseurs fameux qui finirent pendus &#224; six arbres du chemin du Dormois (Sainte-M&#233;nehould, Chaudefontaine, Braux-Sainte-Cohi&#232;re).&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Qui ne se souvient des humbles b&#226;tisses de brandeviniers o&#249; l'on distillait les prunes, les pommes, les cerises, tous les fruits r&#233;cup&#233;r&#233;s et laiss&#233;s &#224; la fermentation dans un tonneau. D'octobre &#224; avril, un lieu convivial, un lieu d'&#233;coute, un lieu de partage. Bien &#233;videmment, dans ces lieux, on savait recevoir et appr&#233;cier.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Aujourd'hui, les veill&#233;es comme les brandeviniers ont disparu ou presque. Ces lieux &#233;taient la rencontre n&#233;cessaire de nos traditions, de nos coutumes, de nos croyances, du partage de nos histoires.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Sans leur transmission, le folklore ne peut exister que si l'on n'oublie pas les objets populaires quelquefois d&#233;laiss&#233;s, mais &#244; combien n&#233;cessaires ! Le folklore doit &#234;tre partag&#233; afin de ne pas dispara&#238;tre, il ne se limite pas seulement aux r&#233;cits l&#233;gendaires mais peut &#234;tre v&#233;cu au quotidien. R&#233;citer &#224; un enfant une comptine que nous avons apprise dans notre jeunesse, n'est-ce pas donner un peu de bonheur &#224; un enfant et perp&#233;tuer le folklore ? A chacun d'appr&#233;cier.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:400px;'&gt; &lt;/span&gt;Patrick Desingly, Pr&#233;sident&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conf&#233;rence sur &#171; l'Am&#233;rique du moment &#187; &#224; Sainte-M&#233;nehould.</title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1447</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1447</guid>
		<dc:date>2022-06-29T17:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Delacour</dc:creator>


		<dc:subject>Conf&#233;rence</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Malgr&#233; la temp&#234;te qui faisait rage, plus de 300 personnes sont venues entendre, mardi 9 f&#233;vrier &#224; 8 heures, dans la grande salle des &#339;uvres, la magnifique conf&#233;rence de M. le chanoine Thibault, licenci&#233; &#232;s sciences, cur&#233; de Jalons-les-Vignes. Je dis magnifique conf&#233;rence et je n'exag&#232;re rien. J'aurais regrett&#233;, pour ma part, de ne pas l'entendre. &lt;br class='autobr' /&gt; L'orateur, dans sa tr&#232;s brillante et tr&#232;s compl&#232;te exposition veut &#233;tudier l'Am&#233;rique sous 3 faces : &lt;br class='autobr' /&gt; - L'Am&#233;ricain devant la nature. &lt;br class='autobr' /&gt; - L'Am&#233;ricain devant (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot156" rel="tag"&gt;Conf&#233;rence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Malgr&#233; la temp&#234;te qui faisait rage, plus de 300 &lt;span class='spip_document_7302 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L167xH243/statue_de_la_liberte_n95_ph1-9b415.jpg?1773442455' width='167' height='243' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;personnes sont venues entendre, mardi 9 f&#233;vrier &#224; 8 heures, dans la grande salle des &#339;uvres, la magnifique conf&#233;rence de M. le chanoine Thibault, licenci&#233; &#232;s sciences, cur&#233; de Jalons-les-Vignes. Je dis magnifique conf&#233;rence et je n'exag&#232;re rien. J'aurais regrett&#233;, pour ma part, de ne pas l'entendre.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;L'orateur, dans sa tr&#232;s brillante et tr&#232;s compl&#232;te exposition veut &#233;tudier l'Am&#233;rique sous 3 faces :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:75px;'&gt; &lt;/span&gt;- L'Am&#233;ricain devant la nature.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:75px;'&gt; &lt;/span&gt;- L'Am&#233;ricain devant l'homme.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:75px;'&gt; &lt;/span&gt;- L'Am&#233;ricain devant Dieu.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Et le triple portrait qu'il en trace en ma&#238;tre frappe l'auditoire par sa nettet&#233; et son &#233;l&#233;gance.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Il nous montre la nature dompt&#233;e avec une &#233;nergie, une volont&#233; que rien n'arr&#234;te. Au fur et &#224; mesure que les besoins immenses d'un immense pays se font sentir, l'Am&#233;ricain avance ; ass&#233;chant les marais, b&#226;tissant des villes, taillant et br&#251;lant les for&#234;ts vierges, construisant des voies de terre, d'eau, de fer et n'ayant d'autre but que la fortune, la richesse.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;L'homme ne l'embarrasse pas plus que la nature m&#234;me. Les Indiens qui le g&#234;nent en occupant les terrains qu'il convoite, il les massacre. Il asservit le n&#232;gre, m&#234;me apr&#232;s l'avoir affranchi, il utilise le colon qui peut servir ses int&#233;r&#234;ts et augmenter sa richesse. Il ne re&#231;oit chez lui, dans son vaste empire, que les &#233;trangers capables d'apporter au pays du travail un progr&#232;s, de l'argent.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Et devant Dieu, il s'incline publiquement comme &#224; plaisir, avec &#233;clat. Ses pr&#233;sidents d'&#233;tat Harrison, Roosevelt, demandent &#224; leur peuple des pri&#232;res &#224; l'occasion de leur &#233;lection. C'est le cardinal catholique Gibbons, primat d'Am&#233;rique, qui b&#233;nissait hier l'exposition de Chicago six fois plus &#233;tendue que l'exposition de Paris en 1900. C'est le m&#234;me cardinal qui b&#233;nira, &#224; la demande de Roosevelt, l'exposition qui va, l'an prochain, s'ouvrir &#224; Saint-Louis.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Puis apr&#232;s une comparaison fid&#232;le entre l'Am&#233;rique et la France, entre l'Am&#233;ricain et le Fran&#231;ais &#224; qui il rend un l&#233;gitime hommage, le conf&#233;rencier recommande et pr&#234;che, en un &#233;lan de superbe &#233;loquence, le culte et l'amour de la patrie. Mais il conseille aux jeunes d'&#233;tudier encore, toujours, d'aller voir sur place l&#224;-bas &#224; New-York, Chicago, Baltimore, le travail vigoureux des deux Am&#233;riques, d'aller leur prendre les qualit&#233;s qui nous manquent, la r&#233;solution, l'&#233;nergie, la d&#233;cision qu'elles ont au plus haut degr&#233; et que nous n'avons pas, que nous n'avons jamais eues.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Enfin, apr&#232;s nous avoir tenus pendant une heure et demie sous le charme de sa parole savante et fleurie, Mr. Thibault nous montre en projections lumineuses, les villes qu'il nous a fait traverser tout &#224; l'heure, les gares, les fleuves, les lacs, les cascades les plus c&#233;l&#232;bres du nouveau monde. Son dernier tableau repr&#233;sente la belle et gigantesque statue de Bartholdi, la libert&#233; &#233;clairant le monde.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Il nous invite &#224; la saluer avec lui et termine avec des mots d'esp&#233;rance cette causerie &#233;cout&#233;e dans le plus grand silence, souvent, tr&#232;s souvent applaudie et l'une des meilleure que j'ai jamais entendue.&lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:450px;'&gt; &lt;/span&gt;Sign&#233; J.D.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;i&gt;&lt;b&gt;Note :&lt;/b&gt; &#192; la belle &#233;poque, on pr&#234;che la bonne parole !!! Aujourd'hui, plus d'un si&#232;cle apr&#232;s, les avis seront s&#251;rement loin d'&#234;tre partag&#233;s.&lt;span style='margin-left:60px;'&gt; &lt;/span&gt;Recueilli par Dominique Delacour&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/conference-sur-l-amerique-du-moment-a-sainte-menehould_a1447-2.pdf" length="42725" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>T&#233;moignage d'Ida Boniack &#8220; Ksiazenicer.</title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1448</link>
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		<dc:date>2022-06-28T17:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Vigouroux, Marie-Christine Vigouroux</dc:creator>


		<dc:subject>1939-1945</dc:subject>
		<dc:subject>D&#233;portation</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1990, une plaque a &#233;t&#233; d&#233;voil&#233;e &#224; Sainte-M&#233;nehould &#224; l'issue d'une c&#233;r&#233;monie &#233;mouvante &#224; laquelle j'avais &#233;t&#233; convi&#233;e. Pourquoi doit-on d&#233;voiler une plaque ? Parce que ce geste symbolique emp&#234;che un autre voile de retomber sur les faits qu'on pr&#233;f&#232;re cacher ou taire. Les noms grav&#233;s dans la pierre interdisent d&#233;sormais &#224; la m&#233;moire collective de les effacer. Le m&#234;me nom se r&#233;p&#232;te huit fois, Finkelstein. Une famille juive enti&#232;rement an&#233;antie. Le dernier nom, Syma Ksiazenicer, est celui de ma m&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt; Mon p&#232;re (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7305 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L174xH380/temoignage_n95_ph1-89d0d.jpg?1773448380' width='174' height='380' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;En 1990, une plaque a &#233;t&#233; d&#233;voil&#233;e &#224; Sainte-M&#233;nehould &#224; l'issue d'une c&#233;r&#233;monie &#233;mouvante &#224; laquelle j'avais &#233;t&#233; convi&#233;e. Pourquoi doit-on d&#233;voiler une plaque ? Parce que ce geste symbolique emp&#234;che un autre voile de retomber sur les faits qu'on pr&#233;f&#232;re cacher ou taire. Les noms grav&#233;s dans la pierre interdisent d&#233;sormais &#224; la m&#233;moire collective de les effacer. Le m&#234;me nom se r&#233;p&#232;te huit fois, Finkelstein. Une famille juive enti&#232;rement an&#233;antie. Le dernier nom, Syma Ksiazenicer, est celui de ma m&#232;re.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mon p&#232;re F&#233;lix Ksiazenicer &#233;tait arriv&#233; en France en 1923, fuyant les pogroms en Pologne. Il avait laiss&#233; l&#224;-bas une jeune fille rencontr&#233;e &#224; Varsovie (&#8230;) Ils s'&#233;taient mari&#233;s selon le rite juif avant son d&#233;part. Il devait en France, &#224; Nancy, retrouver un beau-fr&#232;re parti avant lui. Sa vie &#233;tait pr&#233;caire. Poussant une voiture &#224; bras, il faisait du porte &#224; porte vendant de la confection &#224; domicile.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;En 1924, ma m&#232;re vint le rejoindre. Elle ne se doutait pas, lorsqu'elle monta dans le train de Varsovie &#224; destination de Nancy, que, quelques ann&#233;es plus tard, elle referait une partie du voyage en sens inverse. Elle croyait prendre un aller simple. Elle &#233;tait n&#233;e en 1901. C'est donc une tr&#232;s jeune femme qui d&#233;barqua &#224; Nancy, ne sachant pas un mot de fran&#231;ais, mais d&#233;cid&#233;e &#224; s'int&#233;grer et &#224; adopter les m&#339;urs et coutumes de cette France r&#233;put&#233;e terre d'asile. Ils se mari&#232;rent civilement &#224; la mairie de Nancy. Je naquis en f&#233;vrier 1926 &#224; Nancy. Plusieurs fois mes parents demand&#232;rent leur naturalisation, toujours ajourn&#233;e : ils n'avaient pas de fils.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le porte &#224; porte n'&#233;tait gu&#232;re rentable, mon p&#232;re eut l'id&#233;e de s'associer &#224; un oncle, propri&#233;taire d'une boutique rue Chanzy &#224; Sainte-M&#233;nehould. Cela tenait du bazar et du magasin de confection. Les deux femmes servaient &#224; la boutique, pendant que les hommes am&#233;lioraient les revenus en tournant dans la r&#233;gion. Ils ne revenaient qu'en fin de semaine &#224; Sainte-M&#233;nehould. L'association dura un moment puis cessa, min&#233;e par des divergences entre les deux hommes. Commen&#231;a alors un long p&#233;riple qui verra mon p&#232;re, dans les corons de la r&#233;gion de Douai, puis &#224; Ligny-en-Barrois. En 1934, une petite s&#339;ur, Colette, &#233;tait n&#233;e. Les affaires devinrent plus prosp&#232;res. La voiture &#224; bras fut remplac&#233;e par une vieille Ford d'occasion, dont le vert cru me r&#233;jouissait beaucoup. &#192; nouveau, mon p&#232;re ouvrit une mercerie-bazar. Je me souviens que j'aimais le toucher de la laine, des rubans. Mon p&#232;re apprit qu'un magasin plus important &#233;tait &#224; louer &#224; Bar-le-Duc, Boulevard de la Rochelle. Nous y part&#238;mes. Bient&#244;t, il poss&#233;da un deuxi&#232;me magasin &#224; Saint-Dizier.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Un jour, fin 1939, j'&#233;tais avec mon p&#232;re &#224; la gare de Bar-le-Duc. Il exp&#233;diait des colis, lorsque le fracas d'une bombe nous parvint. Pris en chasse sur le front, des avions avaient largu&#233; leur charge en route. Lorsque nous atteign&#238;mes la maison, ce fut pour trouver ma m&#232;re et ma s&#339;ur dans les d&#233;combres. Ma m&#232;re bless&#233;e, ma s&#339;ur morte. Une jeune &#233;tudiante qui s'&#233;tait r&#233;fugi&#233;e l&#224; &#233;tait morte, elle aussi. Mon p&#232;re ne se remit jamais tout &#224; fait de la mort de ma petite s&#339;ur et resta assombri pendant des ann&#233;es.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;En 1940, &#224; l'&#233;vacuation, nous part&#238;mes &#224; Orthez [Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques] retrouver un membre de notre famille install&#233; l&#224;-bas. Mais la vie fut vite tr&#232;s difficile. L'argent manquait. Il restait bien le deuxi&#232;me magasin &#224; Saint-Dizier, mais les risques en zone occup&#233;e &#233;taient lourds. Mon p&#232;re les prit. Il remonta, vendit le plus de marchandises possibles et redescendit avec de l'argent frais. Apr&#232;s Orthez, nous v&#233;c&#251;mes quelques mois &#224; Pau, puis nous rejoign&#238;mes Saint-Dizier. La boutique &#233;tait l&#224;, la source de revenus aussi.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mais les lois de Vichy impos&#232;rent &#224; mon p&#232;re de prendre un commissaire g&#233;rant.&lt;br&gt;
Finalement, mon p&#232;re fut oblig&#233; de vendre son fonds de commerce. Les pers&#233;cutions et les menaces s'intensifiant, nous nous r&#233;fugi&#226;mes &#224; Sainte-M&#233;nehould. Mon p&#232;re pensait que &lt;span class='spip_document_7306 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L350xH265/temoignage_n95_ph2-25658.jpg?1773448380' width='350' height='265' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;ce bourg tranquille &#233;tait une cachette s&#251;re. Il loua une maison, rue Kellermann.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Nous y vivions le plus discr&#232;tement possible, des l&#233;gumes du jardin, des poules et lapins que mes parents &#233;levaient. J'ai toujours vu mes parents vivre en bonne intelligence avec les voisins. Ma m&#232;re accueillait, partageait, donnait ce qu'elle n'avait pas. C'&#233;tait une femme belle, profond&#233;ment bonne et g&#233;n&#233;reuse. Elle attendit bient&#244;t un autre enfant pour consoler mon p&#232;re de la perte de sa fille. Cela peut sonner comme un d&#233;fi en ces temps d'incertitude.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Des rumeurs de plus en plus alarmantes circulaient. Beaucoup de membres de notre famille &#233;taient pass&#233;s en zone libre. Mais mes parents rest&#232;rent. Ma m&#232;re refusa de partir. Certes, ils &#233;taient fich&#233;s, certes ils portaient l'&#233;toile jaune, certes ils avaient d&#251; vendre leur boutique. Mais quelque chose en eux refusaient d'envisager l'&#233;tape suivante, les arrestations, la d&#233;portation. Et ma m&#232;re avait un raisonnement simple. Ce sont les hommes qui font la guerre, pas les femmes. Elle ne craignait rien, elle &#233;tait enceinte. Belle na&#239;vet&#233;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#192; cette &#233;poque, j'avais quinze ans. Je travaillais dans une librairie &#224; Sainte-M&#233;nehould. Mon adolescence marqu&#233;e par l'humiliation de l'&#233;toile jaune, par l'ins&#233;curit&#233;, la menace, a brutalement bascul&#233; un jour de 1942. Ce jour-l&#224;, deux gendarmes fran&#231;ais arriv&#232;rent &#224; la maison avec mission d'arr&#234;ter mon p&#232;re. Ma m&#232;re, malgr&#233; sa peur, leur fit face et pr&#233;tendit qu'elle ignorait o&#249; il &#233;tait parti, lui laissant ainsi le temps de s'&#233;chapper par le jardin derri&#232;re la maison. Il se cacha chez des habitants de Sainte-M&#233;nehould qui se d&#233;brouill&#232;rent pour me faire savoir qu'ils ne pourraient pas le garder. Je devins messager et artisan de la fuite de mon p&#232;re. Je connaissais un employ&#233; des Chemins de fer, Monsieur Pottier, un homme courageux.&lt;br&gt;
Il fabriqua ou fit fabriquer une fausse carte grossi&#232;rement imit&#233;e, me conseilla de &#171; d&#233;guiser &#187; mon p&#232;re en un &#171; Fran&#231;ais moyen &#187;. Il devait s'habiller en cheminot, porter un b&#233;ret sur la t&#234;te et une musette &#224; l'&#233;paule. Restait un probl&#232;me &#233;pineux : comment allait-il se rendre &#224; la gare de Ch&#226;lons sans &#234;tre reconnu et d&#233;nonc&#233; ? Un garagiste nous aida et le transporta.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#192; cinq heures du matin, il s'embarqua vers la zone libre, esp&#233;rant retrouver sa s&#339;ur l&#224;-bas.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mon p&#232;re parti, j'insistai aupr&#232;s de ma m&#232;re. Et nous ? N'allions-nous pas nous sauver ? Non, elle s'obstina.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les vagues d'arrestations se suivirent. Notre tour arriva. Les gendarmes revinrent, nous embarqu&#232;rent. Je me souviens parfaitement du visage du grad&#233; fran&#231;ais qui assistait &#224; l'interrogatoire. Dans la pi&#232;ce, je retrouvais Rosette Finkelstein, ma camarade de classe quelques ann&#233;es auparavant. Une r&#233;flexion peu glorieuse, mais qui ob&#233;it &#224; la loi du &#171; chacun pour soi &#187;, me fit protester : &#171; Je suis juive, mais je suis Fran&#231;aise &#187;. Consult&#233;e, la sous-pr&#233;fecture confirmait. Je fus rel&#226;ch&#233;e, ainsi que ma &lt;span class='spip_document_7307 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L220xH204/temoignage_n95_ph3-bc169.jpg?1773448380' width='220' height='204' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;m&#232;re ensuite, provisoirement.&lt;br&gt; Quant aux Finkelstein, le p&#232;re, la m&#232;re, le fils et la fille a&#238;n&#233;s furent intern&#233;s &#224; Ch&#226;lons ce jour-l&#224;. Les quatre plus jeunes furent plac&#233;s &#224; l'h&#244;pital en sursis. Plus tard, ils &#171; partirent &#187; comme ma m&#232;re. Je revins rue Kellermann. Les scell&#233;s avaient &#233;t&#233; mis. Je les fis sauter. Aid&#233;e par une sage-femme, ma m&#232;re accoucha bient&#244;t de mon petit fr&#232;re Michel. Je revins &#224; la charge. On m'avait laiss&#233;e filer mais pour combien de temps ? Et elle ? Juive et &#233;trang&#232;re, allaient-ils la laisser libre ? Mes supplications furent vaines.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Cette fois, ma m&#232;re avait peur que le b&#233;b&#233; meure en route ; il &#233;tait si fragile, si petit.&lt;br&gt;
Comment s'embarquer dans ces conditions ? Avec le recul des ann&#233;es, je m'&#233;tonne encore de ce refus de voir la r&#233;alit&#233; du pi&#232;ge qui se refermait, chaque jour davantage. Ma m&#232;re accepta de se cacher cependant. Un jour, je suis partie faire des courses. Il fallait bien prendre ce risque. Quand je revins, les gendarmes &#233;taient l&#224;. Pas des gendarmes allemands comme certains l'ont pr&#233;tendu. Des gendarmes fran&#231;ais ex&#233;cutant les ordres de &#171; l'Etat fran&#231;ais &#187; d'alors. Pour arr&#234;ter ma m&#232;re. Ses cris m'ont longtemps hant&#233;e. Je la revois accroch&#233;e au berceau de mon fr&#232;re, refuser de suivre les deux hommes. Alors ceux-ci l'ont arrach&#233;e du berceau et l'ont entra&#238;n&#233;e. Vaincue, elle m'a alors suppli&#233;e de garder le b&#233;b&#233;, d'en prendre soin, de partir rejoindre mon p&#232;re. Dans la rue, les gens, mass&#233;s, regardaient le spectacle. Des badauds curieux. Aucun n'a protest&#233;. Comme ma m&#232;re hurlait trop fort et les g&#234;nait, un des gendarmes partit chercher une camionnette. Pas non plus un camion allemand comme je l'ai lu quelque part. Une camionnette b&#226;ch&#233;e pour &#233;touffer les cris.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Je restai seule avec le b&#233;b&#233;, incapable de m'en occuper. Je trouvai de l'aide aupr&#232;s de la sage-femme d&#233;vou&#233;e qui avait accouch&#233; ma m&#232;re. Elle m'accueillit chez elle, me montra comment le langer, le nourrir, lui donner des soins. Elle l'a m&#234;me gard&#233; le jour o&#249; je suis all&#233;e rendre visite &#224; ma m&#232;re. Celle-ci avait &#233;t&#233; intern&#233;e au camp de Ch&#226;lons. Le laitier accepta de m'emmener lors d'une tourn&#233;e.&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le camp de Ch&#226;lons ? C'&#233;tait, comme les autres, des barbel&#233;s, un mirador, des conditions d'hygi&#232;ne d&#233;plorables, de la paille en guise de lit, peu de nourriture. Je me souviens de mes sentiments partag&#233;s en approchant du camp. J'avais envie de voir ma m&#232;re, mais n'allais-je pas me jeter dans la gueule du loup ? N'allaient-ils pas me reprendre, moi qu'ils avaient rel&#226;ch&#233;e ?&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Je ne fus pas arr&#234;t&#233;e. Je revis ma m&#232;re ce jour-l&#224; pour la derni&#232;re fois. Huit jours plus tard, elle &#233;tait &#224; Drancy. Le rapport Klarsfeld dit qu'elle a fait partie du convoi 40, en date du 4 novembre 1942 !&lt;span class='spip_document_7308 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L350xH217/temoignage_n95_ph4-bd4cf.jpg?1773448380' width='350' height='217' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; J'ai entour&#233; d'un trait noir son nom sur la liste des victimes gaz&#233;es.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Elle avait 41 ans. &#192; l'&#233;poque, nous ne savions rien. Ma m&#232;re m'envoya une carte de Drancy. Une carte blanche, sans illustration, sans enveloppe bien s&#251;r. Courrier surveill&#233;, probablement dict&#233; par les autorit&#233;s. Qu'en ai-je fait ? Malgr&#233; mes recherches, je ne l'ai jamais retrouv&#233;e.&lt;br&gt;
&#201;gar&#233;e lors d'un d&#233;m&#233;nagement ? Gliss&#233;e dans d'autres documents ? R&#233;appara&#238;tra-t-elle un jour, plus tard, dans les mains d'un h&#233;ritier, lorsque seront partag&#233;s les souvenirs familiaux ?&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Que disait-elle cette carte ? Comme les enfants Finkelstein dont le courrier a &#233;t&#233; pr&#233;cieusement conserv&#233; ? A-t-elle ajout&#233; comme eux : &#171; Qui vivra verra &#187;. Les mots glacent d'horreur. Ce qu'ils ont vu, dans les camps, il faut d'autres vivants pour le dire. Encore et encore&#8230;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Je re&#231;us un jour une lettre de mon p&#232;re. De zone libre, il avait pr&#233;vu et organis&#233; notre fuite. Il m'ordonnait d'aller jusqu'&#224; Moulins [Allier], m'indiquait le nom de gens chez qui me rendre pour passer la ligne de d&#233;marcation. J'avais sympathis&#233; avec Madame L...., femme d'un professeur du lyc&#233;e, prisonnier en Allemagne. Je lui confiai nos meubles et ce qui restait de marchandise invendue. &#192; un commer&#231;ant, je remis nos bijoux et une partie de l'argent que je ne voulais pas risquer de prendre sur moi. Tous deux me promirent de conserver tout cela jusqu'&#224; notre retour. Je pr&#233;parai le d&#233;part. Chacun peut m'imaginer. Quinze ans, un tout jeune b&#233;b&#233; dans les bras, des oreillers, des couches, des langes, un biberon. Tout un chargement encombrant. Pas vraiment l'id&#233;al pour passer inaper&#231;ue. Je connaissais &#224; Sainte-M&#233;nehould un jeune &#233;lectricien qui accepta de prendre une journ&#233;e pour m'accompagner jusqu'&#224; Moulins.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Il passerait pour mon mari. S'il vit encore, je le remercie pour ce geste de solidarit&#233; et d'amiti&#233;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#192; Moulins, il me laissa. Je devais changer de train. Apr&#232;s, c'&#233;tait - peut-&#234;tre - la s&#233;curit&#233;. Les quais &#233;taient noirs de monde. Je prot&#233;geais le b&#233;b&#233; tant bien que mal, tour &#224; tour bouscul&#233;e, press&#233;e, ralentie. Je montais lentement les marches de l'escalier du passage souterrain, lorsque je sentis le poids d'un regard pos&#233; sur moi. Je levai les yeux. Un feldgendarme surveillait la foule, appuy&#233; &#224; la rambarde. Mes jambes continu&#232;rent m&#233;caniquement leur ascension. Le feldgendarme m'appela : &#171; Vous ! Venez ! &#187;. Je me sentis me d&#233;composer. Comment m'avait-il reconnue, rep&#233;r&#233;e dans cette foule ? Je n'avais pas du tout ce que la propagande appelait &#171; le type juif &#187;. Bient&#244;t, il fut pr&#232;s de moi : &#171; Passez petit b&#233;b&#233; ! Vous fatigu&#233;e &#187;. Je dois &#224; la v&#233;rit&#233; que celui-l&#224; n'a pas &#233;t&#233; barbare. Certains Fran&#231;ais, si. En tout cas, mon fr&#232;re et moi, nous nous devons mutuellement d'&#234;tre encore en vie. Je m'installai dans le train vide. L'attente - au moins deux heures - me parut insupportable. Un autre n'allait-il pas venir v&#233;rifier des papiers que je n'avais pas ? N'allait-on pas me fouiller ? M'interroger ? Non, il n'arriva rien.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#192; Vierzon [Cher], le passeur promis par mon p&#232;re &#233;tait l&#224;. Il habitait une maison isol&#233;e, tr&#232;s proche de la ligne de d&#233;marcation ; il &#233;tait &#233;troitement surveill&#233; bien s&#251;r, mais r&#233;ussissait r&#233;guli&#232;rement &#224; tromper leur vigilance. Sa femme m'offrit &#224; manger le soir de mon arriv&#233;e. Du lapin bouilli longuement avec des pommes de terre. &#201;tait-ce du lapin de garenne &#224; l'odeur tr&#232;s forte ? Etaient-ce les &#233;motions du voyage ? Mon c&#339;ur se soul&#232;ve encore en y songeant. Je m'allongeai quelques heures, sans sommeil. &#192; l'aube, nous part&#238;mes. Dans les moments tragiques ou dramatiques, le corps enregistre des sensations qui restent imprim&#233;es &#224; vie.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Nous devions traverser un champ. Interminable. Mon corps se s&#233;para en deux. Mes bras devaient retenir mon fr&#232;re, l'emp&#234;cher de s'agiter, de faire du bruit. Je m'&#233;tais munie d'une &#171; sucette &#187; et d'un peu de miel. R&#233;guli&#232;rement, je trempais la sucette dans le miel. Il t&#233;tait avidement et s'apaisait. Ainsi, il ne poussa pas un cri. Mes jambes, elles, devaient s'arracher &#224; chaque pas &#224; la succion de la terre glaise. Il me fallait &#224; la fois de l'&#233;nergie et de la douceur.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Ni le b&#233;b&#233;, ni nos pas ne devaient s'entendre. La peur et l'urgence donnent une force et une audace &#233;tonnantes. &#192; un moment, nous sommes pass&#233;s tout pr&#232;s d'un Allemand, &#224; le fr&#244;ler. Il ne d&#233;cela rien.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Quelques minutes plus tard, j'&#233;tais en zone libre, avec mon fardeau au museau tout collant de miel. Lorsqu'il s'&#233;tait enfui, mon p&#232;re m'avait laiss&#233; des pi&#232;ces d'or, produit de la vente du magasin. Elles persuad&#232;rent sans mal un taxi de m'emmener jusqu'&#224; un h&#244;tel. J'essayai de dormir. La tension des derni&#232;res heures m'en emp&#234;cha en partie. Mais surtout, le petit fr&#232;re fut tr&#232;s p&#233;nible. Il faisait froid. Je l'avais emmaillot&#233; pour qu'il soit au chaud et lui avais couvert la t&#234;te d'un bonnet. Est-ce contre ce bonnet qu'il protesta par des hurlements ? Avait-il ingurgit&#233; trop de miel ? J'avoue qu'exasp&#233;r&#233;e par ses cris, je lui flanquai une claque, d&#233;tendant l'un et l'autre. Le lendemain, un autre taxi m'emmena au Mont-Dore [Puy-de-D&#244;me], chez ma tante. Mon p&#232;re &#233;tait parti &#224; ma recherche en ville. Lorsqu'il revint, il fit la connaissance de son fils. Moment d'intense &#233;motion. Commen&#231;a alors une p&#233;riode difficile. Mon p&#232;re &#233;tait l&#224;, j'&#233;tais l&#224;, le b&#233;b&#233; aussi. Mais sa femme ? Ma m&#232;re ? Nous ne savions rien d'elle. La vie continuait, mais elle &#233;tait arr&#234;t&#233;e, suspendue. Nous &#233;tions dans l'attente de nouvelles, de son retour, de la fin de ce cauchemar&#8230; Il fallut nous organiser. Ma tante nous h&#233;bergea quelque temps, puis nous pr&#238;mes un logement en location, doubl&#233; d'une cachette chez un marchand de bi&#232;re. Nous nous y terrions, lorsque couraient des rumeurs de rafle pour cette nuit-l&#224;.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;J'&#233;crivis un jour &#224; Madame L.... pour la rassurer sur notre sort et lui donner notre adresse. Je n'avais pas encore appris suffisamment &#224; me m&#233;fier.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Quelque temps apr&#232;s, un commissaire de police vint nous pr&#233;venir que la Gestapo &#233;tait &#224; nos trousses. Madame L.... nous avait d&#233;nonc&#233;s. Il fallait d&#233;guerpir au plus vite, dispara&#238;tre de ce lieu, ne plus jamais donner de nouvelles. Faire croire &#224; notre arrestation. Pas le temps de r&#233;fl&#233;chir. La porte, l'escalier, la rue, la fuite&#8230;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Chacun de notre c&#244;t&#233;. En route, je croisai une Citro&#235;n en provenance de Vichy. Deux hommes en manteau de cuir all&#232;rent &#224; la mairie relever la liste des locataires dont le nom sonnait juif.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Nous rest&#226;mes cach&#233;s le temps que le m&#234;me commissaire nous fasse parvenir des fausses cartes d'identit&#233;. Je m'appelais Madeleine Lemonier. Ce nom n'&#233;tait pas d&#233;sagr&#233;able. Ce qui l'&#233;tait plus, c'&#233;tait d'&#234;tre devenue &#171; fille-m&#232;re &#187;. J'endossai le tout pour vivre &#224; La Bourboule o&#249; nous avions finalement &#233;chou&#233;. L&#224;, je fis la connaissance d'un jeune homme. Mon p&#232;re repoussa toute id&#233;e de mariage, tant que ma m&#232;re n'&#233;tait pas revenue. Elle ne revint pas. Le jeune homme se lassa.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;On conna&#238;t la suite : l'ouverture des camps de la mort, la r&#233;v&#233;lation de l'horreur pure, brute, absolue, les rares rescap&#233;s de l'enfer, l'&#233;vidence que l'on repousse, que l'on remplace par des constructions imaginaires. Peut-&#234;tre s'est-elle &#233;chapp&#233;e ? Peut-&#234;tre erre-t-elle quelque part, amn&#233;sique ? Peut-&#234;tre est-elle en Russie ? Peut-&#234;tre&#8230; Peut-&#234;tre&#8230; Puis l'&#233;vidence revient, s'impose, s'installe dans la t&#234;te, dans le c&#339;ur. Elle ne reviendra jamais.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Lorsqu'en 1945, nous sommes remont&#233;s &#224; Sainte-M&#233;nehould, Madame L.... s'est &#233;vanouie en voyant mon p&#232;re. Elle l'avait cru disparu &lt;span class='spip_document_7310 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L200xH202/temoignage_n95_ph5-0b736.jpg?1773448380' width='200' height='202' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;lui aussi, comme les autres&#8230; Lorsqu'elle reprit ses esprits, qu'elle avait mauvais et mesquins, elle soutint la th&#232;se du cambriolage. Elle ne poss&#233;dait plus rien de ce que je lui avais confi&#233;, sauf une salle &#224; manger qui tr&#244;nait dans son salon et qu'elle n'a pu dissimuler. De m&#233;chantes langues pr&#233;tendent que ses proches ont toujours &#233;t&#233; bien habill&#233;s en ces temps de p&#233;nurie textile&#8230; On ne mesure jamais assez la perfidie des gens&#8230; Quant au commer&#231;ant, il m'a simplement trait&#233;e de folle. Jamais, au grand jamais je ne lui avais confi&#233; de bijoux ou d'argent&#8230; Le chagrin devait me troubler l'esprit&#8230; !&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Beaucoup de ceux qui nous ont cach&#233;s, h&#233;berg&#233;s, aid&#233;s, procur&#233; des papiers sont morts. Je souhaite qu'ils aient transmis aux autres les valeurs qui les animaient. Ceux dont les parents ont &#233;t&#233; collaborateurs, d&#233;nonciateurs, pourvoyeurs de fours cr&#233;matoires, n'ont pas &#224; endosser une culpabilit&#233; qui ne leur appartient pas. Mais qu'ils soient vigilants. Le discours qui avait s&#233;duit leurs parents se fait &#224; nouveau entendre. Qu'ils n'y c&#232;dent pas. Qu'ils militent au contraire pour que de telles atrocit&#233;s ne se renouvellent jamais, quelle que soit l'ethnie, la religion, la classe sociale vis&#233;e par la discrimination. Qu'ils aient un regard pour les plaques comm&#233;moratives. &#187;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;______________________&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ce t&#233;moignage &#233;crit a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233; aux Archives d&#233;partementales de la Marne en 1993. La famille Ksiazenicer habitait au 6 avenue Kellermann &#224; Sainte-M&#233;nehould. La m&#232;re, Syma Ksiazenicer a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e le 9 octobre 1942 puis envoy&#233;e vers la mort au camp de concentration d'Auschwitz.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le 27 janvier 1944, de nouvelles arrestations de juifs ont eu lieu dans l'arrondissement de Sainte-M&#233;nehould :&lt;br&gt; - Fanny Kalechmann, (23 ans) employ&#233;e &#224; Malmy comme ouvri&#232;re agricole&lt;br&gt; - Emile et Lucie Levy, r&#233;fugi&#233;s &#224; Sainte-M&#233;nehould ainsi que leurs deux filles : Andr&#233;e (25 ans) qui travaillait comme couturi&#232;re &#224; Sainte-M&#233;nehould et Marcelle (23 ans) qui &#233;tait st&#233;nodactylo chez Ma&#238;tre Bastid. (voir article paru dans le Petit Journal de Sainte-M&#233;nehould et ses voisins d'Argonne, juillet 2002).&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
Le pr&#233;fet de la Marne pouvait &#233;crire dans son rapport de f&#233;vrier 1944 : &#171; Les derni&#232;res familles juives de la Marne ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es &#187;.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:300px;'&gt; &lt;/span&gt;R&#233;cit recueilli et transmis par J.et M.C. Vigouroux&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Poilu de Menou a cent ans.</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>John Jussy</dc:creator>


		<dc:subject>1914-1918</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Poilu</dc:subject>
		<dc:subject>Sainte M&#233;nehould</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cela va bient&#244;t faire cent ans que notre brave poilu tr&#244;ne sur la place de l'h&#244;tel de ville de Sainte-M&#233;nehould. &lt;br class='autobr' /&gt; Comme dans toutes les communes (ou presque) d'Argonne et de France, un monument aux morts allait &#234;tre &#233;difi&#233; apr&#232;s la grande guerre. Mais &#224; Sainte-M&#233;nehould, le monument command&#233; au sculpteur Tarnowski n'arrivait pas et la mairie s'impatientait. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce n'est donc que le 23 juillet 1922 que fut inaugur&#233; en grande pompe le monument. Le voile fut lev&#233; &#224; 14h en pr&#233;sence de la population, la matin&#233;e (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique114" rel="directory"&gt;Revue N&#176;95&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;1914-1918&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot57" rel="tag"&gt;Guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Poilu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Sainte M&#233;nehould&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Cela va bient&#244;t faire cent ans que notre brave poilu tr&#244;ne sur la place de l'h&#244;tel de ville de Sainte-M&#233;nehould.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Comme dans toutes les communes (ou presque) d'Argonne et de France, un monument aux morts allait &#234;tre &#233;difi&#233; apr&#232;s la grande guerre. Mais &#224; Sainte-M&#233;nehould, le monument command&#233; au sculpteur Tarnowski n'arrivait pas et la mairie s'impatientait.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Ce n'est donc que le 23 juillet 1922 que fut inaugur&#233; en grande pompe le monument. Le voile fut lev&#233; &#224; 14h en pr&#233;sence de la population, la matin&#233;e ayant &#233;t&#233; consacr&#233;e &#224; la messe et au banquet donn&#233; dans les salons de l'h&#244;tel de ville.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le poilu a cependant emp&#234;ch&#233; la construction d'une fontaine. Madame Bournizet avait l&#233;gu&#233; une somme d'argent pour r&#233;aliser l'adduction d'eau et une belle fontaine devait embellir la &#171; place royale &#187;.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Depuis, le monument a perdu ses bombes et ses cha&#238;nes, mais le socle a vu malheureusement appara&#238;tre des plaques pour les guerres.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Ce monument est-il devenu g&#234;nant ? Depuis toujours, le 11 novembre, le Poilu participe malgr&#233; lui &#224; la foire de la saint Martin ; aujourd'hui il ne re&#231;oit plus de gerbes, les c&#233;r&#233;monies de l'armistice ne se d&#233;roulant plus au monument.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;En cette ann&#233;e 1922, les automobiles n'&#233;taient pas nombreuses ; aujourd'hui le poilu pourrait &#234;tre encore une g&#234;ne pour le stationnement. Faut-il le d&#233;placer ? Mais le centenaire a peut-&#234;tre un socle fragile.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_7311 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH276/poiilu_n_95-da656.jpg?1773448380' width='500' height='276' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Poilu, tu &#233;tais avec ton chien un veilleur dans la for&#234;t d'Argonne ; cent ans apr&#232;s tu veilles sur la place et tu rappelles le souvenir des pauvres soldats qui ont combattu en Argonne. Et pour que personne n'oublie, en route pour un autre si&#232;cle&#8230; &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les r&#233;compenses apr&#232;s Varennes.</title>
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		<dc:date>2022-06-26T17:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>John Jussy</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Varennes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La fuite &#224; Varennes fut un &#233;chec, la famille royale rentra &#224; Paris le 23 juin 1791, et Louis XVI, toujours roi, devait subir une humiliation de plus quand l'Assembl&#233;e d&#233;cida de r&#233;compenser ceux qui avaient particip&#233; &#224; l'arrestation de la famille royale. Comme le dit Andr&#233; Castelot dans son livre &#171; Le rendez-vous de Varennes &#187;, une atroce ironie se d&#233;gage de ce d&#233;cret royal du 18 ao&#251;t 1791. &lt;br class='autobr' /&gt; Il fallait donc r&#233;compenser, d&#233;dommager tous les acteurs de cette fuite &#224; Varennes. Deux millions de livres avaient (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique114" rel="directory"&gt;Revue N&#176;95&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;Varennes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La fuite &#224; Varennes fut un &#233;chec, la famille royale rentra &#224; Paris le 23 juin 1791,&lt;span class='spip_document_7312 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L350xH265/recompenses_n95_ph1-9ee59.jpg?1773424783' width='350' height='265' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; et Louis XVI, toujours roi, devait subir une humiliation de plus quand l'Assembl&#233;e d&#233;cida de r&#233;compenser ceux qui avaient particip&#233; &#224; l'arrestation de la famille royale. Comme le dit Andr&#233; Castelot dans son livre &#171; Le rendez-vous de Varennes &#187;, une atroce ironie se d&#233;gage de ce d&#233;cret royal du 18 ao&#251;t 1791.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Il fallait donc r&#233;compenser, d&#233;dommager tous les acteurs de cette fuite &#224; Varennes. Deux millions de livres avaient &#233;t&#233; pr&#233;vus pour cela.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le &#171; Journal g&#233;n&#233;ral de l'abb&#233; Fontenai &#187; du 20 ao&#251;t nous donne la liste compl&#232;te. Si des noms sont connus, d'autres n'ont pas &#233;t&#233; mentionn&#233;s dans les livres des historiens. Reste &#224; chaque lecteur de se faire une id&#233;e.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;b&gt;D&#233;cret royal :&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;b&gt;4&lt;/b&gt; &lt;i&gt;- Qu'il sera pay&#233; sur les deux millions destin&#233;s &#224; r&#233;compenser des services rendus aux citoyens ci-apr&#232;s d&#233;nomm&#233;s, les sommes qui vont &#234;tre d&#233;termin&#233;es :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;- Savoir au sieur Drouet, ma&#238;tre de poste &#224; Sainte-M&#233;nehould, 30 000 livres &lt;/i&gt;(C'est lui qui touchera la plus grosse somme)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;- Au sieur Sauce, procureur de la commune de Varennes, 20 000 livres.&lt;/i&gt; (C'est chez M. Sauce, &#233;picier et procureur, que la famille royale a pass&#233; la nuit &#224; Varennes)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;- Au sieur Bayon[1), commandant de bataillon de la garde parisienne, 20 000 livres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;- Au sieur Guilhaume, commis de district de Sainte-M&#233;nehould, 10 000 livres.&lt;/i&gt; (On remarquera l'orthographe du nom de Guillaume)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;- Au sieur Leblan a&#238;n&#233;, aubergiste &#224; Varennes ; Paul Leblan, orf&#232;vre ; Th&#233;venin ; Devilette, greffier du juge de paix ; Justin Georges, capitaine de grenadiers ; Coquillard, orf&#232;vre ; Ponsin(2), Garde National ; Roland, major de la Garde Nationale ; Etienne de Cheppy ; Mangin, chirurgien de Varennes ; Bedu, major ; Carr&#233;, colonel de la Garde Nationale de Clermont ; F&#233;naux(3), ancien fourier au r&#233;giment du Limousin et Garde Nationale de Sainte-M&#233;nehould ; &#224; chacun la somme de 6 000 livres, qu'il sera pay&#233; par le tr&#233;sor public sur les deux millions.&lt;/i&gt; (Garde Nationale est &#233;crit avec des majuscules ; la Garde Nationale &#233;tait une milice citoyenne fran&#231;aise. Au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, il y avait dans la ville encore 481 gardes nationaux)&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;- Aux sieurs Regnier de Montblainville, Dehou, Drouet de Montfaucon ; Marie Barthe, gendarme &#224; Varennes ; Peuch&#232;s, ancien Fourier du r&#233;giment de Belzance, garde national &#224; Varennes, et Le Pointe(4), gendarme &#224; Sainte-M&#233;nehould, &#224; chacun la somme de 3 000 livres.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
5- Que le sieur Veyrat(4), marchand &#224; Sainte-M&#233;nehould, recevra ainsi que le sieur Legay(4), officier de la Garde Nationale de la m&#234;me ville, une somme de 12 000 livres.&lt;br&gt;
6- Que la veuve Collet(4) de Villers-en-Argonne recevra la somme de 3 000 livres ; le sieur La Baude, fr&#232;re du sieur La Baude, assassin&#233;, la somme de 2 000 livres.&lt;br&gt;
7- Au sieur Laniau(5), gendarme &#224; Clermont, 600 livres.&lt;br&gt;
8- Au sieur Pierson, gendarme surnum&#233;raire, 400 livres.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#192; la lecture de cette liste de noms, on se demande pourquoi le maire de la ville n'a pas re&#231;u d'argent. Et pourtant, c'est bien la municipalit&#233; qui avait d&#233;cid&#233; d'envoyer deux cavaliers &#224; la poursuite des voitures. On sait aussi que si Drouet a &#233;t&#233; recherch&#233; pour r&#233;gicide, le maire et ses conseillers n'ont jamais &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233;s. Notons que Drouet, &#224; l'assembl&#233;e, a vot&#233; la mort de Louis XVI et que le maire Dupin de Dommartin &#233;tait, contrairement &#224; ce que l'on pourrait croire, un royaliste.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mais les officiers municipaux recevront&#8230; une lettre pour leur dire merci.&lt;br&gt;
&lt;br&gt; &lt;i&gt;- Enfin, que le pr&#233;sident sera charg&#233; d'&#233;crire une lettre particuli&#232;re de satisfaction, au&lt;span class='spip_document_7313 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L250xH259/recompenses_n95_ph2-e6c3c.jpg?1773424783' width='250' height='259' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; directoire du district de Clermont et aux officiers municipaux de cette ville, ainsi qu'&#224; ceux de Sainte-M&#233;nehould.&lt;/i&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mais les r&#233;compenses n'&#233;taient pas que des sommes d'argent :&lt;br&gt; &lt;i&gt;- Qu'il sera donn&#233; au nom de la nation, &#224; la commune de Varennes, deux pi&#232;ces de canon et un drapeau aux trois couleurs portant cette inscription :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#171; La patrie reconnaissante &#224; la ville de Varennes &#187;, un fusil et sabre &#224; chacun des Gardes Nationaux de cette ville.&lt;br&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'il sera donn&#233; &#233;galement une pi&#232;ce de canon &#224; la ville de Clermont, et 100 fusils pour &#234;tre attribu&#233;s aux Gardes Nationales du district ; 500 fusils et une pi&#232;ce de canon &#224; la ville et aux Gardes Nationales du district de Sainte-M&#233;nehould.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Sainte-M&#233;nehould avait donc h&#233;rit&#233; d'un canon.&lt;br&gt;
&lt;b&gt;&lt;i&gt;Notes :&lt;/i&gt;&lt;/b&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
(1) - Bayon : nom retrouv&#233; dans &#171; Louis XVI &#187; de J.C. Petitfils. Le capitaine Bayon arriva &#224; Varennes &#224; 5h &#189;, porteur d'un ordre de La Fayette. Il aurait donn&#233; le mot &#171; &#192; Paris &#187;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;b&gt;&lt;i&gt;Quelques noms retrouv&#233;s dans le livre &#171; Le rendez-vous de Varennes &#187; d'Andr&#233; Castelot&lt;/i&gt;.&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
(2) &#8211; Justin, Ponsin, Coquillard et les fr&#232;res Leblan &#233;taient des gardes nationaux. Ils accompagnaient le procureur Sauce quand celui-ci a arr&#234;t&#233; la voiture o&#249; se trouvait la famille royale.&lt;br&gt;
&lt;b&gt;&lt;i&gt;Quelques noms retrouv&#233;s dans le livre de Brouillon (d&#233;but XXe si&#232;cle)&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
(3) &#8211; Fenaux. Le garde national Fenaux avait, &#224; lui seul, au niveau du pont de pierre, emp&#234;ch&#233; six dragons de rejoindre leurs camarades.&lt;br&gt;
(4) &#8211; Legay, Lepointe, Collet, Veyrat. Une m&#233;prise, une fusillade, des livres&#8230;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Drouet et Guillaume &#233;taient partis vers 9 h du soir &#224; la poursuite des voitures. Vers 10 h, l'inqui&#233;tude se r&#233;pandit dans la population : fallait-il laisser partir seuls les deux hommes dans une entreprise aussi p&#233;rilleuse ? On d&#233;cida d'envoyer trois personnes &#224; leur secours. Legay, ancien contr&#244;leur du grenier &#224; sel, Lepointe et Collet (de Villers), deux gendarmes.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Et voil&#224; nos trois cavaliers qui s'&#233;lancent. Mais &#224; la sortie de la ville, pr&#232;s du pont Rouge, un escadron de gardes nationaux montait la garde, et personne ne les avait pr&#233;venus.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Dans l'obscurit&#233;, croyant que les cavaliers &#233;taient des dragons en fuite, les gardes nationaux, tout en criant &#171; on est trahi &#187; firent feu : Collet fut mortellement bless&#233;, Legay eut deux doigts arrach&#233;s et Lepointe, plus chanceux eut deux trous&#8230; dans son chapeau. Et dans l'affolement, Veyrat, un des gardes en poste, re&#231;ut une balle et eut la jambe cass&#233;e.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Indemnit&#233;s : Collet, mort, 3 000 livres pour sa veuve.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:150px;'&gt; &lt;/span&gt;Legay, deux doigts arrach&#233;s, 12 000 livres.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:150px;'&gt; &lt;/span&gt;Veyrat, jambe cass&#233;e, 12 000 livres.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:150px;'&gt; &lt;/span&gt;Lepointe, chapeau trou&#233;, 3 000 livres.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:150px;'&gt; &lt;/span&gt;Pour la veuve Collet, l'indemnit&#233; fut bien maigre : 3 000 livres, la m&#234;me somme que pour un chapeau trou&#233; ! La fuite &#224; Varennes fit donc plusieurs morts : Collet et La Baude, assassin&#233;. Mais qui &#233;tait cet homme ?&lt;br&gt;
(5) &#8211; Le gendarme Leniau avait &#233;t&#233; envoy&#233; par le directoire du district &#224; Varennes pour&#8230;. Mais Drouet &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224; ! Il avait aussi un compagnon : Jean Bertrand.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Autres indemnit&#233;s :&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mercredi 22 juin, midi : la famille royale entre &#224; l'H&#244;tel de ville de Sainte-M&#233;nehould. On leur sert un repas, du vin, quelques cerises. L'indemnit&#233; sera de 73 livres.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Les &#171; informateurs oubli&#233;s &#187;&lt;/b&gt; :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Deux acteurs du drame de Varennes, pourtant personnages importants, ne semblent pas &#234;tre dans la liste des r&#233;compens&#233;s : Farcy &#224; Sainte-M&#233;nehould et Destrez &#224; Varennes.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#192; Sainte-M&#233;nehould, Drouet n'a que des soup&#231;ons, le peuple a des doutes. Jean-Charles-Edme Farcy, officier municipal, quitte le conseil et va demander &#224; Drouet ce qu'il a vu. Farcy, qui a vu le roi &#224; Versailles fait le rapprochement avec la description faite par le ma&#238;tre de poste. Les doutes sont alors lev&#233;s&#8230;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Farcy deviendra maire fin 1791, quand Dupin de Dommartin aura d&#233;missionn&#233;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#192; Varennes, la famille royale se trouve dans la &lt;span class='spip_document_7314 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L290xH482/recompenses_n95_ph3-f30f9.jpg?1773424783' width='290' height='482' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;maison du procureur Sauce, toujours presque incognito. Andr&#233; Castelot raconte : &lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Sauce, qui s'&#233;tait absent&#233;, surgit par le petit escalier. Il est suivi d'un homme qu'il est all&#233; chercher. C'est le juge Destrez, mari de la fille d'un officier de la Bouche de la reine et connaissant fort bien Louis XVI. Il s'avan&#231;a vers le roi et dit : &#187;Bonjour sire&#034;.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Louis XVI ne put que r&#233;pondre : &#171; Oui, je suis votre roi &#187;. Le voyage &#233;tait fini.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Le bon mot :&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le g&#233;n&#233;ral La Fayette, haranguait la foule et d&#233;clarait :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Mes enfants, la liste civile de Louis XVI &#233;tait de 25 millions. Tous les Fran&#231;ais h&#233;ritent aujourd'hui d'une livre de rente &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;En 1789, la France comptait 27 800 000 habitants. La Fayette ne comptait-il pas les enfants ?&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La femme du procureur Sauce aurait dit : &lt;i&gt;&#171; Quand on a une pension de 25 millions de livres, on la garde&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:200px;'&gt; &lt;/span&gt;John Jussy&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/les-recompenses-apres-varennes_a1450-2.pdf" length="208888" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dupin de Dommartin, le maire royaliste qui fit arr&#234;ter Louis XVI. </title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1451</link>
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		<dc:date>2022-06-25T17:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Francart</dc:creator>


		<dc:subject>Varennes</dc:subject>
		<dc:subject>Louis XVI</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la partie derri&#232;re l'&#233;glise du cimeti&#232;re du Ch&#226;teau &#224; Sainte-M&#233;nehould, au milieu d'un fatras de vieilles s&#233;pultures, dont celles de g&#233;n&#233;raux de Napol&#233;on, se trouve la tombe de Dupin de Dommartin, dit comme le premier maire de la cit&#233;, qui &#233;tait en fonction le 23 juin 1791. Dupin rencontrera son roi pour la premi&#232;re fois, mais&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt; Louis Auguste Marie Dupin de Dommartin, &#233;tait n&#233; dans une famille noble en 1740. Sa famille avait pour armes : &#171; De sable &#224; la besace d'or, &#224; l'orbe de six roses sur mesme &#187;. (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique114" rel="directory"&gt;Revue N&#176;95&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;Varennes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Louis XVI&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Dans la partie derri&#232;re l'&#233;glise du cimeti&#232;re du Ch&#226;teau &#224; Sainte-M&#233;nehould, au milieu d'un fatras de vieilles s&#233;pultures, dont celles de g&#233;n&#233;raux de Napol&#233;on, se trouve la tombe de Dupin de Dommartin, dit comme le premier maire de la cit&#233;, qui &#233;tait en fonction le 23 juin 1791. Dupin rencontrera son roi pour la premi&#232;re fois, mais&#8230;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_7315 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L320xH186/dupin_n95_ph1-a9018.jpg?1773422487' width='320' height='186' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Louis Auguste Marie Dupin de Dommartin, &#233;tait n&#233; dans une famille noble en 1740. Sa famille avait pour armes : &lt;i&gt;&#171; De sable &#224; la besace d'or, &#224; l'orbe de six roses sur mesme &#187;&lt;/i&gt;. Il &#233;tait ma&#238;tre particulier des eaux et for&#234;ts.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;C'est lui qui &#233;tait maire quand, en 1791, la famille royale en fuite passe &#224; Sainte-M&#233;nehould.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Vers 20h ce 20 juin, deux berlines s'arr&#234;t&#232;rent au relais de poste du sieur Drouet. La rumeur d'un roi qui s'enfuyait courait d&#233;j&#224; mais les voitures repartirent. On envoya Farcy demander au ma&#238;tre de poste ce qu'il avait vu car cet officier municipal connaissait le roi. Au conseil municipal on prit la d&#233;cision : il fallait rattraper les fuyards et pour cela, deux volontaires : Drouet et Guillaume. C'est donc sous la responsabilit&#233; de Dupin de Dommartin que le conseil municipal a pris la d&#233;cision.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;On peut alors consid&#233;rer qu'ayant donn&#233; l'ordre de la poursuite, Dupin est un des principaux artisans de l'arrestation du roi. Malheureusement il ne sera pas r&#233;compens&#233;, comme Drouet et Guillaume par une somme d'argent.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le mercredi 22 juin, Dupin de Dommartin accueillit le roi. Vers 13h 30, les voitures revenant de Varennes s'arr&#234;t&#232;rent pr&#232;s du Pont rouge, alors simple pont de bois. Avec Deli&#232;ge, premier officier municipal, le maire &#171; f&#233;licita &#187; le roi de son retour et, comme l'a &#233;crit Brouillon (page 141), &lt;i&gt;&#171; exposa au roi les alarmes qu'il venait de causer &#224; l'empire par une absence sollicit&#233;e par des conseillers indignes de son estime comme celle de la nation et que condamnait son propre c&#339;ur &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Louis Brouillon a reproduit dans son livre une lettre (en fran&#231;ais d'&#233;poque) (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.. En quelque sorte, Dupin trouvait des excuses au roi, un souverain qui aurait r&#233;pondu : &#171; &lt;i&gt;Jamais je n'ai eu l'intention de quitter mon royaume &#187;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;/i&gt;. Des paroles qui devaient bien r&#233;conforter Dupin. On en &#233;tait presque comme l'ont &#233;crit des historiens, &#224; la th&#232;se du &#171; complot &#187;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Quant &#224; Louis XVI, que devait-il vraiment penser ? Comme l'a &#233;crit Brouillon, &lt;i&gt;&#171; il devait subir deux harangues&lt;/i&gt; &#187;, le roi subissait&#8230; sans prendre de d&#233;cision, comme &#224; Varennes ! Puis la famille royale se rendit &#224; l'h&#244;tel de ville entre une haie de gardes nationaux, on dit presque 15 000, qui criaient &#171; Vive la nation &#187;. On servit &#224; la famille royale un l&#233;ger repas, un peu de soupe, quelques g&#226;teaux, des cerises.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mais les bourgeois &#233;taient-ils hostiles au roi ? Buirette a &#233;crit (page 551, &#233;dition originale) : &lt;i&gt;&#171; La famille royale fut servie par les officiers municipaux et des bourgeois notables qui se tinrent toujours respectueusement derri&#232;re elle &#187;&lt;/i&gt;. Et comme les fugitifs &#233;taient extr&#234;mement fatigu&#233;s, ayant, il est vrai, pass&#233; deux nuits sans dormir, on leur offrit de pr&#233;parer des lits et de ne repartir que le lendemain matin.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mais la foule, de peur de voir arriver Bouill&#233; et ses troupes, cria &#171; en voiture ! &#187;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Vers 15h, les fugitifs partirent &#224; Ch&#226;lons sous bonne escorte : Dupin de Dommartin n'a certainement jamais revu &#171; son roi &#187;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;b&gt;Premier maire.&lt;/b&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Il y eut des maires avant Dupin de Dommartin, mais on peut le consid&#233;rer, avec l'apparition des d&#233;partements, comme le premier &#171; maire moderne &#187;. Son nom figure d'ailleurs en premier sur la plaque des maires visible dans l'escalier de la mairie.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Dupin a &#233;t&#233; maire &#224; peine deux ans. Un historien a dit qu'il n'&#233;tait pas en phase avec la r&#233;volution.&lt;span class='spip_document_7316 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L350xH223/dupin_n95_ph2-af270.jpg?1773422487' width='350' height='223' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; On sait aussi que, dans les mois qui ont suivi, la population &#233;tait un peu hostile &#224; Drouet et &#224; Guillaume. On avait peur, peur de repr&#233;sailles, peur des ennemis qui envahiraient la France et se vengeraient. Heureusement, la bataille de Valmy fut une victoire.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Dupin de Dommartin d&#233;missionnera fin 1791 et son successeur pour 3 ans sera Jean-Charles Edme Farcy, celui qui avait dit : &lt;i&gt;&#171; Oui, c'est bien le roi &#187;.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La tombe, bien d&#233;laiss&#233;e avait &#233;t&#233; restaur&#233;e en 1999 &#224; la demande de notre association par la soci&#233;t&#233; Flori-St&#232;le. Fran&#231;ois Duboisy avait consacr&#233; &#224; cette tombe un petit article dans le num&#233;ro 5 de notre revue, page 21 et &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; Voil&#224; le premier maire de la cit&#233; qui retrouve une seconde jeunesse &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:450px;'&gt; &lt;/span&gt;Christine Francart&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Louis Brouillon a reproduit dans son livre une lettre (en fran&#231;ais d'&#233;poque) de la municipalit&#233; adress&#233;e au pr&#233;sident de l'assembl&#233;e nationale :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s que M. Dupin, maire, et M. Deli&#232;ge, 1er officier municipal auroient e&#251; adress&#233; au Roy dont la voiture &#233;toit arr&#234;t&#233;e &#224; la Porte des Bois, un compliment de f&#233;licitations sur le retour de S.M. et un discours sur les alarmes qu'elle venoit de causer &#224; l'empire par une absence sollicit&#233;e par des conseillers indignes de son estime comme celle de la nation et que condamnoit son propre c&#339;ur, le carrosse de L.L.M.M. auroit &#233;t&#233; conduit &#224; l'h&#244;tel de ville&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les fortifications de Menou en 1887.</title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1452</link>
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		<dc:date>2022-06-24T17:08:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Vuillaume, John Jussy</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Sainte M&#233;nehould</dc:subject>
		<dc:subject>Fortifications</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Retrouv&#233; par notre secr&#233;taire, Jean Pierre Wuillaume, un article du journal 'L'illustration&#171; de mars 1887, intitul&#233; &#187;Les fortifications de Sainte-M&#233;nehould en d&#233;molition&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt; La plus grosse erreur, c'est de donner le nom de &#171; Ch&#226;teau-sur-Seine &#187; &#224; la ville. Il aurait fallu &#233;crire &#171; Ch&#226;teau-sur-Aisne &#187;, nom cependant contest&#233; par certains historiens. &lt;br class='autobr' /&gt; Deuxi&#232;me erreur : il est &#233;crit &#171; lors de la bataille de Valmy, la ville fut occup&#233;e par les Prussiens &#187;. Les arm&#233;es ennemies venant de Verdun ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es &#224; la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique114" rel="directory"&gt;Revue N&#176;95&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot81" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Sainte M&#233;nehould&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Fortifications&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Retrouv&#233; par notre secr&#233;taire, Jean Pierre Wuillaume, un article du journal 'L'illustration&#171; de mars 1887, intitul&#233; &#187;Les fortifications de Sainte-M&#233;nehould en d&#233;molition&#034;&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_7317 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L275xH474/fortifications_n95_ph1-15a0a.jpg?1773432032' width='275' height='474' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La plus grosse erreur, c'est de donner le nom de &lt;i&gt;&#171; Ch&#226;teau-sur-Seine &#187; &lt;/i&gt;&#224; la ville. Il aurait fallu &#233;crire &lt;i&gt;&#171; Ch&#226;teau-sur-Aisne &#187;&lt;/i&gt;, nom cependant contest&#233; par certains historiens.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Deuxi&#232;me erreur : il est &#233;crit &#171; &lt;i&gt;lors de la bataille de Valmy, la ville fut occup&#233;e par les Prussiens &#187;&lt;/i&gt;. Les arm&#233;es ennemies venant de Verdun ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es &#224; la C&#244;te de Biesme, position alors facile &#224; d&#233;fendre. Puis les ennemis sont pass&#233;s au nord par le d&#233;fil&#233; de Grandpr&#233; avant d'affronter les Fran&#231;ais &#224; Valmy. Jamais Sainte-M&#233;nehould ne fut occup&#233;e. Dumouriez y avait son quartier g&#233;n&#233;ral, m&#234;me si certains situent ce QG au ch&#226;teau de Braux-Sainte-Cohi&#232;re.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Troisi&#232;me erreur : &lt;i&gt;&#171; Ces remparts furent construits vers l'an 500 pour d&#233;fendre les habitants&#8230; contre les hordes d'Attila &#187;&lt;/i&gt;. La bataille des Champs catalauniques eut lieu en 451 et Attila mourut en 453&#8230; Le ch&#226;teau d'origine, &#171; &lt;i&gt;sans doute fortifi&#233; par l'art de la nature &#187;&lt;/i&gt; (Buirette page 35), fut reconstruit sur les ordres de Drogon, duc de Champagne, au VIIe si&#232;cle.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Pas facile d'&#233;crire sans faire d'erreurs ; mais il y a ceux qui n'&#233;crivent pas qui ne se trompent jamais.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;L'auteur parle aussi d'un temple d'Isis sur le rocher. Des historiens disent que ce temple &#233;tait d&#233;di&#233; &#224; Isis ou &#224; Diane, avec une pr&#233;f&#233;rence pour Diane, d&#233;esse de la chasse, vu les for&#234;ts qui entouraient la cit&#233;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les remparts ? En cette fin du XIXe si&#232;cle, cela fait bien longtemps que les fortifications n'existaient plus dans leur ensemble : le dernier &#233;l&#233;ment qui attendait sa destruction fut la porte &#224; mi-c&#244;te, une porte &#224; l'emplacement des actuels escaliers, qui permettait d'acc&#233;der &#224; la ville haute. C'est le terrible incendie de 1719 qui fut le d&#233;part de la disparition de ces remparts.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le dernier si&#232;ge de la ville eut lieu en 1653 : les troupes de Louis XIV voulaient reprendre la cit&#233; au prince de Cond&#233;, le frondeur, qui avait assi&#233;g&#233; et pris la ville l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_7318 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH657/fortifications_n95_ph2-d281a.jpg?1773432032' width='500' height='657' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;b&gt;Les deux dessins repr&#233;sentent ce bras de l'Aisne qui longe la &#171; rue des remparts &#187;.&lt;br&gt;
La passerelle permet d'acc&#233;der &#224; cette b&#226;tisse nomm&#233;e &#171; la Folie &#187;. L'&#233;glise Saint-Charles &#233;tait en construction, les travaux ayant commenc&#233; en septembre 1879.&lt;/b&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span style='margin-left:300px;'&gt; &lt;/span&gt;J.P. Vuillaume, John Jussy&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/les-fortifications-de-menou-en-1887_a1452-2.pdf" length="8851" type="application/pdf" />
		
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	</item>
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		<title>Le Grand Cond&#233; &#224; Sainte-M&#233;nehould.</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>John Jussy</dc:creator>


		<dc:subject>Sainte M&#233;nehould</dc:subject>
		<dc:subject>Le Grand Cond&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On a vu &#224; la t&#233;l&#233;vision r&#233;cemment un &#233;pisode des &#171; Secrets d'histoire &#187; qui parlait du Grand Cond&#233;, le prince frondeur qui fut en r&#233;volte contre Louis XIV. Mais les Argonnais attendaient de voir celui-ci au si&#232;ge de Sainte-M&#233;nehould, face &#224; des bourgeois d&#233;cid&#233;s &#224; d&#233;fendre leur cit&#233; co&#251;te que co&#251;te. Une guerre comme les autres. &lt;br class='autobr' /&gt; Louis II de Bourbon, dit &#171; Le Grand Cond&#233; &#187;, apr&#232;s avoir servi le roi et sauv&#233; la France &#224; la bataille de Rocroi, m&#232;ne la r&#233;volte dite &#171; la Fronde des Princes &#187;. Il &#233;tait en d&#233;saccord (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique114" rel="directory"&gt;Revue N&#176;95&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot138" rel="tag"&gt;Sainte M&#233;nehould&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot145" rel="tag"&gt;Le Grand Cond&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;On a vu &#224; la t&#233;l&#233;vision r&#233;cemment un &#233;pisode des &#171; Secrets d'histoire &#187; qui parlait du Grand Cond&#233;, le prince frondeur qui fut en r&#233;volte contre Louis XIV. Mais les Argonnais attendaient de voir celui-ci au si&#232;ge de Sainte-M&#233;nehould, face &#224; des bourgeois d&#233;cid&#233;s &#224; d&#233;fendre leur cit&#233; co&#251;te que co&#251;te. Une guerre comme les autres.&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Louis II de Bourbon, dit &#171; Le Grand Cond&#233; &#187;, apr&#232;s avoir servi le roi et sauv&#233; la France &#224; la bataille de Rocroi, m&#232;ne la r&#233;volte dite &#171; la Fronde des Princes &#187;. Il &#233;tait en d&#233;saccord avec Mazarin.&lt;span class='spip_document_7320 spip_documents spip_documents_right' style='float:right;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L220xH268/conde_n95__ph1-6a6bd.jpg?1773422681' width='220' height='268' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;1652 : Apr&#232;s bien des p&#233;rip&#233;ties, le jeune Louis XIV rentre &#224; Paris. Le Grand Cond&#233; perd en avril le bataille de Bl&#233;neau (Yonne), celle d'Estampes et le 13 octobre 1652, il quitte la capitale. Cond&#233; &lt;i&gt;rejoint&lt;/i&gt; les arm&#233;es espagnoles et s'empare de Rocroi, Mouzon, Rethel et veut prendre Sainte-M&#233;nehould, la forteresse fronti&#232;re. Il a 24 ans.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;30 octobre 1652 : 8 heures du matin, une arm&#233;e se pr&#233;sente devant la ville. Elle est command&#233;e par Le Grand Cond&#233; en personne qui somme les habitants de se rendre. Les bourgeois, second&#233;s par un r&#233;giment d'Irlandais, refusent.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;1er novembre : deuxi&#232;me sommation, deuxi&#232;me refus. On br&#251;le les faubourgs pour emp&#234;cher les assaillants de se prot&#233;ger. L'arm&#233;e d'investissement, forte de 15 000 hommes, est compos&#233;e d'Espagnols (Cond&#233; &#233;tait au service de l'Espagne), de Lorrains, d'Allemands et de Fran&#231;ais.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;5 novembre : les assi&#233;geants s'emparent du moulin des pr&#233;s.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;12 novembre : Cond&#233; veut donner l'assaut. Si la ville ne se rend pas, Cond&#233; promet de tout d&#233;truire et d'autoriser les soldats &#224; tuer et &#224; violer pendant 12 heures.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Une br&#232;che est ouverte au bastion rue Sainte-Catherine, mais les bourgeois r&#233;sistent. Le Grand Cond&#233; est furieux. Louis Brouillon raconte (page 88 de l'&#233;dition originale) :&lt;i&gt; &#171; Le prince, qui &#233;cumait de col&#232;re, frappait ses soldats &#224; coups de canne &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;13 novembre : la ville se rend.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le prince de Cond&#233; confia le commandement de la ville &#224; Montal(1)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='charles de Montsaulain, duc de Montal, fut gouverneur de la ville pendant 1 (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais l'ann&#233;e suivante, les arm&#233;es royales reprirent la ville. Louis XIV participait &#224; Sainte-M&#233;nehould &#224; sa premi&#232;re bataille. Les si&#232;ges de la forteresse ont &#233;t&#233; d'ailleurs les derniers conflits de la Fronde.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;La suite, l'&#233;mission l'a bien montr&#233; : Cond&#233; est parti en exil (le 12 novembre 1652, le prince &#233;tait d&#233;chu de ses dignit&#233;s). Il servit l'Espagne pendant 5 ans, se battit m&#234;me contre les troupes royales men&#233;es par Turenne, avant de resservir la France. Le roi pardonna et suite au trait&#233; des Pyr&#233;n&#233;es de 1659, le prince retrouva son rang et ses biens.&lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Bilan des deux si&#232;ges de la ville : des combats, des morts, des bless&#233;s, 40 morts chez les bourgeois de Menou, une quarantaine d'Irlandais tu&#233;s et chez les troupes de Cond&#233;, 1500 hommes, mais des d&#233;c&#232;s dus surtout &#224; la maladie. La forteresse endommag&#233;e, des villages d&#233;truits et comme dans toutes les guerres, des bourgeois qui quittent pr&#233;cipitamment la ville. Tout cela pour rien&#8230; Moins de 30 ans apr&#232;s, le prince de Cond&#233; invitait Louis XIV dans son ch&#226;teau de Chantilly.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les habitants ont cependant pu se consoler : ils ont eu &#171; les honneurs de la guerre &#187;. Et le Grand Cond&#233;, quand il mourut en 1886, l&#233;gua une somme de 10 000 livres &#224; l'H&#244;tel-Dieu de Sainte-M&#233;nehould. C'&#233;tait 24 ans apr&#232;s, presque une g&#233;n&#233;ration.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;A noter que dans cette guerre de Fran&#231;ais contre Fran&#231;ais, il y avait dans le r&#233;giment de Cond&#233; le jeune S&#233;bastien Le Pr&#234;stre, un valeureux et intr&#233;pide soldat qui, apr&#232;s &#234;tre pass&#233; dans le camp ennemi, deviendra&#8230; Vauban.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_7321 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH294/conde__n95_ph2-e007c.jpg?1773448380' width='500' height='294' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:450px;'&gt; &lt;/span&gt;John Jussy&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;charles de Montsaulain, duc de Montal, fut gouverneur de la ville pendant 1 an. La garnison fit preuve de brutalit&#233;s, Montal ravagea, sous pr&#233;texte de chercher des vivres, tous les alentours. Brouillon a &#233;cit : &lt;i&gt;&#171; Les habitants regrett&#232;rent de ne pas &#234;tre ensevelis sous les ruines de la ville plut&#244;t que de capituler. &#187;&lt;/i&gt; L'abbaye de Moiremont fut incendi&#233;e le 5 d&#233;cembre 1652. Apr&#232;s le trait&#233; de Paix, Louis XIV employa Montal dans ses arm&#233;es. Que devaient en penser les paysans qui avaient tout perdu pendant cette guerre ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un gamin victime de la guerre.</title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1455</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>John Jussy</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Le Grand Cond&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les bourgeois fid&#232;les au roi, d&#233;fendaient la ville de Sainte-M&#233;nehould assi&#233;g&#233;e par les troupes du Prince de Cond&#233;. Buirette raconte : &#171; Leur amour pour le roi leur sugg&#233;ra des moyens de se d&#233;fendre. Il n'est rien qu'ils aient imagin&#233; pour emp&#234;cher l'ennemi d'approcher &#187;. Mais que faire face &#224; une arm&#233;e de 15 000 hommes ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, le bourgeois Du Thillois revenait de chez lui pour manger entre deux attaques. Il rencontra son voisin, le jeune Talor, qui lui demanda de retourner avec lui aux remparts. (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot81" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot145" rel="tag"&gt;Le Grand Cond&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_7323 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L430xH600/gamin_n95-58561.jpg?1773435536' width='430' height='600' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les bourgeois fid&#232;les au roi, d&#233;fendaient la ville de Sainte-M&#233;nehould assi&#233;g&#233;e par les troupes du Prince de Cond&#233;.&lt;br&gt; &lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Buirette raconte :&lt;i&gt; &#171; Leur amour pour le roi leur sugg&#233;ra des moyens de se d&#233;fendre. Il n'est rien qu'ils aient imagin&#233; pour emp&#234;cher l'ennemi d'approcher &#187;&lt;/i&gt;. Mais que faire face &#224; une arm&#233;e de 15 000 hommes ?&lt;br&gt;
Un jour, le bourgeois Du Thillois revenait de chez lui pour manger entre deux attaques. Il rencontra son voisin, le jeune Talor, qui lui demanda de retourner avec lui aux remparts.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Talor &#233;tait le fils unique d'une veuve bien connue dans la cit&#233;. Il &#233;tait trop jeune pour porter les armes &lt;i&gt;&#171; deux ans de moins que son deuxi&#232;me lustre &#187;&lt;/i&gt;. C'est pour cela qu'il n'&#233;tait pas encore rentr&#233; dans la compagnie de la jeunesse.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;- &lt;i&gt;&#171; Je ne t'emm&#232;nerai pas aux remparts sans le consentement de ta m&#232;re &#187;&lt;/i&gt; dit fermement Du Thillois.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; - Bon, r&#233;pondit la m&#232;re devant l'insistance de son fils, j'accepte mais &#224; condition qu'&#224; la moindre alerte mon enfant revienne aussit&#244;t.&lt;/i&gt; &#187;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Talor partit, la pique &#224; la main, comme un jeune trop fier de devenir un instant adulte. &#192; peine arriv&#233; sur les remparts, il se pencha par curiosit&#233; au cr&#233;neau pour voir la disposition des ennemis.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mais &#224; cet instant, on entendit une d&#233;tonation, puis des tirs de canon, des tirs de mousquets&#8230; Une balle vint frapper le jeune homme &#224; la t&#234;te. Du Thillois ne put que voir expirer dans ses bras son jeune compagnon.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Buirette &#224; &#233;crit :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous essaierons encore moins de peindre le d&#233;sespoir de la m&#232;re lorsqu'elle apprit la mort de son fils unique. Sa douleur se sent mieux qu'elle ne peut se raconter &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Tous les habitants assist&#232;rent aux fun&#233;railles du jeune homme qui, en cette p&#233;riode de guerre, ne furent pas faciles. Le corps de Talor fut d&#233;pos&#233; dans une chapelle de l'&#233;glise du Ch&#226;teau et une plaque de cuivre portait cette inscription :&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;&#034;Ci-g&#238;t Jean Talor qui, &#226;g&#233; de treize ans, fut tu&#233; d'un coup de mousquet au si&#232;ge de Sainte-M&#233;nehould au mois de novembre 1652.&lt;br&gt;
Priez Dieu pour son &#226;me.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Il faut esp&#233;rer que cette dame n'ait jamais appris qu'un jour le Grand Cond&#233; et Louis XIV se sont r&#233;concili&#233;s. En avril 1671, le roi et le prince festoyaient ensemble au ch&#226;teau de Chantilly&#8230; 19 ans apr&#232;s la mort du jeune Talor.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les 10 000 livres l&#233;gu&#233;s par Cond&#233; &#224; la ville rach&#232;tent-ils la mort d'un enfant ?&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:450px;'&gt; &lt;/span&gt;John Jussy&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;b&gt;&lt;i&gt;(Buirette, &#034;Histoire de la ville de Sainte-M&#233;nehould 1937 ; page 305 version originale)&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/un-gamin-victime-de-la-guerre_a1455-2.pdf" length="6107" type="application/pdf" />
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Retour sur les &#171; gabelous &#187;.</title>
		<link>http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article1456</link>
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		<dc:date>2022-06-21T17:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicole G&#233;rardot</dc:creator>


		<dc:subject>Gabelous</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la revue n&#176;91, j'avais &#233;crit un article sur ces douaniers qui poursuivaient les contrebandiers faisant le trafic du sel, denr&#233;e ch&#232;re &#224; l'&#233;poque et de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; En feuilletant le livre d'Alcide Leriche, paru en 1974, &#171; Argonne terre &#233;trange &#187; voil&#224; que je d&#233;couvre un chapitre intitul&#233; : &#171; Lorsque Mautfaucon servait de rep&#232;re aux faux saulniers en 1706 &#187;. De quoi attiser ma curiosit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Montfaucon est un village meusien situ&#233; &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres de Sainte-M&#233;nehould. &lt;br class='autobr' /&gt; Avec les villages (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot146" rel="tag"&gt;Gabelous&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Dans la revue n&#176;91, j'avais &#233;crit un article sur ces douaniers qui poursuivaient les contrebandiers faisant le trafic du sel, denr&#233;e ch&#232;re &#224; l'&#233;poque et de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;En feuilletant le livre d'Alcide Leriche, paru en 1974, &#171; Argonne terre &#233;trange &#187; voil&#224; que je d&#233;couvre un chapitre intitul&#233; : &#171; Lorsque Mautfaucon servait de rep&#232;re aux faux saulniers en 1706 &#187;. De quoi attiser ma curiosit&#233;.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Montfaucon est un village meusien situ&#233; &#224; une vingtaine de kilom&#232;tres de Sainte-M&#233;nehould.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Avec les villages environnants, il s'&#233;tait transform&#233; en un centre actif du commerce du sel. Les habitants s'assemblaient en grand nombre, parfois jusqu'&#224; quatre-vingts. Bien arm&#233;s, ils partaient vers la fronti&#232;re avec vingt &#224; trente charrettes qu'ils chargeaient de sel et ramenaient leur pr&#233;cieux chargement, n'h&#233;sitant pas, parfois, &#224; faire le coup de feu sur les gardes rencontr&#233;s le long du parcours.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;En 1706, &#224; la fin du mois de juillet, quatre compagnies de cavalerie, une compagnie de dragons et 150 hommes &#224; pied de la garnison de Longwy d&#233;barquent &#224; Montfaucon. Soixante-trois bourgeois sont inqui&#233;t&#233;s pour ce trafic illicite, les faux saulniers sont jet&#233;s en prison. Les troupes royales infligent &#224; la population un traitement des plus rudes, mena&#231;ant de br&#251;ler les maisons, en tuant hommes, femmes et enfants.&lt;br&gt;
Une affaire bien p&#233;nible dans l'histoire de ce village.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_7324 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L230xH369/gabelous_n95_ph1-567c7.jpg?1773426782' width='230' height='369' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Toujours &#224; propos des gabelous, dans un vieil album lorrain, j'avais d&#233;nich&#233; une photo de douaniers qui traquaient les hommes se livrant &#224; la contrebande ...d'allumettes. Et voil&#224; que, toujours dans le livre d'Alcide Leriche, je d&#233;couvre un article sur la fabrication des allumettes ! Je cite :&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&#171; Toges est un petit bourg, &#224; quelques kilom&#232;tres de Vouziers, en pleine Argonne ardennaise. Toges dit Toges en France, avait, en Argonne, le monopole de la fabrication et de la vente des allumettes soufr&#233;es dites &lt;b&gt;&#171; togeardes &#187;&lt;/b&gt;. Ce nom s'emploie aussi bien pour les femmes qui vendent les allumettes que pour les allumettes elles-m&#234;mes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;On utilisait toujours du bois de tremble qui &#233;tait d&#233;coup&#233; avec une serpe en morceaux de 12 &#224; 15 cm, puis avec un couteau, en planchettes de 5 mm d'&#233;paisseur, ce qui demandait une grande dext&#233;rit&#233;. L'ouvri&#232;re les regroupait en bottes. La derni&#232;re op&#233;ration consistait &#224; tremper les deux extr&#233;mit&#233;s dans du soufre fondu.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Avant 1914, nombreux &#233;taient les habitants qui fabriquaient ces allumettes. &#192; la veill&#233;e, toute la famille se mettait au travail devant le feu &#224; l'&#226;tre. Cette production permettait d'am&#233;liorer les ressources du m&#233;nage. Apr&#232;s la guerre de 14-18, ce m&#233;tier a disparu.&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_7325 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L200xH248/gabelous_n95_ph2-11603.jpg?1773426782' width='200' height='248' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Mais fabriquer des &#171; togeardes &#187; &#233;tait une chose, les vendre en &#233;tait une autre. &#192; la belle saison, elles partaient &#224; pied, parfois allaient prendre le train &#224; Vouziers et ce, &#224; deux heures du matin pour &#234;tre arriv&#233;es sur les lieux de vente en d&#233;but de matin&#233;e. Souvent par deux, le b&#226;ton &#224; la main, une hotte pleine &#224; craquer sur le dos, elles offraient &#224; domicile le fruit de leur labeur. (La botte de 12 allumettes &#233;tait vendue 5 sous).&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Les &#171; togeardes &#187; avaient leurs clients attitr&#233;s qui faisaient leur r&#233;serve pour l'hiver. En ce temps-l&#224;, on avait toujours une bougie, une lanterne, une lampe &#224; allumer. Il y avait donc des allumettes soufr&#233;es en r&#233;serve dans une bo&#238;te sp&#233;ciale au coin de la chemin&#233;e.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Voil&#224; l'histoire des &#171; togeardes &#187;.&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Si vous avez d'autres histoires de gabelous, n'h&#233;sitez pas &#224; nous les confier.&lt;br&gt;
&lt;span style='margin-left:450px;'&gt; &lt;/span&gt;Nicole G&#233;rardot&lt;br&gt;
&lt;span class='spip_document_7326 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L500xH328/gabelous_n95_ph3-98271.jpg?1773448380' width='500' height='328' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br&gt;
&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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