Le printemps est une explosion de fleurs, de couleurs et cela nous fait du bien après le gris de l’hiver. L’été est moins flamboyant, moins de fleurs dans les prés et les champs. Les arbres prennent une couleur verte un peu uniforme. C’est pourquoi je les aime ces petites fleurs des bords de route et tous les étés, j’espère que les cantonniers ne les couperont pas, qu’elles auront le temps de fleurir et que nous aurons le temps de les admirer. Elles sont discrètes, mais que l’on passe à pied, en vélo et même en voiture, on ne peut pas les manquer.
Mais par lesquelles commencer ?

Vesces ou gesses ? Gesses jaunes, vesces pourpres ou roses. Elles fleurissent de juin à août et ces toutes petites fleurs forment de bien jolis bouquets dans les talus. Elles appartiennent à la famille des légumineuses. Leurs graines sont enfermées dans des cosses noires. La vesce est l’ancêtre du petit pois.

La scabieuse champêtre, encore appelée fleur des veuves ou mors du diable car dans le langage des fleurs, elle symbolise les fleurs du souvenir et la tristesse. Bleu mauve, elle se balance au gré du vent sur sa longue tige. Elle doit son nom à sa réputation de guérir la gale car en latin « scabies » définit cette maladie cutanée. On l’utilisait aussi pour traiter la teigne, le charbon, et les manifestations cutanées de la syphilis. La scabieuse aime les bords des chemins.
La chicorée, d’un très beau bleu, il est même écrit sur internet : d’un bleu irrésistible, aussi profond et limpide qu’un ciel d’été. Elle fleurit de juin à septembre. Elle aime le soleil. Son espérance de vie est de quelques heures mais la plante renouvelle son stock en permanence au cours d’un cycle d’une trentaine de jours. Cette « chicorée sauvage » fait partie de l’immense famille des « Astéracées ». Différentes espèces de cette famille fournissent de nombreuses variétés à vocation alimentaire dont on consomme les feuilles ; chicorée frisée, scarole ou les racines : endives ou chicons.
C’est une plante comestible consommée depuis la nuit des temps. Au Moyen Age, elle était cultivée comme plante médicinale.
On la surnomme « la fiancée du soleil ». Elle incarne selon les légendes une jeune fille changée en fleur malgré elle, condamnée à fixer son amant éconduit et revanchard : l’astre solaire. En Allemagne on l’appelle Wegwarfe, que l’on peut traduire par « celle qui attend au bord du chemin ».
Le silène enflé, au ventre gonflé et aux jeunes feuilles au goût de petit pois, sécrète en soirée un abondant nectar dont raffolent les papillons de nuit. A observer cette fleur étrange, on peut faire le lien avec Silène, le compagnon de Bacchus, représenté toujours ivre et le ventre bien rond. C’est certainement ce qui a inspiré les botanistes pour baptiser cette plante dont le calice est lui aussi boursouflé.
On rencontre souvent aussi, dans les fossés, deux autres silènes ; le compagnon blanc et le compagnon rouge.
Je termine par ma préférée : la mauve. Quelle élégance ! Toute simple, assez grande, avec ses pétales rose pâle, veinés de pourpre, avec au centre un toupet d’étamines.
Ses fruits se regroupent en disques aplatis, qu’enfant, on appelait « des fromages » et que l’on mangeait.
Elle a des propriétés médicinales pour traiter les troubles respiratoires, la constipation, les inflammations des yeux et des voies urinaires. En infusion, elle fait partie des fleurs pectorales.
Bien d’autres fleurs, qui nous sont plus familières, s’épanouissent en été. Mais prenez le temps, en promenade, d’admirer « les petites fleurs des bords de route ».
Nicole Gérardot