Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.


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Denis Marquet : le choléra à Verrières.

   par Denis Marquet



Denis Marquet, lecteur assidu aujourd’hui en retraite dans le midi de la France, écrivait dans les premiers numéros de la revue. En effet notre revue a toujours été ouverte à tous ceux qui écrivent. Celui qui fut longtemps « l’instituteur » de la commune offrait des récits sur Verrières. Ici pour le n°14, il parle de l’épidémie de choléra.

LE CHOLERA A VERRIERES


Le 1er juin 1832, le choléra éclata dans le village. Les premiers malades étaient des mendiants qui venaient tous les jours au village mettre à contribution la charité publique.
La rue de la Routière était surtout habitée par la classe indigente. Dans leurs petites maisons sales et mal éclairées, on sentait une odeur fétide. Cette odeur, due en partie aux déjections cholériques, s’était même fait sentir quelques jours avant l’épidémie dans le village.
C’est à la Routière et aussi à la Perrière que le choléra a exercé presque tous ses ravages. Le mari et la femme sont morts dans cinq maisons de la Perrière. Dans une autre maison du quartier, le père, la mère et un fils âgé de vingt-six ans en furent également victimes et il s’en est fallu de peu qu’un second fils un peu plus âgé ne subit le même sort. Deux malades ont succombé dans la rue de la Routière, deux au Poncelet et quatre çà et là, encore à la Perrière. Un seul est mort dans la Grande Rue, mais c’était un vieux militaire indigent, souvent malade, qui était allé donner des soins à sa sœur demeurant à la Perrière, laquelle est décédée aussi. Au total, on dénombrait donc vingt-deux morts.
L’épidémie de choléra a aussi éclaté à Sainte-Ménehould. En plus de Verrières, la maladie a été très meurtrière dans les villages de Chaudefontaine, La Neuville-au-Pont, Vienne-le-Château, Passavant-en-Argonne et Eclaires. En France, en 1832, l’épidémie de choléra fit 95.000 morts. Une autre épidémie de choléra, plus meurtrière encore, fit à Verrières cent quinze morts en 1849, dont douze le 8 juillet et sept le 9 juillet. Le cimetière qui entourait l’église était devenu trop petit. Il fut alors transféré à l’endroit actuel. Une autre épidémie reparut en 1854, mais beaucoup plus légèrement.
Le choléra est une maladie épidémique et contagieuse originaire de l’Inde. Le choléra est causé par un vibrion. Il est caractérisé par des selles très fréquentes, des vomissements, une soif intense, un amaigrissement rapide, des crampes douloureuses dans les membres et un abattement profond avec une baisse de la température. Les épidémies se développent dans les pays où les conditions d’hygiène sont précaires et où l’eau potable est rare. Elles sont souvent meurtrières dans les camps de réfugiés (en Thaïlande en 1990) et dans les bidonvilles
.






Très intéressés, nous avons voulu en savoir plus : Denis Marquet parle de 115 morts en 1849. Notons qu’en 1836, la commune comptait 1030 habitants et seulement 940 en 1851. Pour l’épidémie de 1854, on note 892 habitants en 1856, un des nombres les plus petits pour cette époque.

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