Dans les années 50 était organisée à Saint-Rouin une exposition sur les arts populaires, le patrimoine et les pages historiques de l’Argonne. Cette équipe de jeunes dont le journal ne dit pas les noms, avait retrouvé des anecdotes de l’Argonne ; et parmi celles-ci, un macabre fait divers avec pour toile de fond le village et plus précisément l’église de Valmy.
C’était au XVIIe siècle ; les pères jésuites avaient un prieuré à Chaudefontaine. Or, l’église de Valmy dépendait de ces Jésuites qui avaient en charge l’entretien de l’édifice.
Dans un bulletin municipal de 1970, l’abbé Lassauguette, curé de Valmy, écrivait :
« L’église fut bâtie par les moines de l’abbaye de Chaudefontaine dont l’abbé nommait le desservant conjointement avec l’évêque de Châlons. L’abside fut reconstruite en 1740 par les frères jésuites de Reims, propriétaires à cette époque du monastère de Chaudefontaine et de ses dépendances. En 1835 on reconstruisit la nef et les bas-côtés. »
Sur le site de la commune de Valmy, on peut lire :
« L’église fut reconstruite entièrement en 1835 (sauf le chœur qui date de 1740) sur l’emplacement d’un édifice plus ancien. »
On peut en conclure que l’église n’avait jamais été en bon état. Et dans ce XVIIe siècle, l’église qui s’écroulait devait être reconstruite, ce qui amena ce triste épisode :
"La nouvelle église fut loin de plaire aux habitants qui se plaignirent du style de l’édifice, de ses proportions, de la mauvaise qualité de l’exécution. Les pères jésuites, qui estimaient avoir fait l’impossible, dépêchèrent un des leurs pour sermonner les paroissiens de Valmy. Ceux-ci prirent fort mal cette apologie de l’art moderne et du bon goût de la Compagnie de Jésus. Ils firent une conduite de Grenoble… ou de Valmy au Père jésuite qui fut proprement lapidé. Les sources anciennes précisent que le père Jésuite mourut sur place.
En 1835, lors de la reconstruction de la nef et des bas-côtés de l’église, on exhuma le corps du malheureux Jésuite, martyr de l’art moderne."
Que s’est-il passé ensuite ? Y eut-il des sanctions ? Le texte ne le dit pas, sauf que les auteurs ont écrit :
« Les circonstances du crime ne sont pas toutes éclaircies et risquent de rester dans une imprécision définitive, car les faits remontent à plus de deux siècles et, à moins de nouvelles découvertes dans les archives, il faut accorder le bénéfice du doute aux assassins présumés. »
Christine Francart