Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.


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Un avocat susceptible :

Il était avant les assesseurs au baiser de paix...



On parle souvent aujourd’hui de vedettes de cinéma qui se querellent pour la place d’un nom sur le générique du film ou sur l’affiche. Comme on le dit souvent, ce n’est pas unique à notre siècle.
C’était en 1748, il fallait bénir la nouvelle chapelle de l’hôpital récemment construite. En l’absence de l’évêque de Châlons, c’est tout le conseil et le clergé qui partirent en procession jusqu’à la toute nouvelle chapelle.
Discours, prières, bénédiction et le baiser de la paix, où l’on passe l’un après l’autre, et dans un ordre bien établi suivant la hiérarchie.
Un procès-verbal de la séance fut inscrit sur le grand livre avec les noms de Nicolas Rouyer, curé-doyen de la ville, du clergé, de Louis Montcourant, maire, des échevins, des assesseurs et à la fin de Nicolas Lemaire, avocat et procureur du roi.
Seulement voilà, sur le procès-verbal, au-dessous des signatures, il y avait une réclamation d’un homme mécontent : son nom avait été écrit après celui des assesseurs alors que dans la cérémonie il était avant, comme cela doit être fait selon la règle.

« Nous, avocat, procureur du roi de la ville de Sainte Ménehould, protestons de nous pourvoir contre l’acte ci-dessus, en ce que nous sommes y dénommé après les assesseurs, au lieu que nous les avons précédés dans la procession et lors du baiser de paix de la cérémonie de la bénédiction de ladite chapelle, et que dans tous les temps et dans les cérémonies publiques, nous avons toujours précédé les conseillers de ville ou assesseurs, ainsi qu’ont fait les procureurs syndics, avocats et procureurs du roi avant nous. » Signé Lemaire.
Mais qu’est-ce que ce baiser de paix dont parle le procureur du roi ?
Pour ce baiser de paix on avait besoin d’un « osculatoire ». Les seniors s’en souviennent certainement : avant la communion, on allait l’un derrière l’autre dans le chœur et le curé tendait aux fidèles un objet liturgique de petite taille qu’il fallait embrasser. L’osculatoire, c’est son nom, était en ivoire, en argent ou en bois fin et avait une représentation religieuse.
C’était une coutume ancienne et on apprend, bien étonné, qu’avant le 1er millénaire, les hommes se saluaient par un baiser sur les lèvres.

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