Il est invisible. Avez-vous eu l’occasion d’en rencontrer un ?
D’abord, l’hiver, il hiberne. Son nid est une sorte d’igloo fait avec une multitude de feuilles mortes d’arbres bien sèches rangées à plat,
posées les unes sur les autres. (Quand la température extérieure descend de +10° à -8°, la température du nid reste entre +5° et +10°). Quand arrivent les beaux jours, il se réveille, mais il ne sort que la nuit ! Et encore trois ou quatre heures lui suffisent pour trouver largement de quoi se régaler. Il a une ouïe très fine. Il entend un ver de terre qui se glisse sous les feuilles, mais sa vue n’est pas très bonne. Pour repérer ses proies, il flaire le sol en promenant son museau ultrasensible, de droite et de gauche. Il aime les lisières, les haies, les talus de chemin de fer, les berges ou les digues des canaux. Il a un grand territoire. C’est un omnivore. Il se nourrit principalement de limaces, chenilles, escargots (s’ils ne sont pas trop gros), vers blancs.
Quand il se croit en sécurité, les piquants du hérisson sont bien lisses, mais à la moindre alerte, au plus petit bruit, ses épines se dressent. A votre avis, combien a-t-il de piquants (à quelques centaines près) ? Mille ? Deux mille ? Cinq mille ? … De sept à dix mille ! C’est uniquement quand on le touche qu’il se met en boule comme une châtaigne. Il peut rester ainsi pendant des heures et des heures.
Le renard ou le chien, pour tuer le hérisson, le retournent et essaient de le mordre avant que la petite bête ait eu le temps de se fermer entièrement. Dans les histoires pour enfants, on raconte que le renard urine sur lui et que ça le fait se déplier, mais ça ne marche pas. Un seul animal est armé, avec ses longues griffes, pour tuer un hérisson : c’est le blaireau.
Lors de ses sorties nocturnes, Monsieur Hérisson a rencontré une Demoiselle Hérisson. Il l’a séduite, il ne reste plus ...qu’à conclure ! Ouille, ouille, ouille ! Sou-venez-vous ! Sept mille piquants ! Pourtant, l’accouplement a lieu comme chez tous les autres animaux, simplement Mademoiselle Hérisson rabat complètement ses piquants et les couche vers l’arrière. Et hop, aussitôt après l’accouplement, Monsieur Hérisson disparaît. Il ne s’occupera jamais de ses petits.
A sa naissance, bébé hérisson ne porte aucun piquant, mais ça ne dure pas. Quelques heures plus tard, une centaine d’épines blanches sortent et recouvrent son dos. Puis dans les trois semaines qui suivent, les piquants blancs vont tomber remplacés par des piquants bruns. La maman allaite ses petits. Une cinquantaine de jours plus tard, la famille se sépare. Incroyable, mais un mois seulement après la séparation, la mère hérisson ne reconnaît déjà plus ses propres petits quand elle les croise sur son chemin.
La destruction des haies, les nombreuses constructions et l’utilisation de produits chimiques (pourtant interdits à la vente aux particuliers depuis 2019) ont fait que notre petit ami est en danger. Beaucoup meurent aussi sous les roues des automobilistes.
Sur une simple portion de route de dix kilomètres de long, on a constaté que chaque année entre un et vingt hérissons étaient tués. Il faut donc le protéger. On peut :
– Bannir les pesticides évidemment.
– Multiplier les abris naturels et les cachettes (tas de pierres, amas de bois mort, planches, tuiles) ...
– Garder des tas de feuilles mortes, une haie touffue.
– Laisser des zones de pelouse non tondues.
D’autres petits animaux de nos jardins sont très utiles, eux aussi, et ont besoin d’être protégés : Le lézard des murailles, dans les jardins, est très efficace. Pucerons, mouches, chenilles, coléoptères...aucun ne lui échappe. La coccinelle, c’est une redoutable prédatrice des pucerons. Adulte, elle peut en engloutir une centaine en une seule journée et ses larves sont encore plus gloutonnes. Le crapaud, souvent mal aimé, est pourtant un allié précieux au potager. Bien d’autres bestioles rendent aussi de grands services : les carabes, les syrphes, les perce-oreilles (on n’en voit pratiquement plus), l’épeire des jardins, le gendarme...
Comme l’écrivait Jean de la Fontaine dans « le Lion et le Rat » ;
« On a souvent besoin d’un plus petit que soi » !
Nicole Gérardot
Sources : la Hulotte n° 77, Rustica.
Histoire d’une famille hérisson, racontée par un fidèle lecteur qui habite Metz.
J’étais avec mon fils dans un petit carré de plantes diverses devant chez moi. Je taillais des arbustes pour nettoyer l’endroit. C’est comme ça que j’ai découvert une maman hérisson et ses petits. J’ai pris immédiatement des photos. Ne voulant pas les déranger, on a remis le feuillage qui les cachait. Pendant quelques jours on a « nourri » cette petite famille sans faire quoi que ce soit qui aurait pu les gêner ... Et un matin, tout ce petit monde avait disparu.
Un de mes voisins m’a confirmé qu’il voyait souvent des hérissons dans ma pelouse à l’arrière de ma maison. Mes petites filles, lors d’un séjour estival chez nous, ont souhaité dormir sous la tente dressée dans la pelouse. Je leur ai dit que la nuit, il était possible qu’elles entendent des bruits mais qu’il n’y avait aucun danger. C’est ainsi qu’elles ont été réveillées en pleine nuit et qu’elles ont pris au flash la photo du petit intrus ... qui a rapidement pris la fuite.
Les smartphones, souvent envahissants, sont parfois bien pratiques.