<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Sainte M&#233;nehould et ses Voisins d'Argonne</title>
	<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/</link>
	<description>Ce site publie les &#233;ditions r&#233;guli&#232;res d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualit&#233; de l'Argonne et de ses environs.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>




<item xml:lang="fr">
		<title>EDITORIAL</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article240</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article240</guid>
		<dc:date>2004-07-28T19:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luc Delemotte</dc:creator>


		<dc:subject>Editorial</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La roue du temps tourne. Les souvenirs s'estompent. Les t&#233;moins, peu &#224; peu, disparaissent. Si on n'y prend garde, le manteau de l'oubli couvre l'Histoire. Nous en avons pourtant tout &#224; apprendre. La devise de la revue Historia n'est-elle pas &#171; &#224; la lumi&#232;re du pass&#233;, le pr&#233;sent s'&#233;claire &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
On parle beaucoup du devoir de m&#233;moire qui doit impr&#233;gner l'&#233;ducation civique contemporaine. C'est ce qui a motiv&#233; les membres de l'association &#171; Sainte-M&#233;nehould et ses Voisins d'Argonne &#187; &#224; organiser la soir&#233;e &#171; Souvenirs (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Revue N&#176;24&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Editorial&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La roue du temps tourne. Les souvenirs s'estompent. Les t&#233;moins, peu &#224; peu, disparaissent. Si on n'y prend garde, le manteau de l'oubli couvre l'Histoire. Nous en avons pourtant tout &#224; apprendre. La devise de la revue Historia n'est-elle pas &#171; &#224; la lumi&#232;re du pass&#233;, le pr&#233;sent s'&#233;claire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle beaucoup du devoir de m&#233;moire qui doit impr&#233;gner l'&#233;ducation civique contemporaine. C'est ce qui a motiv&#233; les membres de l'association &#171; Sainte-M&#233;nehould et ses Voisins d'Argonne &#187; &#224; organiser la soir&#233;e &#171; Souvenirs et T&#233;moignages &#187; &#224; l'occasion du 60&#232;me anniversaire de la Lib&#233;ration de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 ao&#251;t 2004, des t&#233;moins et acteurs de ces &#233;v&#233;nements seront r&#233;unis pour se souvenir. Nous nous sommes assur&#233;s de la pr&#233;sence de Monsieur Herv&#233; CHABAUD, r&#233;dacteur en chef du journal l'Union et sp&#233;cialiste de la p&#233;riode de la seconde guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur CHABAUD recueillera les t&#233;moignages d'anciens m&#233;n&#233;hildiens qui relateront comment ils ont v&#233;cu la fin de l'occupation, l'arriv&#233;e des troupes alli&#233;es, les lendemains de la Lib&#233;ration. Ces paroles seront enregistr&#233;es pour pouvoir ensuite &#234;tre imprim&#233;es afin que la m&#233;moire survive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes en possession de documents, de photographies, contactez les r&#233;dacteurs de la revue. Vous, vos amis, vos voisins, tous vous &#234;tes invit&#233;s &#224; cette soir&#233;e qui se d&#233;roulera au Kapittel, le 30 ao&#251;t 2004 &#224; partir de 20h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre pr&#233;sence sera une participation au combat contre l'oubli, pour la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/editorial_a240-2.pdf" length="6594" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LE CASINO</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article294</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article294</guid>
		<dc:date>2004-07-27T09:49:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luc Delemotte</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le d&#233;sir de doter la ville d'une salle des f&#234;tes spacieuse date de la moiti&#233; du XIX&#232;me si&#232;cle. A l'&#233;poque, les r&#233;unions, bals et banquets sont donn&#233;s &#224; l'H&#244;tel de Ville, dans la salle de spectacles du 1er &#233;tage. A la demande du Maire, l'architecte ch&#226;lonnais Eug&#232;ne GALOT d&#233;pose, le 23 avril 1866, deux projets : &lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier consiste &#224; diviser la grande salle de la mairie en deux parties : &#171; l'une sp&#233;ciale pour la biblioth&#232;que proprement dite et l'autre pouvant &#234;tre appel&#233;e &#224; recevoir un mus&#233;e. &#187; L'architecte (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Revue N&#176;24&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span style='margin-left:45px;'&gt; &lt;/span&gt;Le d&#233;sir de doter la ville d'une salle des f&#234;tes spacieuse date de la moiti&#233; du XIX&#232;me si&#232;cle. A l'&#233;poque, les r&#233;unions, bals et banquets sont donn&#233;s &#224; l'H&#244;tel de Ville, dans la salle de spectacles du 1er &#233;tage. A la demande du Maire, l'architecte ch&#226;lonnais Eug&#232;ne GALOT d&#233;pose, le 23 avril 1866, deux projets :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier consiste &#224; diviser la grande salle de la mairie en deux parties : &#171; &lt;i&gt;l'une sp&#233;ciale pour la biblioth&#232;que proprement dite et l'autre pouvant &#234;tre appel&#233;e &#224; recevoir un mus&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; L'architecte pr&#233;sente lui-m&#234;me le second projet qui vise &#224; transformer la remise des pompes &#224; incendie sur la place :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le second projet est plus important. Il aurait pour but de remplacer principalement la salle de spectacle actuelle par une autre salle plus spacieuse et pouvant servir alternativement de salle de spectacle, salle de concert, salle de distribution de prix, salle de grande r&#233;union annuelle du comit&#233; agricole, etc&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans ce programme, le corps de garde des troupes de passage et la remise des pompes &#224; incendie seraient conserv&#233;s au rez-de-chauss&#233;e. Alors, dans l'axe du b&#226;timent, on &#233;tablirait un grand vestibule pouvant servir au besoin de salle d'&#233;lection ou de salle d'adjudication, afin d'&#233;viter de fatiguer les salles d&#233;cor&#233;es de la Mairie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au premier &#233;tage, la salle aurait seize m&#232;tres trente centim&#232;tres de longueur, sur neuf m&#232;tres de large, soit en superficie cent quarante six m&#232;tres carr&#233;s soixante dix centim&#232;tres.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le th&#233;&#226;tre actuel a quinze m&#232;tres cinquante centim&#232;tres de long sur huit de large, soit en superficie cent vingt-quatre m&#232;tres ; augmentation : vingt-deux m&#232;tres soixante dix centim&#232;tres&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eug&#232;ne GALOT dresse les plans mais le manque d'ambition du projet ne doit pas satisfaire la municipalit&#233;. L'id&#233;e de construire une salle &#224; l'emplacement de la remise des pompes fait toutefois son chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut attendre trente-trois ans ! Le 15 juin 1899, Henri PIQUART, architecte &#224; Epernay, pr&#233;sente les plans d'un b&#226;timent aux dimensions plus appropri&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fa&#231;ade a une largeur de seize m&#232;tres cinquante et elle est telle qu'on la conna&#238;t aujourd'hui. Elle a connu peu de modifications. On peut toutefois s'&#233;tonner d'une telle architecture sur une place entour&#233;e de typiques b&#226;timents en gaize et briques. Mais les besoins de l'&#233;poque ont justifi&#233; cette insertion discutable. Quoi qu'il en soit, le 10 juin 1901, la construction de la salle des f&#234;tes est confi&#233;e &#224; l'entreprise ARTOISE-MARMOTTIN de la Neuville-au-Pont, pour un montant des adjudications de 36.914,08 Francs. L'immeuble sera moderne, &#233;clair&#233; au gaz. Le 9 juin 1900, Henri PIQUART &#233;tudie un plan d'&#233;clairage compos&#233; de vingt-six becs et d'une rampe et le 12 ao&#251;t 1901, il propose les plans de la sc&#232;ne et des loges d'artistes. D'autres entreprises travaillent sur le chantier, notamment les fr&#232;res JAUNET, du 36 et 38 Rue des Pr&#233;s, qui fournissent deux chasse-roues en fonte moul&#233;e de cent seize kilos, pour un montant de 32,48 Francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les murs montent, un litige se dresse entre Gustave ARTOISE et le Maire MOULIN. Le 9 mai 1903, l'entrepreneur assigne le Maire en Conseil de Pr&#233;fecture. L'architecte PIQUART a fait un rapport pr&#233;alable de justification de la d&#233;pense suppl&#233;mentaire, mais il conclut un rapport n&#233;gatif aux demandes d'ARTOISE, le 5 juillet 1908. Ce sera le premier conflit d'une longue s&#233;rie qui &#233;maillera l'histoire du b&#226;timent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_509 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH529/casino1-74acf.jpg?1773437930' width='450' height='529' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[|&lt;i&gt;Plan de la fa&#231;ade de Henri Piquard ( 1899 ).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, en 1905, on songe &#224; meubler et &#233;quiper la salle. Deux maisons parisiennes sp&#233;cialis&#233;es se font concurrence. DIOSSE fils propose un devis de 4.922,50 Francs pour une sc&#232;ne, d&#233;cor, fa&#231;ade, cent quarante fauteuils et cent soixante-huit stalles &#224; bascule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce sera Emile WESSBECHER qui remportera le march&#233;. Plus comp&#233;titif, il propose entre autre lustres et appliques &#224; gaz (voir illustration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_510 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L250xH375/casino2-2147b.jpg?1773437804' width='250' height='375' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La salle remplit son office : elle accueille spectacles et r&#233;unions jusqu'&#224; la d&#233;claration de guerre. La ville, situ&#233;e pr&#232;s du front, se transforme en un vaste h&#244;pital. Le 12 ao&#251;t 1916, le m&#233;decin-major de 1&#232;re classe PICQUE informe le Maire des transformations qu'il souhaite faire effectuer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'en ex&#233;cution des travaux d'am&#233;nagement auxquels il est proc&#233;d&#233; dans la salle des f&#234;tes de la ville de Sainte-M&#233;nehould, actuellement occup&#233;e par l'ambulance 3/18, je me propose de pratiquer des ouvertures dans la couverture en terrasse zingu&#233;e qui est situ&#233;e sur chacune des ailes du b&#226;timent principal, pour obtenir un jour astral &#233;clairant le fond des pi&#232;ces donnant sur la place. Ce travail para&#238;t d'une ex&#233;cution relativement facile, eu &#233;gard au peu d'&#233;paisseur du plafond &#224; percer et ne peut compromettre la solidit&#233; ni l'&#233;tanch&#233;it&#233; de l'immeuble.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Je me propose &#233;galement de remplacer l'&#233;dicule construit devant l'entr&#233;e principale de la salle des f&#234;tes, par une v&#233;randa en bois, fer et verre appuy&#233;s sur deux jambes de force de bois accol&#233;s (sic) &#224; la fa&#231;ade de l'&#233;difice. Cette v&#233;randa n'exigera qu'un petit nombre de scellements et la ville, en reprenant possession de son immeuble, pourra la faire dispara&#238;tre si elle le juge &#224; propos, sans d&#233;gradation appr&#233;ciable &#224; cette fa&#231;ade.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'ai l'honneur de vous rendre compte que comme vous m'y avez autoris&#233; oralement, j'ai fait am&#233;nager au premier &#233;tage de l'immeuble un &#233;dicule de W.C. &#224; c&#244;t&#233; de celui qui existait ant&#233;rieurement et fait vo&#251;ter la passerelle donnant acc&#232;s &#224; ces cabinets. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet ne plait gu&#232;re au Conseil Municipal qui d&#233;lib&#232;re d&#232;s le lendemain et refuse toute participation p&#233;cuniaire. Toujours est-il que apr&#232;s guerre, les r&#233;parations sont confi&#233;es en 1924 &#224; un entrepreneur r&#233;mois, Charles CAZIER. Les architectes m&#233;n&#233;hildiens Messieurs DUFRESNE et R. MAURICE font le devis estimatif de r&#233;parations des couvertures. Le m&#233;decin-chef avait bien fait tailler dans le zinc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s la fin du conflit, la vie s'organise et en 1919, le Conseil Municipal re&#231;oit une proposition de M. PASSET pour exploiter un cin&#233;matographe (lettre du 1er ao&#251;t 1919) :)]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;sirant apporter des am&#233;liorations mat&#233;rielles &#224; la salle des f&#234;tes pour l'exploitation de notre cin&#233;matographe, notamment en rempla&#231;ant les bancs existants par des fauteuils, nous vous demandons un bail de 3-6-9 ann&#233;es r&#233;siliable &#224; votre gr&#233;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le bail serait bas&#233; sur les prix de locations actuels, 90 Francs par semaine de location de salle, 40 Francs de droits des pauvres et payables par mensualit&#233;s au taux de 520 Francs&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;En &#233;change de ce bail, nous ferions abandon &#224; fin d'exploitation &#224; la ville de toutes les am&#233;liorations apport&#233;es &#224; la salle des f&#234;tes (non compris les appareils utiles &#224; l'exploitation : dynamo, fils &#233;lectriques, cabine, projecteurs, &#233;cran).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De plus, durant la p&#233;riode scolaire, nous organiserions des s&#233;ances instructives et amusantes (jeudi en matin&#233;e) pour la jeunesse des &#233;coles. A ces s&#233;ances, les professeurs pourraient prendre la parole pour les explications utiles. Les programmes pourraient &#234;tre &#233;tablis avec leur concours. Le prix des places n'exc&#233;derait pas 0.75 par &#233;l&#232;ve.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous pourrions, de temps en temps, donner quelques attractions th&#233;&#226;trales. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La salle resterait, comme par le pass&#233;, &#224; la disposition de la municipalit&#233;, pour les distributions de prix, r&#233;unions, en dehors de nos jours d'exploitation, mais sans modifier notre disposition de mat&#233;riel.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous nous r&#233;servons la facult&#233; de louer la salle &#224; des troupes ou soci&#233;t&#233;s de passage pr&#233;sentant un programme diff&#233;rent du n&#244;tre. Dans ce cas, nous r&#233;serverions &#224; la ville la location et les droits des pauvres habituels. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, MANGIN, adjoint au maire d&#233;c&#233;d&#233;, avertit que &#171; &lt;i&gt;M. le Colonel du 94&#232;me R&#233;giment d'Infanterie, dont deux bataillons vont tenir garnison en notre ville, lui a exprim&#233; le d&#233;sir d'y faire donner chaque semaine, par les soldats, des concerts gratuits dont pourra profiter la population civile. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;reux PASSET loue les locaux jusqu'en 1923. La salle est utilis&#233;e &#224; plein et le locataire envisage d'y donner com&#233;dies et op&#233;rettes. Il demande fort habilement, comme le d&#233;montre cette lettre du 22 mars 1920, des am&#233;liorations, tout en offrant des services non n&#233;gligeables &#224; la municipalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Pour permettre une meilleure a&#233;ration de la salle des f&#234;tes, en particulier l'&#233;vacuation de la fum&#233;e, je vous demande de bien vouloir faire &#233;tablir trois chemin&#233;es de d&#233;gagement dans le plafond. De cette mani&#232;re, les dames seront moins incommod&#233;es et la projection bien meilleure. De plus, et en raison du succ&#232;s grandissant des s&#233;ances que je donne, j'aurais l'intention de donner, de temps en temps, des com&#233;dies et des op&#233;rettes. Pour cela, il serait n&#233;cessaire d'&#233;tablir, &#224; droite et &#224; gauche de la sc&#232;ne, des locaux servant de loges aux artistes (un c&#244;t&#233; hommes, un c&#244;t&#233; dames).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Enfin, j'ai sous les yeux une notice du comit&#233; charg&#233; de l'&#233;rection d'un monument &#224; Sainte-M&#233;nehould, qui fait un appel pour recueillir les fonds qui manquent pour terminer ce monument qui embellira la ville. Je suis heureux de vous proposer pour le 12 mai, veille de l'Ascension, une soir&#233;e extraordinaire dont le b&#233;n&#233;fice int&#233;gral sera affect&#233; &#224; ce monument. Je vous soumettrai du reste le programme qui permettra &#224; tous d'assister &#224; une repr&#233;sentation extr&#234;mement amusante et pour laquelle je me propose d'augmenter les places de 0F50 afin de pouvoir faire un don int&#233;ressant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Louis ROYER prend la succession de PASSET. Il signe le bail avec POUGNANT devant le notaire GUIBERT. La salle prend alors provisoirement le nom de Cin&#233;-Th&#233;&#226;tre. Le nouveau g&#233;rant ne discute pas le loyer fix&#233; &#224; 30 Francs par jour de repr&#233;sentation, mais il se plaint de la &#171; politique culturelle &#187; &#224; Sainte-M&#233;nehould, en 1925, dans un courrier qui m&#233;rite d'&#234;tre publi&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;La ville de Sainte-M&#233;nehould a &#233;t&#233; honor&#233;e, cette ann&#233;e 1925, de la visite d'une telle surabondance de spectacles forains, que de m&#233;moire de vieux m&#233;n&#233;hildien, on n'en a jamais vu autant. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Cela n'a pas &#233;t&#233; sans donner &#224; la ville quelques profits, par les droits de place qui ont &#233;t&#233; per&#231;us et par le droit des pauvres qui a &#233;t&#233; vers&#233; dans la caisse du Bureau de Bienfaisance. Il me semble, de prime abord, que tout est pour le mieux.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Pourtant, si l'on examine froidement les faits et qu'on les juge avec impartialit&#233;, on ne tarde pas &#224; s'apercevoir que le profit est loin d'&#234;tre si consid&#233;rable qu'il le para&#238;t &#224; premi&#232;re vue. En effet, la plupart de ces &#233;tablissements sont de v&#233;ritables draineurs d'argent, draguant dans certaines poches jusqu'au dernier centime et, qui est pis, emportant vers d'autres villes des sommes &#233;lev&#233;es qui auraient continu&#233; leur circulation du boucher au fruitier, au charcutier, &#224; l'&#233;picier. Ces sommes passant dans le cours d'une ann&#233;e un nombre incalculable de fois des mains du client &#224; celles des commer&#231;ants et vice-versa, paieraient, &#224; chaque transaction, la taxe sur le chiffre d'affaires dont un dixi&#232;me, vous savez, tombe dans la caisse municipale. On peut donc presque dire, sans exag&#233;ration, que les gains cit&#233;s plus haut sont compens&#233;s par des pertes, moins directes peut-&#234;tre, mais r&#233;elles.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Mais l&#224; ne se bornent pas les inconv&#233;nients de ces visites trop fr&#233;quentes &#224; mon gr&#233;. En effet, par le bail que vous connaissez, j'ai lou&#233; en permanence &#224; la ville la salle des f&#234;tes, pour y exploiter un &#233;tablissement cin&#233;matographique. Cette location ai-je besoin de vous le rappeler, lui rapporte environ 4.000 F. annuellement et au Bureau de Bienfaisance, 2.000 F. Cette exploitation souffre durement de la situation signal&#233;e plus haut.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Admettons un instant qu'elle se perp&#233;tue ind&#233;finiment, je me verrais dans l'obligation de liquider une affaire qui ne produirait plus rien et en pr&#233;sence d'un pareil exemple, il y aurait peu de chance qu'un autre vienne prendre la suite. Un peu de r&#233;flexion ne tarde pas &#224; faire appara&#238;tre les cons&#233;quences qui en r&#233;sulteraient pour les finances municipales, aussi j'ai trop de confiance dans votre souci des v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts de la ville, d'une part, et dans votre &#233;quit&#233;, d'autre part, pour ne pas &#234;tre convaincu qui vous voudrez restreindre &#224; une moyenne raisonnable ces s&#233;jours de forains, dans l'avenir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La municipalit&#233; aura-t-elle retenu la le&#231;on d'&#233;conomie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Tr&#232;s souvent, il y aura des litiges et des discussions entre les locataires et la mairie. Alexandre-Charles POUGNANT, Maire, signera les baux en 1927 avec M. PRESSON et en 1931 avec M. VIAL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1936, le Pr&#233;fet interdit la projection de quelques dizaines de films parmi lesquels &#171; La B&#234;te Humaine &#187; ou &#171; L'affaire Stavinski &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La censure sera sans doute plus f&#233;roce encore pendant l'occupation.Que devient le Casino pendant cette p&#233;riode noire ? D'anciens m&#233;n&#233;hildiens pourront t&#233;moigner des &#233;v&#233;nements qui s'y sont d&#233;roul&#233;s, mais aucune archive ne peut nous &#233;clairer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1951, Alix BUACHE signera avec Albert PAILLERY devant le notaire Joseph BASTID. Ce dernier interviendra dans les tractations concernant une augmentation de 100% du loyer &#224; l'occasion du renouvellement du bail. Les deux parties trouvent un accord. Albert PAILLERY doit construire un appentis pour y installer la cabine de cin&#233;ma et se mettre ainsi en conformit&#233; avec les normes de s&#233;curit&#233;. Le voisin du Casino, Jean DERVAUX, fait don &#224; la ville d'un terrain de 30 m2 et conclut sa lettre ainsi : &#171; &lt;i&gt;je m'en serais voulu de vendre cette parcelle de terrain &#224; la ville. J'ai tenu ainsi &#224; lui t&#233;moigner, par ce geste, mon attachement, apr&#232;s dix-huit ann&#233;es d'adoption.&lt;/i&gt; &#187; (lettre au Maire du 19 novembre 1953.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En 1964, le bail est sign&#233; entre Robert TEPAZ et Robert LANCELOT. Le g&#233;rant du Casino s'appelle REYNAUD. Mais le 31 d&#233;cembre 1970, suite &#224; la visite de la commission de s&#233;curit&#233;, le Casino est ferm&#233; : &#171; &lt;i&gt;la salle &#233;tant totalement d&#233;pourvue d'&#233;clairage de s&#233;curit&#233; est consid&#233;r&#233;e comme dangereuse&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Toutefois, bon an mal an, le Casino va reprendre les s&#233;ances de cin&#233;ma jusqu'en 1979, date &#224; laquelle la salle sera ferm&#233;e trois longues ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La d&#233;termination du Maire Robert GAUTIER et de la municipalit&#233; aboutira &#224; la r&#233;ouverture de l'&#233;tablissement, mais &#224; partir de cette date, il perdra le nom de Casino. Il deviendra successivement &#171; La Bo&#238;te &#224; Tubes &#187;, &#171; Le Jump &#187; et aujourd'hui &#171; le Kapittel &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le cin&#233;ma perdra en m&#234;me temps la configuration d'une salle classique. Signe des temps, de l'&#233;volution des go&#251;ts et des loisirs, cette salle pourra se transformer, &#224; la fin de la projection, en bo&#238;te de nuit, pour le plus grand plaisir des noctambules argonnais. Mais les m&#233;n&#233;hildiens nostalgiques regretteront toujours un peu cet endroit au charme d&#233;suet o&#249; se sont pass&#233;s tant de moments d'&#233;motions, de plaisir et de joie populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/le-casino_a294-2.pdf" length="96189" type="application/pdf" />
		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/le-casino_a294.pdf" length="96226" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>IL Y A SOIXANTE ANS &#8220; LE JEUDI 25 MAI 1944</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article295</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article295</guid>
		<dc:date>2004-07-26T10:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michel Lesjean</dc:creator>


		<dc:subject>1939-1945</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean-Pierre LESJEAN empruntait l'omnibus-voyageurs du matin pour rejoindre la gare de Ch&#226;lons-sur-Marne.Il retrouverait l'Express pour reprendre son travail d'employ&#233; cheminot &#224; la Soci&#233;t&#233; Nationale des Chemins de Fer Fran&#231;ais de la gare de l'Est &#224; Paris. &lt;br class='autobr' /&gt; Outre le plaisir d'avoir embrass&#233; sa m&#232;re &#224; Chaudefontaine, il repartait avec un bon ravitaillement de la campagne (l&#233;gumes, volaille, lard, cochon, le sac de pommes de terre) et m&#234;me une fois avec &#194;&#189; st&#232;re de charbonnettes, car durant la mauvaise (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Revue N&#176;24&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;1939-1945&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean-Pierre LESJEAN empruntait l'omnibus-voyageurs du matin pour rejoindre la gare de Ch&#226;lons-sur-Marne.Il retrouverait l'Express pour reprendre son travail d'employ&#233; cheminot &#224; la Soci&#233;t&#233; Nationale des Chemins de Fer Fran&#231;ais de la gare de l'Est &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Outre le plaisir d'avoir embrass&#233; sa m&#232;re &#224; Chaudefontaine, il repartait avec un bon ravitaillement de la campagne (l&#233;gumes, volaille, lard, cochon, le sac de pommes de terre) et m&#234;me une fois avec &#194;&#189; st&#232;re de charbonnettes, car durant la mauvaise saison, il fallait une provision d'avance pour br&#251;ler les boulets de charbon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il &#233;tait heureux et avait beaucoup de projets. A trente ans, il adorait sa nouvelle fianc&#233;e qu'il connaissait depuis un an. Mais comme on dit &#224; la campagne, ils avaient &#171; mis la charrue avant les b&#339;ufs &#187; ou &#171; f&#234;t&#233; P&#226;ques avant Rameaux &#187; : ils attendaient un b&#233;b&#233; d&#233;but juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tiens, d&#233;j&#224; Suippes ! &#187; o&#249; son fr&#232;re Ren&#233; dirige une agence bancaire depuis janvier 1944. Il connaissait bien Suippes et y avait de nombreux amis, car il y avait travaill&#233;, comme bobineux, jusqu'en 1939 aux filatures Buirette-Gaulard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Justement, &#224; Suippes, au m&#234;me moment, c'&#233;tait jour de confirmation pour cent trois jeunes Suippas et de Somme-Suippe. Monseigneur TISSIER, &#233;v&#234;que de Ch&#226;lons-sur-Marne, devait pr&#233;sider la c&#233;r&#233;monie et des chants ponctuaient son attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_511 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L250xH408/lesjean-09328.jpg?1773437930' width='250' height='408' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Son neveu, Michel LESJEAN, dix ans, y &#233;tait enfant de ch&#339;ur pour la premi&#232;re fois. Jean-Pierre &#233;tait d&#233;j&#224; ancien combattant &#224; trente ans. Pupille de la nation de la guerre 1914-1918, il avait &#233;t&#233; mobilis&#233; le 2 mars 1940 pour faire campagne avec le 76&#232;me R&#233;giment d'Artillerie:campagne de France, Belgique, Dunkerque, l'Angleterre et retour en France pour y &#234;tre d&#233;mobilis&#233; le 17 juillet 1940 et r&#233;int&#233;grer la SNCF gare de l'Est. Il en &#233;tait revenu sain et sauf, pas m&#234;me prisonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers dix heures, l'aviation Anglo-Am&#233;ricaine, en pr&#233;lude au futur D&#233;barquement, attaque par mitraillage le train de voyageurs arrivant &#224; la gare de triage de Saint-Hilaire-au-Temple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour quelle raison Jean-Pierre s'est-il sauv&#233; &#224; travers champs durant l'attaque au lieu de se mettre &#224; l'abri sous les wagons ? Il s'affaissa, tu&#233; net par une balle &#171; 12,7 &#187; en plein c&#339;ur (on a retrouv&#233; son portefeuille transperc&#233; et macul&#233; de sang).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le petit village argonnais de Chaudefontaine perdait un enfant &#8220; mort pour la France, &#224; trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Durant la ronde infernale des avions, Monseigneur TISSIER, dans son v&#233;hicule, &#233;tait bloqu&#233; et immobilis&#233; au passage &#224; niveau de la gare de Cuperly sur la route Ch&#226;lons-Suippes. En l'&#233;glise de Suippes, les chants continuaient dans l'attente de son arriv&#233;e. A la fin de l'alerte, il p&#251;t rejoindre Suippes o&#249;, d&#232;s son arriv&#233;e, il indiquait les motifs de son retard et f&#238;t chanter un &#171; de profundis &#187; en souvenir des victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans le courant de l'apr&#232;s-midi, le chef de gare de Saint-Hilaire-au-Temple pr&#233;venait mon fr&#232;re par t&#233;l&#233;phone, afin de l'informer que son fr&#232;re Jean-Pierre &#233;tait la seule victime du mitraillage. Quelques voyageurs &#233;taient bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce jour l&#224;, il y eut trois cent cinquante tu&#233;s au niveau national. Dans la r&#233;gion : 12 morts &#224; Epernay, 1 mort &#224; la Neuville-sous-Marginal. A Sompuis, des cheminots, chauffeur et m&#233;canicien, sont tu&#233;s. A Haussimont, le m&#233;canicien est tu&#233;, le chauffeur bless&#233;. A Sommesous : le m&#233;canicien est tu&#233; aussi, le chauffeur est gri&#232;vement bless&#233;. A Montbr&#233;, le village est bombard&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une plaque de marbre en gare de Saint-Hilaire-au-Temple rappelle le souvenir du cheminot Jean-Pierre LESJEAN, victime civile &#171; MORT POUR LA France &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour la petite histoire &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche 28 mai, &#224; Suippes, se court le &#171; grand prix cycliste Paul Buirette &#187; sous un soleil &#233;clatant. Apr&#232;s un circuit de quatre heures, les locaux Colmart et Thierry prenaient respectivement les cinqui&#232;me et huiti&#232;me places.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le dimanche 4 juin 1944, ma petite cousine Pierrette voyait le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le mardi 6 juin, d&#233;barquement des Alli&#233;s en Normandie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sources :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Archives &#233;v&#234;ch&#233; de Ch&#226;lons-en-Champagne
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Archives militaires de Pau
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Journal &#171; l'Eclaireur de l'Est &#187; n&#176;11144 du vendredi 26 mai 1944&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre &#171; la petite histoire rejoint la grande histoire &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/il-y-a-soixante-ans-le-jeudi-25-mai-1944_a295.pdf" length="39158" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LES BERRYER</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article296</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article296</guid>
		<dc:date>2004-07-25T10:14:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucien Dubois</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Quand, en 1965, je participai &#224; la r&#233;alisation du mus&#233;e du compagnonnage &#224; Tours, sous la responsabilit&#233; de Monsieur Roger LECOTTE, conservateur en chef, j'&#233;tais loin de penser, au cours de l'installation du chef d'&#339;uvre des compagnons charpentiers &#171; Le Berryer &#187;, qu'un jour, je viendrais r&#233;sider dans la ville de ce tr&#232;s grand orateur. Aujourd'hui, le chef d'&#339;uvre en question est revenu au si&#232;ge des compagnons du tour de France &#224; Paris. Il avait &#233;t&#233; offert en 1847 par les compagnons qui voulaient exprimer (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Revue N&#176;24&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quand, en 1965, je participai &#224; la r&#233;alisation du mus&#233;e du compagnonnage &#224; Tours, sous la responsabilit&#233; de Monsieur Roger LECOTTE, conservateur en chef, j'&#233;tais loin de penser, au cours de l'installation du chef d'&#339;uvre des compagnons charpentiers &#171; Le Berryer &#187;, qu'un jour, je viendrais r&#233;sider dans la ville de ce tr&#232;s grand orateur. Aujourd'hui, le chef d'&#339;uvre en question est revenu au si&#232;ge des compagnons du tour de France &#224; Paris. Il avait &#233;t&#233; offert en 1847 par les compagnons qui voulaient exprimer leur gratitude &#224; leur avocat Antoine-Pierre BERRYER. Cet orateur avait d&#233;fendu gracieusement dix-neuf inculp&#233;s qui avaient men&#233; une gr&#232;ve en 1845.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les documents qui suivent m'ont &#233;t&#233; remis, pour archives, au mus&#233;e de la ville, par Monsieur Roger DUBOIS, ancien responsable de la police municipale, qui les tenait de son p&#232;re Lucien DUBOIS, conseiller municipal et syndicaliste actif.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Au moment o&#249; il &#233;tait question de baptiser le lyc&#233;e technique de la ville, le nom de Berryer avait &#233;t&#233; avanc&#233;, mais refus&#233; par la suite, jug&#233; trop l&#233;gitimiste&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span style='margin-left:350px;'&gt; &lt;/span&gt;G. MOURLET&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre-Nicolas BERRYER et son fils, Antoine-Pierre, avocats de Sainte-M&#233;nehould aux XVIII&#232;me et XIX&#232;me si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XVIII&#232;me si&#232;cle vit na&#238;tre Pierre-Nicolas BERRYER, jurisconsulte, n&#233; &#224; Sainte-M&#233;nehould le 22 mars 1757, mort &#224; Paris le 25 juin 1841. Re&#231;u avocat au Parlement en 1780, il compta pendant pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle au nombre des membres les plus distingu&#233;s du barreau de Paris. Parmi les causes remarquables dont il fut charg&#233;, figurent la d&#233;fense devant la Cour d'assises de Bruxelles du maire d'Anvers, accus&#233; de malversations, la d&#233;fense, de concert avec DUPIN a&#238;n&#233;, du mar&#233;chal NEY devant la Chambre des Pairs en 1815 et, l'ann&#233;e suivante, celle de FAUCHE-BOREL, ancien agent des BOURBONS sous la R&#233;publique et sous l'Empire, contre PERLET, ancien agent de police et journaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre-Nicolas BERRYER, plus connu sous la d&#233;nomination de BERRYER p&#232;re, laquelle servait &#224; le distinguer de son fils, &#233;galement avocat, &#233;tait moins un orateur de grande envergure qu'un jurisconsulte consomm&#233;. Aussi excellait-il dans l'expos&#233; des affaires civiles et particuli&#232;rement des affaires commerciales. Il projeta un &lt;i&gt;Trait&#233; de Droit commercial de terre et de mer tel qu'il est observ&#233; en France et dans les pays &#233;trangers&lt;/i&gt;, trait&#233; qui ne fut jamais publi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre-Nicolas BERRYER laissa trois fils : Antoine-Pierre BERRYER, l'illustre orateur parlementaire, Ludovic BERRYER et Hippolyte-Nicolas BERRYER, qui devint g&#233;n&#233;ral de brigade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine-Pierre BERRYER, porte-parole attitr&#233; du parti l&#233;gitimiste sous la monarchie de Juillet, fut un des repr&#233;sentants les plus &#233;minents de l'&#233;loquence fran&#231;aise. Dou&#233; d'une vive intelligence qui lui permettait en quelques minutes de s'assimiler les mati&#232;res les plus ardues, ma&#238;tre d'une imagination brillante qui mettait sans effort &#224; son service toutes les ressources de l'art oratoire, il lui &#233;tait p&#233;nible de consacrer ses veilles &#224; l'&#233;tude d'affaires serr&#233;es et pr&#233;cises comme le sont en g&#233;n&#233;ral les contestations civiles et commerciales. Aussi fut-il essentiellement orateur et surtout orateur parlementaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
{}&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_512 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH537/berryer-d1343.jpg?1773429558' width='450' height='537' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;Antoine-Pierre BERRYER&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
{}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antoine-Pierre BERRYER aimait le faste. Il passait ses vacances en sa terre d'Augerville (Loiret), o&#249; il menait une vie princi&#232;re. La fr&#233;quentation continue de notabilit&#233;s des vieux partis, un amour inn&#233; des pompes dont aima de tout temps &#224; s'entourer la monarchie traditionnelle, donn&#232;rent &#224; cette personnalit&#233; d'&#233;lite le l&#233;ger travers de s'illusionner volontiers sur ses tr&#232;s honorables, mais modestes origines. BERRYER avait fait graver sur les ex-libris de sa biblioth&#232;que ce d&#233;coratif &#233;cusson : D'argent au chevron de gueules, accompagn&#233; en chef de deux quinte-feuilles d'azur et en pointe d'un aigle de m&#234;me. Ces armoiries &#233;taient celles d'une vieille famille du nom de BERRYER, qui poss&#233;da au XVII&#232;me et au XVIII&#232;me si&#232;cle les fiefs de la Ferri&#232;re, pr&#232;s de Domfront et de Ravenoville pr&#232;s Valognes, et dont une des repr&#233;sentantes, Marie-Elisabeth BERRYER &#233;pousa, le 9 avril 1758, Charles-Fran&#231;ois de LAMOIGNON, marquis de Baville, pr&#233;sident &#224; mortier au Parlement de Paris et garde des sceaux sous Louis XVI. Un certain Ren&#233;-Michel BERRYER, inconnu &#224; la Chesnaye des Bois, serait n&#233; en 1697 de Jean-Louis BERRYER, comte de la Ferri&#232;re et, &#224; la suite des revers, se serait fix&#233; en Champagne. Il aurait eu un fils qui passa en Hollande, o&#249; il germanisa son nom, et un autre fils, Pierre-Michel BERRYER, qui serait venu se fixer &#224; Sainte-M&#233;nehould et y aurait exerc&#233; la noble profession de verrier. Ce Pierre-Michel serait le p&#232;re de Pierre-Nicolas BERRYER, avocat, et le grand-p&#232;re de l'illustre BERRYER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les origines de l'&#233;minent orateur, d'apr&#232;s les registres paroissiaux de Sainte-M&#233;nehould d'abord et ceux de Sarreguemines ensuite, sont tout autres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son p&#232;re, Pierre-Nicolas BERRYER, n&#233; &#224; Sainte-M&#233;nehould le 22 mars 1757, &#233;tait le fils de Pierre BICHEL BERRYER, &#171; marchand fayancier en cette ville &#187;. et d'Anne-Fran&#231;oise VARROQUIER de Givry-en-Argonne. Pierre BICHEL BERRYER, marchand fa&#239;encier, &#233;tait lui-m&#234;me le fils de Jean-Pierre BICHEL BERRIER, bourgeois de Sarreguemines et d'Anne-Marie LAMY. Enfin, Jean-Pierre BICHEL BERRIER, bourgeois de Sarreguemines, &#233;tait le fils de Fran&#231;ois-Jacques BICHEL BERGER, de cette ville et d'Anne-Catherine. Son acte de naissance est dat&#233; du 2 avril 1678.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc authentiquement d&#233;montr&#233; que l'existence de Pierre-Michel BERRYER est un mythe et que c'est le nom allemand de BICHELBERGER qui s'est transorm&#233; en BERRYER et non celui de BERRYER qui s'est germanis&#233;, soit en Hollande, soit ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pierre BICHEL BERRYER, marchand de fa&#239;ences, avait, dit-on, son magasin rue de Royon, aujourd'hui rue Camille Margaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Au nombre des personnes &#224; la g&#233;n&#233;rosit&#233; desquelles l'administration pr&#233;fectorale crut, en 1843, pouvoir faire appel pour la fondation d'une caisse d'&#233;pargne &#224; Sainte-M&#233;nehould, se trouvait Antoine-Pierre BERRYER. L'illustre orateur, alors d&#233;put&#233; de la Haute-Loire, adressa &#224; cette occasion, au sous-pr&#233;fet de cette ville, la lettre suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Monsieur,&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Je vous remercie d'avoir bien voulu vous rappeler que mon p&#232;re est n&#233;&#224; Sainte-M&#233;nehould ; il garda toute sa vie un grand attachement pour son pays natal et moi, par respect et tendresse pour la m&#233;moire de mon p&#232;re, je suis heureux de trouver une occasion de concourir &#224; une chose utile pour les habitants de Sainte-M&#233;nehould. Mon offrande est modeste, mais c'est de grand c&#339;ur et avec empressement que je vous l'envoie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;i&gt; BERRYER&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette lettre &#233;tait jointe une souscription de deux cents Francs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/les-berryer_a296.pdf" length="42100" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>A PROPOS D'UN CENTENAIRE-1847-1947</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article297</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article297</guid>
		<dc:date>2004-07-23T10:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucien Dubois</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'Histoire est, dit-on, un perp&#233;tuel recommencement. Effectivement, les gr&#232;ves qui ont marqu&#233; la fin de l'ann&#233;e 1947 n'&#233;taient pas les premi&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt; Avant l'&#232;re lib&#233;rale qui permit &#224; la solidarit&#233; des travailleurs de na&#238;tre sous forme de soci&#233;t&#233;s de secours mutuels et de syndicats, le compagnonnage fut, pendant des si&#232;cles, sous les r&#233;gimes les plus divers et les plus autoritaires, le seul mode de groupement des travailleurs, au milieu cependant de risques de r&#233;pression autrement s&#233;v&#232;res que ce qui serait (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Revue N&#176;24&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Histoire est, dit-on, un perp&#233;tuel recommencement. Effectivement, les gr&#232;ves qui ont marqu&#233; la fin de l'ann&#233;e 1947 n'&#233;taient pas les premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Avant l'&#232;re lib&#233;rale qui permit &#224; la solidarit&#233; des travailleurs de na&#238;tre sous forme de soci&#233;t&#233;s de secours mutuels et de syndicats, le compagnonnage fut, pendant des si&#232;cles, sous les r&#233;gimes les plus divers et les plus autoritaires, le seul mode de groupement des travailleurs, au milieu cependant de risques de r&#233;pression autrement s&#233;v&#232;res que ce qui serait possible maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les charpentiers se mirent en gr&#232;ve en 1822 et 1832, puis &#224; nouveau en 1845 &#8220; du 9 juin au 5 novembre. D&#233;j&#224; en octobre 1845, et une manifestation de reconnaissance dont la radio officielle s'est faite derni&#232;rement l'&#233;cho, nous le rappelait, des ouvriers, pour protester contre les conditions de travail qu'ils jugeaient incompatibles au regard de l'effort fourni, se mettaient en gr&#232;ve. Les ouvriers, c'&#233;taient les compagnons charpentiers de Paris qui, pour ce fait, furent emprisonn&#233;s. Ces gars du b&#226;timent payaient d&#233;j&#224; ch&#232;rement l'emploi de la seule arme d&#233;fensive de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais une telle iniquit&#233; ne pouvait rester sans &#233;cho dans le c&#339;ur des hommes pour qui le mot &#171; libert&#233; &#187; n'est pas vide de sens, et l'un d'eux, le c&#233;l&#232;bre avocat Pierre Antoine BERRYER, un des repr&#233;sentants les plus &#233;minents de l'&#233;loquence fran&#231;aise du XIX&#232;me si&#232;cle, bien que membre orateur du parti l&#233;gitimiste et adversaire du second Empire, prit courageusement leur d&#233;fense et s'investit dans sa t&#226;che, pour laquelle il ne demandait aucune r&#233;mun&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s de nombreuses arrestations, trois perquisitions &#224; leur si&#232;ge, un proc&#232;s commen&#231;a le 20 ao&#251;t 1845 contre dix-neuf inculp&#233;s. BERRYER d&#233;fendit la cause juste et le m&#233;rite social des compagnons du devoir. Son grand talent, ses sentiments lib&#233;raux, les efforts de ses collaborateurs, ne purent &#233;viter douze condamnations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_513 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L200xH309/compagnon-99464.jpg?1773437930' width='200' height='309' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Leur avocat ayant refus&#233; tous honoraires, les Compagnons Passants Charpentiers du devoir d&#233;cid&#232;rent d'&#233;difier un chef d'&#339;uvre &#8220; que l'on appelait &#224; cause de sa forme un &#171; baldaquin &#187; - et le lui offrirent en remerciement et gratitude. Il fut restitu&#233; aux compagnons &#224; la mort de cet &#233;minent d&#233;fenseur et conserv&#233; au si&#232;ge du compagnonnage &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est pour comm&#233;morer le centenaire de cet &#233;v&#233;nement social historique pour le compagnonnage et pour tous les travailleurs que les compagnons du tour de France de toutes les corporations se sont r&#233;unis le 2 novembre 1947 et se sont rendus au Palais de Justice de Paris o&#249;, en pr&#233;sence de Monsieur le premier Pr&#233;sident de la Cour d'Appel de Paris et de Monsieur le B&#226;tonnier de l'Ordre des Avocats, les compagnons charpentiers rendirent un solennel hommage au grand avocat et d&#233;pos&#232;rent devant son monument &#233;rig&#233; dans la salle des pas perdus, une magnifique gerbe de fleurs &#224; c&#244;t&#233; du chef d'&#339;uvre offert en 1845 par les gr&#233;vistes reconnaissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bon de signaler, et c'est l&#224; pour les m&#233;n&#233;hildiens tout l'int&#233;r&#234;t de cet article, que Pierre-Antoine BERRYER &#233;tait le fils de Nicolas BERRYER, n&#233; &#224; Sainte-M&#233;nehould, et aussi grand avocat et qu'en 1843, alors qu'il &#233;tait d&#233;put&#233; de la Haute-Loire, il fut sollicit&#233; pour une souscription en faveur de la fondation d'une caisse d'&#233;pargne &#224; Sainte-M&#233;nehould et qu'il envoya, en souvenir de son p&#232;re, la somme de deux cents Francs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/a-propos-d-un-centenaire-1847-1947_a297.pdf" length="41127" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; SERVON-MELZICOURT HIER ET AUJOURD'HUI &#187;</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article298</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article298</guid>
		<dc:date>2004-07-21T10:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louis Calibre</dc:creator>


		<dc:subject>1914-1918</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est ainsi que le Comit&#233; des Jeunes avait intitul&#233; l'invitation adress&#233;e pour le dimanche 18 mai 2003 aux habitants de cette sympathique localit&#233; et des environs. Ce programme a rencontr&#233; un plein succ&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt; La matin&#233;e d&#233;buta par la traditionnelle c&#233;r&#233;monie au monument aux morts, symbole du martyr endur&#233; par la commune et ses habitants pendant la Grande Guerre 1914-1918. La messe qui suivit rev&#234;tait un caract&#232;re particulier : elle marquait le soixante-quinzi&#232;me anniversaire de la &#171; nouvelle &#187; &#233;glise, (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Revue N&#176;24&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;1914-1918&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est ainsi que le Comit&#233; des Jeunes avait intitul&#233; l'invitation adress&#233;e pour le dimanche 18 mai 2003 aux habitants de cette sympathique localit&#233; et des environs. Ce programme a rencontr&#233; un plein succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La matin&#233;e d&#233;buta par la traditionnelle c&#233;r&#233;monie au monument aux morts, symbole du martyr endur&#233; par la commune et ses habitants pendant la Grande Guerre 1914-1918. La messe qui suivit rev&#234;tait un caract&#232;re particulier : elle marquait le soixante-quinzi&#232;me anniversaire de la &#171; nouvelle &#187; &#233;glise, ouverte au culte le 9 avril 1928, apr&#232;s sa reconstruction compl&#232;te sur l'emplacement de l'ancienne, suivant un m&#234;me sch&#233;ma aux dimensions plus modestes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_515 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L300xH394/servon-2-43a03.jpg?1773421301' width='300' height='394' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Apr&#232;s le verre de l'amiti&#233; s'ouvrait &#224; la salle des f&#234;tes une exposition montrant l'&#233;volution de la commune et de son patrimoine au cours des si&#232;cles r&#233;cents. Photos, vieux outils, vieilles pierres, liste des anciens maires, articles nombreux et panneaux explicatifs, fruits de l'informatique soigneusement dispos&#233;s sur des tr&#233;teaux, illustraient l'&#233;volution de l'habitat et des activit&#233;s locales au cours de diff&#233;rentes p&#233;riodes. Quoi, de la vigne &#224; Servon ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'animation dura tout l'apr&#232;s-midi, entretenue par l'&#233;vocation de souvenirs, les commentaires &#233;chang&#233;s entre les nombreux visiteurs, habitants de la commune anciens ou r&#233;cents, amis des villages voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette journ&#233;e donna l'occasion de rappeler que la commune actuelle r&#233;sulte de la fusion de deux constituants, Servon et Melzicourt, intervenue en 1843. Mille ans auparavant, au partage de l'empire de Charlemagne, d&#233;cid&#233; par le trait&#233; de Verdun, Servon devint le dernier village &#224; l'ouest de la Lorraine soumis aux seigneurs de Clermont-en-Argonne et de Vienne-le-Ch&#226;teau, alors que Melzicourt se trouvait &#224; l'extr&#233;mit&#233; est de la Champagne. La fronti&#232;re &#233;tait alors constitu&#233;e par la rivi&#232;re Aisne, depuis le confluent de la Biesme, entre Vienne-la-Ville et Saint-Thomas, jusqu'au nord de Servon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Chacun des deux villages avait son &#233;glise, datant du XIII&#232;me si&#232;cle. Celle de Melzicourt, d&#233;di&#233;e &#224; Sainte Marie-Madeleine, &#233;tait abandonn&#233;e en 1789 pour cause de v&#233;tust&#233;. Celle de Servon, d&#233;di&#233;e &#224; Notre-Dame de la Compassion, fit l'objet de travaux aux XV&#232;me, XVI&#232;me et XVIII&#232;me si&#232;cles. Son clocher, incendi&#233; en 1779 fut reb&#226;ti. Elle conserva jusqu'en 1914 son aspect monumental et sa silhouette &#233;lanc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Devenue le point de mire de l'artillerie fran&#231;aise post&#233;e &#224; Saint-Thomas, elle se trouva r&#233;duite en quatre ans &#224; l'&#233;tat de tumulus truff&#233; d'observatoires allemands. En 1918, la question se posa de savoir si Servon, village an&#233;anti, pourrait jamais revivre. Le d&#233;fi fut bient&#244;t relev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La nouvelle &#233;glise a &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement entretenue. Une r&#233;fection du clocher, commenc&#233;e en 1984, fut couronn&#233;e par la pose d'un coq rutilant en 1996. Malheureusement, des &#233;preuves allaient suivre. La temp&#234;te du 26 d&#233;cembre 1999 provoqua, outre la chute de pierres du haut des piliers ext&#233;rieurs, des d&#233;g&#226;ts sensibles &#224; la toiture. Le 2 juillet 2000, des gr&#234;lons mitraillaient les vitraux de la fa&#231;ade nord. Les r&#233;parations n&#233;cessaires devraient intervenir prochainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si ces travaux marquent le souci de p&#233;renniser l'&#233;difice culturel, la paroisse elle-m&#234;me a connu, comme tant d'autres, de profonds changements dus &#224; la d&#233;population des campagnes et au manque de vocations religieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s 1920, deux pr&#234;tres se sont succ&#233;d&#233;s &#224; la cure de Servon, &#224; laquelle &#233;taient alors rattach&#233;s les villages voisins de Binarville et de Saint-Thomas : l'abb&#233; LECOCQ, jusqu'en 1933, puis l'abb&#233; HIRCQ, jusqu'&#224; son d&#233;c&#232;s en 1975. L'abb&#233; GANDON, aujourd'hui en retraite active, fut alors charg&#233; du secteur de Vienne-le-Ch&#226;teau, avec sept clochers. En 1997 fut cr&#233;&#233;e une paroisse encore plus vaste d&#233;nomm&#233;e &#171; Argonne Nord &#187; confi&#233;e &#224; l'abb&#233; COLOMBAR. Elle regroupe dix-sept communes : Berzieux, Binarville, Cernay-en-Dormois, Fontaine-en-Dormois, Gratreuil, Malmy, Massiges, Minaucourt, Moiremont, Rouvroy-Ripont, Saint-Thomas, Servon-Melzicourt, Vienne-la-Ville, Vienne-le-Ch&#226;teau, Virginy, Wargemoulin et Ville-sur-Tourbe o&#249; se trouve la cure. La population totale se monte &#224; quelque deux mille habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour &#233;pauler les pr&#234;tres, des la&#239;cs assument un certain nombre de t&#226;ches mat&#233;rielles et spirituelles, sous l'impulsion du &#171; conseil pastoral &#187; et d'une &#171; &#233;quipe de conduite &#187; install&#233;e en 2002 par Mgr LOUIS, &#233;v&#234;que de Ch&#226;lons-en-Champagne. Sans oublier une excellente chorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Devant l'int&#233;r&#234;t suscit&#233; par l'initiative du Comit&#233; des Jeunes de Servon-Melzicourt, on ne peut que souhaiter la voir reprise en d'autres communes de cette partie de l'Argonne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/servon-melzicourt-hier-et-aujourd-hui_a298.pdf" length="42269" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1914-1918</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article299</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article299</guid>
		<dc:date>2004-07-20T10:52:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Berdold</dc:creator>


		<dc:subject>1914-1918</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Argonnaute fut un des journaux les plus int&#233;ressants et les plus caract&#233;ristiques de la presse du front. Tout en publiant des fantaisies susceptibles d'amuser tous les poilus, il garda une tenue litt&#233;raire tr&#232;s particuli&#232;re. L'Argonnaute fut cr&#233;&#233; le 1er janvier 1916 par deux lettr&#233;s, le po&#232;te Henry Jacques et Maurice Renard, tous deux caporaux au 2&#232;me bataillon du 25&#232;meR.I. Le titre de ce journal trouve son explication dans le lieu o&#249; le journal naquit : en Argonne, alors que le bataillon &#233;tait en (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Revue N&#176;24&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot30" rel="tag"&gt;1914-1918&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; L'Argonnaute fut un des journaux les plus int&#233;ressants et les plus caract&#233;ristiques de la presse du front. Tout en publiant des fantaisies susceptibles d'amuser tous les poilus, il garda une tenue litt&#233;raire tr&#232;s particuli&#232;re. L'Argonnaute fut cr&#233;&#233; le 1er janvier 1916 par deux lettr&#233;s, le po&#232;te Henry Jacques et Maurice Renard, tous deux caporaux au 2&#232;me bataillon du 25&#232;meR.I. Le titre de ce journal trouve son explication dans le lieu o&#249; le journal naquit : en Argonne, alors que le bataillon &#233;tait en r&#233;serve au ravin de Saint-Thomas, au sud du bois de la Gruerie.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; A part de rares exceptions, les auteurs de tous les textes sont les deux directeurs fondateurs. L'Argonnaute publia soixante num&#233;ros et fut tir&#233; &#224; quatre vingt exemplaires, le dernier porte la date de d&#233;cembre 1918 et janvier 1919.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extraits de l'Argonnaute :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; LE VAGUEMESTRE &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Malgr&#233; son titre, qui ne manque pas d'allure, ce n'est, somme touche &#8220; pardon, somme toute &#8220; qu'un facteur rural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous une enveloppe souvent rude, il est cependant fort aim&#233; des soldats, qui appr&#233;cient en lui sa franchise militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas de botte ni m&#234;me de k&#233;pi. Il se contente d'une sacoche et d'un casque. Parfois aussi d'une voiture. Car il est aussi camionneur, ayant maints colis &#224; transporter. Ce n'est pas un ballot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fonctionnaire poilu, soumis &#224; une rude besogne, il est pr&#233;f&#233;rable qu'il ne soit pas timbr&#233;. N'ayant pas de guichet, il est n&#233;cessairement affranchi des pr&#233;jug&#233;s bureaucratiques. Pourtant, il n'est pas insensible aux recommandations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un non-combattant. Mais il n'est pas exempt de dangers. Il est habitu&#233; &#224; manipuler chaque jour des lettres charg&#233;es et il est soumis aux explosions de col&#232;re des bonshommes dont le courrier est en retard. Mais il n'a pas la langue dans sa sacoche et il sait les remettre en place et m&#234;me les fiche dedans. Cela ne fait pas un pli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive souvent &#224; l'heure des marmites. D'o&#249; l'expression c&#233;l&#232;bre aux arm&#233;es : &#171; Boum ! voil&#224; l'facteur ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
{}&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_516 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L350xH208/bertold1-2-d47a9.jpg?1773437930' width='350' height='208' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
{}&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; LA CULOTTE DE BERNSTORFF &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#171; Parmi les officiers allemands faits prisonniers au tunnel du Mort-Homme, pr&#232;s de Verdun, se trouvait le comte Bernstorff, neveu de l'ambassadeur allemand en Am&#233;rique. L'usage veut, et il n'est certes pas inutile, qu'on d&#233;sinfecte les v&#234;tements de tous les prisonniers avant de les renvoyer &#224; l'arri&#232;re. Or, Bernstorff portait une superbe culotte en peau de daim. Arriv&#233; au camp de la premi&#232;re ligne, il supplia qu'on ne la pass&#226;t pas &#224; l'&#233;tuve. Le d&#233;crasseur de Boches fut impitoyable. Il arriva que, dans la vapeur de l'appareil d&#233;sinfectant, la peau de daim se ratatina, si bien que la belle culotte en sortit avec des proportions de celle d'un enfant de six ans. Le matin, on pouvait voir le comte Bernstorff, en cale&#231;on, brandir sa petite culotte, en remplissant le camp de ses r&#233;clamations. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
{}&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class='spip_document_517 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH343/bertold2-25eab.jpg?1773437930' width='450' height='343' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
{}&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;Documents fournis par M. BERDOLD&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;{}&lt;br class='autobr' /&gt; En faisant preuve d'observation et de perspicacit&#233;, vous reconna&#238;trez cette place o&#249; se presse la troupe un jour de 1915 Vous trouverez la r&#233;ponse en page 34. Les lieux n'ont pas beaucoup chang&#233; et la Mairie occupe toujours le m&#234;me b&#226;timent. Toutefois, le terme &#171; ville de l'Argonne &#187; est pr&#233;somptueux. Il y a aujourd'hui dans cette commune moins d'habitants que de soldats sur la photographie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/1914-1918_a299.pdf" length="78356" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'ANNEE DES FEUX A VERRIERES</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article300</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article300</guid>
		<dc:date>2004-07-19T10:54:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Marquet</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1896 laissera un souvenir imp&#233;rissable et combien p&#233;nible dans les annales de Verri&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt; Cultivateurs, b&#251;cherons, sabotiers, tisserands voient arriver avec plaisir le printemps. On parle un peu des &#233;lections municipales qui doivent avoir lieu le 3 mai. Mais nul ne pense qu'elles auront des cons&#233;quences terribles pour toute la population. &lt;br class='autobr' /&gt; Un homme de quarante-huit ans, Am&#233;d&#233;e CARRE, conseiller municipal, n'est pas r&#233;&#233;lu et il en ressent un vif d&#233;pit. D'aucuns l'entendent dire &#224; l'issue du (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Revue N&#176;24&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'ann&#233;e 1896 laissera un souvenir imp&#233;rissable et combien p&#233;nible dans les annales de Verri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cultivateurs, b&#251;cherons, sabotiers, tisserands voient arriver avec plaisir le printemps. On parle un peu des &#233;lections municipales qui doivent avoir lieu le 3 mai. Mais nul ne pense qu'elles auront des cons&#233;quences terribles pour toute la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un homme de quarante-huit ans, Am&#233;d&#233;e CARRE, conseiller municipal, n'est pas r&#233;&#233;lu et il en ressent un vif d&#233;pit. D'aucuns l'entendent dire &#224; l'issue du d&#233;pouillement du scrutin : &#171; &lt;i&gt;je ferai un coup de ma t&#234;te&lt;/i&gt; &#187;. Parole en l'air, qu'un orgueil bless&#233;, croit-on, lui fait prononcer et on l'oublie vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais le mercredi 24 juin, &#224; une heure du matin, un incendie se d&#233;clare dans la grange d'Am&#233;d&#233;e CARRE. En peu de temps, le b&#226;timent et la r&#233;colte qu'il contenait sont la proie des flammes. Les commentaires vont leur train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour les uns, c'est lui qui a mis le feu pour toucher les 2.700 F. pour lesquels elle &#233;tait assur&#233;e. Pour les autres, il a voulu br&#251;ler sa femme qui y couchait. Ce n'&#233;tait un myst&#232;re pour personne que le m&#233;nage n'allait pas, surtout depuis que &#171; la Flaquette &#187; &#233;tait venue habiter la maison voisine Ces deux raisons &#233;taient valables, mais il y en avait une autre &#224; laquelle personne ne songeait : c'est que ce premier incendie &#233;tait le d&#233;but d'un plan qu'en six semaines il avait &#233;tabli et m&#251;ri. En mettant le feu chez lui, il voulait d&#233;tourner les soup&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une semaine apr&#232;s, le 1er juillet, &#224; minuit et demi, l'alarme est donn&#233;e au centre du pays. La ferme exploit&#233;e par Alfred SAQUET est embras&#233;e en un instant. Rien ne peut &#234;tre sauv&#233;. Les habitants ont tout juste le temps de fuir. Leur fillette, Germaine, s'enfuit m&#234;me en chemise de nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les pompiers se pr&#233;cipitent &#224; la mairie pour sortir la pompe. Monsieur BERCHE, l'instituteur, leur ouvre la porte de la remise &#224; pompe et s'affaisse, terrass&#233; par une crise cardiaque. Nul ne s'en aper&#231;oit et la roue de la pompe lui passe sur le corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les maisons voisines de Madame Veuve BOULON-GILLET, de Messieurs HUSSENET, BUIRETTE et de la succession du G&#233;n&#233;ral, habit&#233;es par plusieurs indigents, sont &#233;galement atteintes et presque enti&#232;rement d&#233;truites, malgr&#233; le d&#233;vouement des pompiers de Verri&#232;res auxquels sont venus se joindre ceux de Daucourt, Argers et Sainte-M&#233;nehould.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il n'y a pas de doute, le feu a &#233;t&#233; mis, mais par qui ? La population est atterr&#233;e, surtout quand elle apprend la fin tragique de l'instituteur. Le 4 juillet, les habitants lui font des obs&#232;ques dignes d'un tel ma&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans l'assistance qui apporte au d&#233;funt le juste tribut d'hommage, d'estime et d'affection, on remarque le Maire, le conseil municipal, les pompiers, l'inspecteur de l'enseignement primaire, les instituteurs du canton, une foule &#233;mue et recueillie. CARRE est l&#224;, lui aussi, impassible&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s la c&#233;r&#233;monie religieuse, au moment o&#249; le cercueil va &#234;tre plac&#233; sur la voiture des pompes fun&#232;bres pour &#234;tre reconduit &#224; Arzilli&#232;res (son pays natal) plusieurs discours sont prononc&#233;s. Apr&#232;s l'inspecteur, Monsieur JACQUOT se fait l'interpr&#232;te de tous pour dire un dernier adieu &#224; ce grand ami qu'&#233;tait M. BERCHE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Aux malheurs caus&#233;s par les sinistres qui viennent d'&#233;clater dans la commune est venu s'en ajouter un autre, celui-l&#224; plus grand et pour toujours irr&#233;parable, la perte de M. BERCHE. Ces tristes &#233;v&#233;nements s'encha&#238;nent et expliquent la douleur profonde que tous ici nous ressentons.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s lui, en termes &#233;mus et &#224; travers des larmes abondantes, un jeune enfant de l'&#233;cole vient traduire les sentiments de ses camarades :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; &lt;i&gt;Le malheur est donc sur Verri&#232;res. Nous vivions si heureux sous la tutelle du bon M. BERCHE et voil&#224; qu'un mis&#233;rable, apr&#232;s avoir sem&#233; deux fois la d&#233;solation et la ruine dans nos familles, nous a priv&#233; de notre bon p&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'incendiaire a-t-il assouvi sa vengeance ? Non !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 13 juillet, &#224; deux heures du matin, nouvel incendie &#224; la Routi&#232;re, dans la remise de M. BURGAIN, tisserand. Le mobilier et l'outillage sont la proie des flammes et le feu se communique aux maisons voisines, malgr&#233; les pompiers de Verri&#232;res, Argers, Villers, Chaudefontaine et Sainte-M&#233;nehould, arriv&#233;s sur les lieux en un temps record si l'on songe aux moyens de transmission de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La maison de Sim&#233;on GERAULT, scieur de long, la grange VITAL-LEROY, la maison du sabotier Th&#233;odore SAQUET sont atteintes. On craint que le feu se communique &#224; la ferme de M. VARIN et de Justin JACQUOT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La gendarmerie enqu&#234;te et tous accusent Am&#233;d&#233;e CARRE et sa femme. On se rappelle ses menaces. Ils sont tous deux arr&#234;t&#233;s et transf&#233;r&#233;s &#224; la prison de Ch&#226;lons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin on va pouvoir respirer et dormir tranquille. Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 5 ao&#251;t, Maria, femme d'Am&#233;d&#233;e, rentre au pays : elle est mise en libert&#233; provisoire. Elle va en profiter pour continuer les sinistres et ainsi tenter de d&#233;montrer que ce n'&#233;tait pas son mari qui mettait le feu. Le 8 ao&#251;t, elle s'adresse &#224; une journali&#232;re, la femme ROUGEOT, qui travaille pour elle et lui fait conna&#238;tre le but qu'elle poursuit. Elle la sollicite pour mettre le feu chez un voisin, Henri HUSSENET, cultivateur. Mais celle-ci repousse cette proposition. &#171; &lt;i&gt;Eh bien, j'irai moi-m&#234;me, afin de faire mettre Am&#233;d&#233;e en libert&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ainsi que le 11 ao&#251;t, &#224; une heure du matin, les habitants sont r&#233;veill&#233;s par une sonnerie de clairon et voient le sieur ROUGEOT, en chemise, qui parcourt les rues du pays en criant d'une voix &#233;trangl&#233;e : &#171; &lt;i&gt;le feu est chez Pa l'Henri.&lt;/i&gt; &#187; Son accoutrement plus que sommaire et son &#233;motion apparente, n'est-ce pas une com&#233;die grotesque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La lueur qui tant de nuits d&#233;j&#224; a illumin&#233; le pays remplit de terreur tous les habitants. La maison d'habitation peut &#234;tre pr&#233;serv&#233;e gr&#226;ce &#224; la promptitude des secours, mais la grange et l'&#233;curie qui &#233;taient contigu&#235;s sont la proie des flammes, ainsi que les r&#233;coltes, les bestiaux et le mobilier de culture qu'elles contenaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'&#233;motion est &#224; son comble. Mais alors, il a des complices ! Mais qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut organiser des veill&#233;es. Et chaque jour, apr&#232;s la journ&#233;e harassante de la moisson, on prend son tour de garde. Des postes sont cr&#233;&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Signalons entre autres le d&#233;vouement d'une vieille demoiselle, Irma LEQUERME. Avec autorit&#233;, elle sait placer celui-ci et r&#233;veiller celui-l&#224;. Ce qui lui vaut le surnom de &#171; capitaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Monsieur SOLANDRE, boulanger et un voisin int&#233;ress&#233; &#224; la chose, installent des r&#233;seaux de fils derri&#232;re les habitations. Un contact avec ce fil d&#233;clenche une sonnerie chez l'un et l'autre, mais une fois, c'est un chien r&#244;deur qui donne l'alarme, ou un homme, peut-&#234;tre en reconnaissance, qui est fouill&#233; de fond en comble pour l'exemple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Malgr&#233; toutes ces pr&#233;cautions, le tocsin sonne un soir &#224; dix heures. Le feu est chez le &#171; Bijou &#187;. Tout le monde se pr&#233;cipite et heureusement parvient &#224; le ma&#238;triser. Mais l'esprit des habitants fermente, bouillonne Un cri : &#171; &lt;i&gt;c'est la Doline&lt;/i&gt; ! &#187; c'est le surnom donn&#233; &#224; la tante de CARRE. Elle couche chez lui depuis son d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On est vite d'accord : &#171; &lt;i&gt;on va la f dans le feu&lt;/i&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Un groupe de gaillards se rue dans la maison, tire la femme du lit et la sort dehors, telle quelle et bon train. Les coups de poings et les coups de pieds pleuvent. A mi-chemin, malgr&#233; M. D'ASNIERES, un vieillard, elle re&#231;oit un coup de gourdin et s'affaisse. Le sang coule, sa chemise se colore largement. On la remet sur pied et on continue avec une allure plus calme. M. D'ASNIERES re&#231;oit une aide. S&#339;ur Germaine, qui a vu la sc&#232;ne, intervient aussi et va panser la bless&#233;e. Elle demande un peu d'eau. Le fils de l'instituteur arrive avec un seau plein et, avant que la religieuse ait eu le temps de voir le geste, le d&#233;verse enti&#232;rement sur la t&#234;te de la Doline. La bonne infirmi&#232;re va reconduire la bless&#233;e. Un groupe de jeunes surgit qui voudrait lui faire un pas de conduite. S&#339;ur Germaine est une autorit&#233; calmante : &#171; &lt;i&gt;suffit&lt;/i&gt; ! &#187; En soi l'affaire est grave. Il y a plainte. Le docteur SIMON d&#233;clare : &#171; &lt;i&gt;contusions l&#233;g&#232;res&lt;/i&gt; &#187; malgr&#233; la chemise qui proteste. L'affaire en reste l&#224; cependant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce d&#233;cha&#238;nement subit de toute la population va-t-il faire r&#233;fl&#233;chir les incendiaires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 29 septembre, &#224; dix heures du soir, deux jeunes gens, Camille HUSSENET et Raymond JACQUOT, qui rentrent chez eux, aper&#231;oivent &#224; travers les planches mal jointes de la porte de grange d'un jardinier, une lueur rouge&#226;tre. C'est le feu &#224; n'en pas douter. L'un d'eux va pr&#233;venir les pompiers pendant que l'autre r&#233;veille le propri&#233;taire, le vieux jardinier surnomm&#233; &#171; Lanlaine &#187;. Il refuse de se lever. Singuli&#232;re attitude ! Le feu qui avait &#233;t&#233; mis aux paillassons est vite ma&#238;tris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le jardinier est charg&#233; sans m&#233;nagement, c'est le moins qu'on puisse dire, sur une voiture et conduit &#224; Sainte-M&#233;nehould, d&#251;ment et bruyamment accompagn&#233;, o&#249; il est coffr&#233; quelques jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Est-ce la derni&#232;re alerte ? Va-t-on pouvoir parler d'autre chose que de ces incendies ? De la visite du Tsar, par exemple ! L'Eclaireur de l'Est, l'Union R&#233;publicaine, le Messager de la Marne d&#233;crivent l'importance des pr&#233;paratifs de la r&#233;ception. Un feu d'artifice monstre va &#234;tre tir&#233; du haut de la jeune Tour Eiffel. L'illustre visiteur passera en revue, &#224; cheval, 75.000 hommes de troupe au camp de Ch&#226;lons C'est &#224; peine si on jette un coup d'&#339;il sur les gros titres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le 2 octobre, &#224; la Routi&#232;re, chez Eug&#232;ne BOUDAILLE, le feu est mis dans les cabinets attenant &#224; la grange, &#224; l'aide de bottes de paille. Des trous ont &#233;t&#233; perc&#233;s avec une vrille dans la cloison. Heureusement, quelques seaux d'eau suffisent pour l'&#233;teindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans la nuit du 10 octobre, des beuglements sinistres se font entendre. Que se passe-t-il ? Le feu est dans l'&#233;curie de Vital LEROY. Le criminel a pass&#233; une torche de paille enflamm&#233;e par la chati&#232;re. Le feu se communique &#224; la liti&#232;re et l&#232;che d&#233;j&#224; le jarret des b&#234;tes. Les propri&#233;taires et les veilleurs arrivent &#224; temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais quand donc cela finira-t-il ? qui donc rendra la tranquillit&#233; &#224; tous ces braves gens aux traits tir&#233;s par les veilles, au c&#339;ur serr&#233; par une perp&#233;tuelle angoisse. Et chacun de se dire : &#171; &lt;i&gt;demain, ce sera peut-&#234;tre chez moi&lt;/i&gt; ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une nouvelle vient d'arriver au pays : CARRE passera aux Assises fin octobre. Les t&#233;moins sont convoqu&#233;s pour le 30. Ils sont vingt et un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Apr&#232;s l'interrogatoire des accus&#233;s &#224; la Cour d'Assises de la Marne, c'est l'audition des t&#233;moins. Puis c'est l'accusation soutenue par Monsieur le Substitut BRUYANT. Monsieur MENESSON-CHAMPAGNE s'attache &#224; d&#233;montrer l'absence absolue de toute preuve mat&#233;rielle. D'apr&#232;s le d&#233;fenseur, il n'y a que des pr&#233;somptions et le fait que, depuis les arrestations des &#233;poux CARRE, les incendies ont cess&#233; p&#234;che par la base, puisque l'on d&#233;couvre au dernier moment qu'il s'en est encore d&#233;clar&#233; cinq depuis ce moment. Dans ces conditions, il r&#233;clame au jury l'acquittement des pr&#233;venus. Les d&#233;bats sont termin&#233;s. Les jur&#233;s se retirent pour d&#233;lib&#233;rer et rapportent, apr&#232;s dix minutes, un verdict n&#233;gatif. En cons&#233;quence, les &#233;poux CARRE sont acquitt&#233;s. Les t&#233;moins se regardent, semblant ne pas comprendre. Tristement, ils rentrent au pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Verri&#232;res re&#231;oit la nouvelle avec stupeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; CARRE rentre au pays. Que va-t-il advenir ? Rien. Car l'attitude ferme des t&#233;moins lui a d&#233;montr&#233; que si la justice ne l'a pas reconnu coupable, tous, au pays, l'accusent. Il sait maintenant que si un incendie se d&#233;clare, il subira &#224; coup s&#251;r le sort de sa tante et cela se terminera certainement plus mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le temps de l'expiation va commencer, pour cet orgueilleux devenu criminel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les quelques ann&#233;es qui lui restent &#224; vivre vont &#234;tre un enfer. Il ne peut plus sortir sans &#234;tre nargu&#233;, injuri&#233;. C'est le &#171; d&#233;plum&#233; &#187;, le &#171; marchand de braisettes &#187;. Tel cultivateur, le voyant revenir de la ville, enflamme une botte de paille dans le milieu de la route, quelques secondes avant son passage. Un gar&#231;on boulanger envoie une pauvre d'esprit chez lui pour lui demander deux sous de braise ! Maintenant, il va &#224; la ville par des chemins d&#233;tourn&#233;s. Il se terre chez lui, portes et volets clos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette existence de b&#234;te traqu&#233;e ne tarde pas &#224; alt&#233;rer sa sant&#233;. Un mal terrible le ronge. Voyant la mort arriver, il se souvient qu'au dessus de la justice des hommes, avec ses d&#233;faillances et ses erreurs, il y en a une autre que l'on ne peut influencer et &#224; laquelle personne ne peut se soustraire. Il fait appeler un pr&#234;tre Quelques jours apr&#232;s, il meurt dans d'atroces souffrances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si sa disparition n'a pas &#233;t&#233; regrett&#233;e, sa fin tourment&#233;e par des souffrances physiques et morales a frapp&#233; la population. De m&#234;me que la mort tragique et troublante de trois de ses complices suppos&#233;s : l'une tombe dans son &#226;tre o&#249; son enfant, au retour de l'&#233;cole, la d&#233;couvre la t&#234;te et le tronc carbonis&#233;s (24 novembre 1896). Son mari, b&#251;cheron , br&#251;le dans sa hutte aux bois. La troisi&#232;me est br&#251;l&#233;e dans son lit par sa lampe &#224; alcool&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il y a plus de cent ans de cela et les plus anciens Padadas ont encore en m&#233;moire cette ann&#233;e des feux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/l-annee-des-feux-a-verrieres_a300.pdf" length="26081" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LA PECHE MIRACULEUSE</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article301</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article301</guid>
		<dc:date>2004-07-18T11:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Duboisy</dc:creator>


		<dc:subject>sourire</dc:subject>
		<dc:subject>humour</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ren&#233; jouissait de l'estime g&#233;n&#233;rale dans ce bourg d'Argonne. Pour certains, il avait tout de m&#234;me un vilain d&#233;faut : c'&#233;tait un &#171; rouge &#187;. Et puis un vrai, grand teint garanti. &lt;br class='autobr' /&gt; Il avait quitt&#233; le village apr&#232;s la guerre, pour travailler en usine &#224; Paris. Il en &#233;tait revenu r&#233;volutionnaire, toujours au service de la classe ouvri&#232;re comme il disait. Tous les dimanches, il vendait le journal de son parti, parfois m&#234;me aux &#171; r&#233;actionnaires &#187; car il &#233;tait estim&#233; dans le village, courageux et toujours pr&#234;t &#224; (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Revue N&#176;24&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot4" rel="tag"&gt;sourire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot18" rel="tag"&gt;humour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ren&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Inspir&#233; tr&#232;s librement d'un fait divers bien r&#233;el. Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; jouissait de l'estime g&#233;n&#233;rale dans ce bourg d'Argonne. Pour certains, il avait tout de m&#234;me un vilain d&#233;faut : c'&#233;tait un &#171; rouge &#187;. Et puis un vrai, grand teint garanti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il avait quitt&#233; le village apr&#232;s la guerre, pour travailler en usine &#224; Paris. Il en &#233;tait revenu r&#233;volutionnaire, toujours au service de la classe ouvri&#232;re comme il disait. Tous les dimanches, il vendait le journal de son parti, parfois m&#234;me aux &#171; r&#233;actionnaires &#187; car il &#233;tait estim&#233; dans le village, courageux et toujours pr&#234;t &#224; rendre service. Mais, par contre, pas question de le voir &#224; la messe : &#171; &lt;i&gt;Toutes ces bondieuseries ne sont que l'opium du peuple qui rend l'ouvrier docile dans l'attente des f&#233;licit&#233;s c&#233;lestes&lt;/i&gt; &#187;. Il &#233;tait conciliant, et lorsqu'il rencontrait le pr&#234;tre, il n'avait pas pris l'habitude des plus anticl&#233;ricaux de ses camarades, qui lui disaient &#171; &lt;i&gt;Bonjour Monsieur&lt;/i&gt; &#187;, non, il lui servait un &#171; &lt;i&gt;Bonjour Monsieur le cur&#233;&lt;/i&gt; &#187;, mais pas un mot de plus. Poli, mais sans concession avec cet alli&#233; des &#171; ennemis de classe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ren&#233; &#233;tait p&#234;cheur, un bon p&#234;cheur. De bon matin, on le trouvait sur les bords de l'Aisne, &#224; la recherche de fameux coins qu'il savait deviner en fonction de la saison, de la hauteur de l'eau, de sa couleur, de sa temp&#233;rature, que sais-je encore ? Et notre homme &#233;tait devenu ma&#238;tre en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le voil&#224; donc, cigarette au bec, go&#251;tant dans un petit matin d'Argonne bien frais, les odeurs l&#233;g&#232;res qui montent, &#224; travers la brume, de cette eau vivante et trouble. Voil&#224; le bouchon qui s'enfonce. C'est trop brutal, pas de doute, ce n'est pas une touche. &#171; &lt;i&gt;M, je suis accroch&#233; au fond&lt;/i&gt; &#187;. Mais &#224; quoi ? Ca bouge, mais il faut l'&#233;puisette pour sortir l'objet &#224; grand peine. Lorsque Ren&#233; le vit, il s'&#233;cria : &#171; &lt;i&gt;Vingt Dieux, il fallait bien que cela tombe sur moi ; mon samedi est foutu&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le lendemain dimanche, les copains de Ren&#233; l'attendaient dans leur caf&#233; (car dans le village, il y avait un caf&#233; de gauche et un caf&#233; de droite) pour prendre l'ap&#233;ro. Il est &#224; noter que Ren&#233; ne buvait que de la limonade, mais c'&#233;tait tout de m&#234;me l'ap&#233;ro. Et voil&#224; un conseiller municipal de droite qui pousse la porte, sourire aux l&#232;vres.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les cocos, tourn&#233;e g&#233;n&#233;rale ! J'arrose la conversion de votre chef !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que tu racontes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Hier soir, je sors de chez moi pour pisser et qu'est-ce que je vois ? Mon Ren&#233; qui longeait le mur de ma grange. Qu'est-ce qu'il fait l&#224;, que je me dis. Il va quand m&#234;me pas y foutre le feu ! Et vl&#224;-t-y pas qu'il va frapper &#224; la porte du presbyt&#232;re. Il avait quelque chose sous le bras. S&#251;rement un cadeau pour notre cur&#233; afin de se faire pardonner ses p&#234;ch&#233;s de m&#233;cr&#233;ant ! Peut-&#234;tre m&#234;me qu'il s'est confess&#233;, car il y est bien rest&#233; un quart d'heure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, on se refusa de trinquer avec cette &#171; grande gueule de cul terreux &#187; et on ne crut pas un mot de cette histoire. D'ailleurs, on n'osa m&#234;me pas en parler &#224; Ren&#233;, de peur de le vexer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment, le cur&#233; montait en chaire pour son sermon dominical :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mes bien chers fr&#232;res. Depuis trois mois, notre oratoire est priv&#233; de la statue qui veille sur la vall&#233;e, vandalis&#233;e qu'elle fut par des chenapans. Et bien, Dieu soit lou&#233;, notre Vierge est de retour. Un habitant du village l'a rep&#234;ch&#233;e dans l'Aisne. Ce n'est pas un de nos paroissiens, je ne l'ai jamais vu dans cette &#233;glise. Et pourtant il s'est empress&#233; de venir me l'apporter. Les voix de Dieu sont imp&#233;n&#233;trables. En choisissant cet homme comme trait d'union entre la Vierge et nous, ne veut-il pas nous dire qu'il saura reconna&#238;tre les siens, m&#234;me parmi ceux qui disent lui tourner le dos ? Je vous demande d'associer ce p&#234;cheur miraculeux &#224; vos pri&#232;res de ce jour&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On n'a jamais tant pri&#233; pour Ren&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il n'a pas pour autant chang&#233; d'opinions. Et quand il est parti bien t&#244;t, tout le village l'a accompagn&#233; l&#224;-haut, au cimeti&#232;re, mais en &#233;vitant de passer par l'&#233;glise. C'&#233;tait sa derni&#232;re volont&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_518 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH544/peche-2-316ff.jpg?1773437930' width='450' height='544' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Inspir&#233; tr&#232;s librement d'un fait divers bien r&#233;el. Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/la-peche-miraculeuse_a301.pdf" length="45335" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>HISTOIRE DE PONTS : LE PONT DE PIERRE</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article302</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article302</guid>
		<dc:date>2004-07-17T11:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>John Jussy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La ville du moyen-&#226;ge, cern&#233;e de remparts, &#233;tait travers&#233;e par l'Aisne qui, apr&#232;s avoir re&#231;u les eaux de l'Auve, se partageait en deux bras. Il y avait donc alors deux ponts et une &#238;le, car les deux bras se r&#233;unissaient avant la sortie de la cit&#233;.une impasse de la ville est encore aujourd'hui nomm&#233;e &#171; Impasse de l'Ile &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces ponts, comme le montre le plan qui accompagnait l'ouvrage d'histoire de Claude BUIRETTE (1837) supportait des maisons, ce qui a certainement facilit&#233; la progression des flammes du (...)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Revue N&#176;24&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La ville du moyen-&#226;ge, cern&#233;e de remparts, &#233;tait travers&#233;e par l'Aisne qui, apr&#232;s avoir re&#231;u les eaux de l'Auve, se partageait en deux bras. Il y avait donc alors deux ponts et une &#238;le, car les deux bras se r&#233;unissaient avant la sortie de la cit&#233;.une impasse de la ville est encore aujourd'hui nomm&#233;e &#171; Impasse de l'Ile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_519 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L200xH271/pont1-e99cc.jpg?1773437930' width='200' height='271' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt; Ces ponts, comme le montre le plan qui accompagnait l'ouvrage d'histoire de Claude BUIRETTE (1837) supportait des maisons, ce qui a certainement facilit&#233; la progression des flammes du terrible incendie qui ravagea la ville en ao&#251;t 1719. La reconstruction allait donner une ville neuve avec un nouveau pont, dont la premi&#232;re pierre fut pos&#233;e le 18 juillet 1724.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les bras de la rivi&#232;re avaient &#233;t&#233;, d'apr&#232;s la volont&#233; de l'architecte Philippe de la FORCE, supprim&#233;s pour que la rivi&#232;re ne coule qu'en un seul lit. Le pont &#233;tait form&#233; de trois arches et, accol&#233; au parapet nord, une descente caillouteuse amenait &#224; l'abreuvoir. C'est ce pont que nous montrent toutes les cartes postales du d&#233;but du XIX&#232;me si&#232;cle et des ann&#233;es qui suivirent, car la premi&#232;re guerre mondiale l'&#233;pargna.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_521 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH263/pont2-65b94.jpg?1773437930' width='450' height='263' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le seul pont dans l'enceinte de l'ancienne ville et le seul en pierre, &#224; l'oppos&#233; de ses confr&#232;res, comme le pont de la route qui m&#232;ne en Lorraine et qui fut en bois jusqu'en 1908. De &#171; pont des bois &#187; celui-ci devint &#171; pont rouge &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Des personnages c&#233;l&#232;bres le franchirent : Louis XV, bien s&#251;r, puisque c'est sous son r&#232;gne que fut reconstruite la ville, Louis XVI, qui le franchit deux fois en deux heures, les 21 et 22 juin 1791. Puis, Napol&#233;on, venu f&#233;liciter Drouet et encore Louis Philippe qui voulait revenir sur le champ de bataille de Valmy. Encore Victor Hugo, venant de Ch&#226;lons pour aller coucher un soir de juin 1838 &#224; l'h&#244;tel de Metz et en 1956, la statue de Dom P&#233;rignon, sculpt&#233;e &#224; Ch&#226;lons et promen&#233;e &#224; travers la ville avant d'&#234;tre plac&#233;e &#224; l'entr&#233;e du jardin public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Juin 1940 : les arm&#233;es allemandes ont d&#233;j&#224; bombard&#233; la ville, causant des d&#233;g&#226;ts importants : 279 maisons d&#233;truites, 82 endommag&#233;es (selon E. BAILLON, histoire de la ville). Le 12, le g&#233;nie fran&#231;ais d&#233;cide de faire sauter les ponts pour retarder l'avance des troupes ennemies. Le pont de pierre sera une des premi&#232;res victimes. Les deux maisons de chaque c&#244;t&#233; de la route pr&#232;s de la voie ferr&#233;e seront aussi d&#233;truites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le pont fut reconstruit pendant l'occupation allemande, mais avec deux arches seulement. Une passerelle de bois avait &#233;t&#233; plac&#233;e en aval, tout pr&#232;s du pont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_522 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH307/pont3-c6514.jpg?1773437930' width='450' height='307' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;Photo fournie par M. Louis Michel&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Un accident peu banal arriva &#224; cet endroit : un camion allemand charg&#233; de bouteilles de champagne d&#233;vala la rue Florion &#224; trop grande vitesse et, ne pouvant n&#233;gocier le virage que pr&#233;sentait la passerelle, finit sa course, avec son chargement, dans la rivi&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mais c'est surtout en 1944 que le pont allait entrer dans l'Histoire. le 30 mai, les Am&#233;ricains &#233;taient aux portes de la ville, les ennemis finissaient leur retraite. Le pont fut &#224; nouveau min&#233;, par les Allemands cette fois, et aurait d&#251; sauter si un groupe de patriotes n'&#233;tait intervenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Maurice JAUNET, chef des pompiers, demanda l'aide de quelques m&#233;n&#233;hildiens. Il pla&#231;a un guetteur route de Chaudefontaine pour surveiller une &#233;ventuelle arriv&#233;e d'ennemis. La voiture allemande qui parcourait en observateur les rues de la ville s'&#233;tait &#233;loign&#233;e. Il fallait faire vite. Une colonne qui battait en retraite pouvait arriver &#224; tout instant. Maurice JAUNET et quelques compatriotes s'&#233;lancent. On franchit le parapet, on s'agrippe. Les charges qui devaient faire sauter l'ouvrage sont jet&#233;es dans la rivi&#232;re. Des Allemands, mont&#233;s dans une voiture beige &#224; Croix Rouge arrivaient peu apr&#232;s. Ils mirent le feu dans une remorque stationn&#233;e devant l'h&#244;pital. l'op&#233;ration de d&#233;minage avait pris peu de temps. Le pont &#233;tait sauv&#233;, l'avance des Am&#233;ricains ne serait pas retard&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Pour que l'Histoire n'oublie pas cet acte de courage, une inscription fut grav&#233;e dans les deux parapets du pont : &#171; &lt;i&gt;Ce pont, ainsi qu'une notable partie de la ville, ont &#233;t&#233; pr&#233;serv&#233;s de la destruction sur l'initiative de Maurice JAUNET, aid&#233; par un groupe de patriotes, le 30 ao&#251;t 1944.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Puis le pont a vu un jour dispara&#238;tre le grand lavoir, o&#249; les dames aimaient se raconter les potins de la ville. Les chars ont depuis longtemps laiss&#233; la place aux poids lourds et d'autres convois exceptionnels et une petite s&#339;ur est apparue dans les ann&#233;es 90 au fond du Quai Valmy : une passerelle. Et puis est venu le temps des kayaks, des p&#233;dalos, des vasques de fleurs et des touristes &#224; qui l'on raconte l'histoire d'un pont nomm&#233; &#171; pont de pierre &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/histoire-de-ponts-le-pont-de-pierre_a302.pdf" length="109359" type="application/pdf" />
		

	</item>



</channel>

</rss>
