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	<title>Sainte M&#233;nehould et ses Voisins d'Argonne</title>
	<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/</link>
	<description>Ce site publie les &#233;ditions r&#233;guli&#232;res d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualit&#233; de l'Argonne et de ses environs.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>EDITORIAL</title>
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		<dc:date>2003-07-28T18:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Berdold</dc:creator>


		<dc:subject>Editorial</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En guise d'&#233;ditorial peu banal, voici, de la plume de Roger BERDOLD, une critique tout en sourire du dernier livre &#233;dit&#233; par Fran&#231;ois STUPP, dont l'humilit&#233; n'emp&#234;che pas de faire le sage (Cf. Saint Fran&#231;ois de SALES). &lt;br class='autobr' /&gt;
A vos rangs ! Fixe ! &lt;br class='autobr' /&gt;
On ne bouge plus, on ne cause plus. Tous les livres sont au garde &#224; vous pour voir &#171; SANTARD, promo 48 &#187; franchir le seuil de la biblioth&#232;que municipale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette nouvelle recrue n'a pas le temps de rejoindre le rayon o&#249; tr&#244;nent d&#233;j&#224; les anciens &#171; R&#233;fugi&#233; au pays des (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Revue N&#176;20&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Editorial&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;En guise d'&#233;ditorial peu banal, voici, de la plume de Roger BERDOLD, une critique tout en sourire du dernier livre &#233;dit&#233; par Fran&#231;ois STUPP, dont l'humilit&#233; n'emp&#234;che pas de faire le sage (Cf. Saint Fran&#231;ois de SALES).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A vos rangs ! Fixe !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne bouge plus, on ne cause plus. Tous les livres sont au garde &#224; vous pour voir &#171; SANTARD, promo 48 &#187; franchir le seuil de la biblioth&#232;que municipale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle recrue n'a pas le temps de rejoindre le rayon o&#249; tr&#244;nent d&#233;j&#224; les anciens &#171; R&#233;fugi&#233; au pays des Justes &#187; et &#171; Jules ROMAINS &#187; (bibliographie), que d&#233;j&#224; le biblioth&#233;caire Pr&#233;sident de notre association clame haut et fort : &#171; &lt;i&gt;le nouveau STUPP est arriv&#233; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imm&#233;diatement je sollicite la faveur de lire ce livre dont le matricule est &#171; 3550071 &#187; de la classe de septembre 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est avec beaucoup d'int&#233;r&#234;t et de plaisir que je d&#233;couvre l'&#339;uvre de notre ami Fran&#231;ois STUPP, Pharmacien g&#233;n&#233;ral du cadre de r&#233;serve et photographe officiel de notre revue dans le civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau en relate bien s&#251;r les phases du m&#251;rissement d'un &#171; bleu &#187; qui, apr&#232;s quatre ann&#233;es de mac&#233;ration dans l'ambiance agit&#233;e des locaux, plus qu'historiques de la Rue Berthelot, devient &#224; la sortie, un vert (couleur des &#233;paulettes et k&#233;pis des pharmaciens militaires) Puis, c'est le grand d&#233;part pour une carri&#232;re d'officier au sein du grand service de sant&#233; des arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la &#171; seringue &#187; de son auteur, vous pourrez d&#233;couvrir &#171; SANTARD &#187; en ces pages p&#233;tillantes, succulentes et sulfureuses d'un &#171; SANTARD &#187; dont le dernier grade est : M&#233;n&#233;hildien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre est &#224; votre disposition aupr&#232;s de la biblioth&#232;que municipale de Menou et peut &#234;tre command&#233; aupr&#232;s de : Muller &#233;dition BP 122 &#8220; 94134 Issy les Moulineaux Cedex, au prix de 23 + frais de port.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quipe de Sainte-M&#233;nehould et ses Voisins d'Argonne f&#233;licite leur ami pour cet ouvrage et attend d&#233;j&#224; avec impatience le prochain &#171; jus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;L'ex-sergent infirmier de permanence
&lt;p&gt;Classe 63 1/A&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>DOM PERIGNON ET SON DISCRET SCULPTEUR</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article246</link>
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		<dc:date>2003-07-27T12:36:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Duboisy</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une enqu&#234;te &lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque la ville de Sainte-M&#233;nehould f&#234;te, le 13 mai 1956, DOM PERIGNON, (le syndicat d'initiative, dirig&#233; par Jean NOEL et Jean DEPORS est l'organisateur des festivit&#233;s), elle inaugure une statue repr&#233;sentant la gloire locale. A cette occasion, elle &#233;dite une brochure, &#171; Sainte-M&#233;nehould 13 mai &#187;, tir&#233;e certainement &#224; plus d'un millier d'exemplaires. Dans le programme qu'elle contient, la statue appara&#238;t comme la vedette de la journ&#233;e. On l'accueille &#224; 9h45, on la b&#233;nit &#224; 11h00 et on (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Revue N&#176;20&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une enqu&#234;te&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la ville de Sainte-M&#233;nehould f&#234;te, le 13 mai 1956, DOM PERIGNON, (le syndicat d'initiative, dirig&#233; par Jean NOEL et Jean DEPORS est l'organisateur des festivit&#233;s), elle inaugure une statue repr&#233;sentant la gloire locale. A cette occasion, elle &#233;dite une brochure, &#171; Sainte-M&#233;nehould 13 mai &#187;, tir&#233;e certainement &#224; plus d'un millier d'exemplaires. Dans le programme qu'elle contient, la statue appara&#238;t comme la vedette de la journ&#233;e. On l'accueille &#224; 9h45, on la b&#233;nit &#224; 11h00 et on l'inaugure &#224; 11h30. Par contre, pas un mot du sculpteur, pas m&#234;me son nom. Les M&#233;n&#233;hildiens seraient-ils &#224; la foi ingrats et grossiers ? Tiens tiens Il nous faut r&#233;soudre cette &#233;nigme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re information : Nom : ALBA, pr&#233;nom : Nicolas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me information : nationalit&#233; roumaine. Il n'y a l&#224; rien d'&#233;tonnant. La sculpture a toujours &#233;t&#233; &#224; l'honneur dans ce pays, nation latine perdue dans le monde slave et dont les liens culturels avec la France et l'Italie sont forts. La Roumanie a donn&#233; au monde un des sculpteurs les plus prestigieux du XX&#232;me si&#232;cle, BRANCUSI (1876-1957) dont on peut voir l'atelier reconstitu&#233; sur la parvis du Mus&#233;e Beaubourg &#224; Paris. Ses statues figuratives mais souvent simplifi&#233;es &#224; l'extr&#234;me (on en reparlera) inspireront Nicolas ALBA qui fut son disciple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me et derni&#232;re information qui explique tout : une personnalit&#233; &#233;trange, une peur maladive du monde, des honneurs, des contacts, un homme atrabilaire, diront certains, d&#233;couvrant une vocation d'ermite ou peut-&#234;tre plus certainement un &#234;tre frapp&#233; par un traumatisme qui l'am&#232;ne &#224; se retirer du monde, oubliant p&#232;re, femme, enfants. Mais aussi et surtout, une volont&#233; de se consacrer en priorit&#233; &#224; sa foi dans une d&#233;marche mystique.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La vie de Nicolas ALBA&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tel n'&#233;tait pas le nom de ce fils d'un p&#232;re illustre. Il s'appelle, comme son p&#232;re, AGARBICEANU, nom illustre en Roumanie. Est-ce pour cela, pour s'&#233;carter du p&#232;re qu'il choisit un pseudonyme s'inspirant de sa petite ville natale, Bucim-Alba. Car ce p&#232;re est un homme c&#233;l&#232;bre, AGARBICEANU Ion (1882-1963), &#233;crivain roumain de renom, surnomm&#233; &#171; le petit p&#232;re de la litt&#233;rature roumaine &#187; qui doit sa gloire &#224; des romans traditionalistes. Ion &#233;tait pr&#234;tre catholique uniate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en reconnaissant l'autorit&#233; du Pape, il utilisait une liturgie nationale. On peut supposer qu'il donna &#224; son fils une solide &#233;ducation chr&#233;tienne. Mais rapidement, Nicolas va s'&#233;manciper, quitter la Roumanie pour la France, o&#249; il va suivre de brillantes &#233;tudes musicales, d&#233;crochant des dipl&#244;mes prestigieux, comme violoniste, mais aussi dans la direction d'orchestres. Mais le mal de Pott&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='appendix' title='Tuberculose osseuse se logeant dans les vert&#232;bres.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui le ronge depuis l'&#226;ge de douze ans, lui interdit de donner toute sa pl&#233;nitude &#224; son art. Qu'&#224; cela ne tienne, il trouvera une autre voie pour s'exprimer : il sera sculpteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_408 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH294/compositeur-ba2b1.jpg?1773447884' width='450' height='294' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;Nicolas, jeune compositeur&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sculpteur de renom&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette passion va le d&#233;vorer de 1935 &#224; 1948. Il se rapproche de son compatriote et ma&#238;tre, BRANCUSI, Parisien tout comme lui et va conna&#238;tre une vie riche, c&#244;toyant artistes et hommes politiques. Il expose en France, en Roumanie et dans d'autres pays d'Europe. Et puis, brutalement, tout en restant en France, il se retire du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes en 1948, la Roumanie devient R&#233;publique Populaire Roumaine, sous l'emprise du parti communiste. Le Roi est contraint d'abdiquer, l'opposition est liquid&#233;e. Peut-on expliquer sa mutation par l'int&#233;gration de son pays dans le bloc sovi&#233;tique ? Ce n'est pas certain, car d'autres composantes personnelles doivent expliquer ce choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'installe, un peu par hasard, &#224; Ch&#226;lons-sur-Marne, &#224; la demande d'amis r&#233;sidant dans cette ville. C'est maintenant un grand mystique qui ne se s&#233;pare jamais de son chapelet ni de sa bible.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une fin de vie dans l'ombre&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Monseigneur PIERRARD, alors &#233;v&#234;que de Ch&#226;lons, &lt;span class='spip_document_409 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L250xH219/cabane-2bb68.jpg?1773447884' width='250' height='219' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;sensible &#224; sa d&#233;marche, d&#233;cide de l'aider : il l'h&#233;berge dans une petite chambre de l'&#233;v&#234;ch&#233;, aujourd'hui H&#244;tel de R&#233;gion, et, pour tout atelier, lui confie une sorte de cave sous la chapelle de la maison Sainte-Croix, son nom d'alors. Et l&#224;, sans chauffage, nourri gr&#226;ce aux bont&#233;s des religieux, vivant comme un pauvre, dans un d&#233;nuement et une renonciation mystique, il va sculpter et sculpter encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#339;uvres religieuses, bien s&#251;r, mais d'autres beaucoup moins mystiques, empruntant &#224; ses innombrables lectures, ses th&#232;mes familiers. Mais comme sa cave manquait parfois de lumi&#232;re ou s'encombrait souvent de sculptures inachev&#233;es, c'est dans une petite maison qu'il surnommait &#171; sa cabane &#187; qu'il transportait ses outils, qu'il continuait sa qu&#234;te artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a dur&#233; plus de trente ans, loin de toute notori&#233;t&#233;, loin de sa femme et des quatre enfants &#187;Journal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='appendix' title='L'UNION du 13/04/89.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ceux qui l'approchent, le contact est saisissant. Le personnage ne manque pas de pittoresque. Il est coiff&#233; d'un chapeau de cuir plus ou moins biscornu, il porte des lunettes noires rappelant le fameux architecte &#171; Le Corbusier &#187;. Nanti d'un sac de cuir marocain, d'un &#233;norme trousseau de clefs, le dos courb&#233; vers sa pipe, il a un aspect bien singulier. Il collectionne une documentation h&#233;t&#233;roclite qui concerne aussi bien l'anthropologie, les antiquit&#233;s, les monnaies, les fossiles, les instruments de musique, qu'il r&#233;colte au gr&#233; des ventes et march&#233;s aux puces. Le caract&#232;re n'est pas facile. Lorsqu'il sort de sa r&#233;serve, c'est bien souvent pour &#233;lever le ton et contredire son interlocuteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le mal inexorable gagna ses mains, lui interdisant de pratiquer son art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second malheur vint assombrir sa vieillesse : l'&#233;piscopat d&#233;cida de vendre l'&#233;v&#234;ch&#233;. Les locaux vastes qui avaient, au d&#233;but du si&#232;cle, h&#233;berg&#233; un s&#233;minaire en pleine activit&#233;, n'&#233;taient plus adapt&#233;s &#224; la France de fin de si&#232;cle, o&#249; pratique religieuse et vocations &#233;taient en notable r&#233;gression. Il fallait changer de train de vie. R&#233;aliste, l'&#233;v&#234;ch&#233; vendit, en 1985, ces locaux qu'il ne pouvait plus entretenir et la r&#233;gion en fit, avec nos imp&#244;ts, un bien somptueux H&#244;tel de R&#233;gion. Nicolas ALBA devait donc quitter les lieux. Il s'y refusa, rejoint par un autre irr&#233;ductible, qui, lui, aussi, tr&#232;s &#226;g&#233;, avait trouv&#233; refuge en ces lieux, l'Abb&#233; MARTIN, ancien cur&#233; de Sainte-M&#233;nehould.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit m&#234;me que Nicolas s'&#233;tait encha&#238;n&#233; pour montrer sa d&#233;termination. Mais tout rentra dans l'ordre. Notre sculpteur int&#233;gra, &#224; deux pas de l&#224;, la r&#233;sidence Bichat pour personnes &#226;g&#233;es. En 1989, cette institution organisa une exposition de ses &#339;uvres. En 1991, il quittait ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mais revenons &#224; notre statue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Elle a &#233;t&#233; taill&#233;e dans un bloc de pierre offert par l'entreprise Emile NOEL. Comme nous l'avons dit, elle fut promen&#233;e dans la ville, puis inaugur&#233;e dans le parc dit de la Mignonerie, jouxtant la demeure de Monsieur LECOURTIER, lors d'une f&#234;te fastueuse. Lorsque le drap tomba, la foule, qui avait partag&#233; un repas champ&#234;tre dans le parc avant de danser sur les rythmes de l'orchestre Camille SAUVAGE, d&#233;couvrit donc le DOM PERIGNON revu par Nicolas ALBA. Les avis furent contrast&#233;s. Certains furent d&#233;rout&#233;s par l'aspect rude et triste du moine. Oubliaient-ils que chaque artiste se projette dans son &#339;uvre et que DOM PERIGNON, que l'on repr&#233;sente souvent sec et vigoureux, a emprunt&#233; le dos vo&#251;t&#233; par le mal de l'artiste, ainsi que sa m&#233;lancolie ? Ce qui &#233;tonna aussi fut cette main qui cache le visage. L&#224; encore, les explications furent nombreuses : l'artiste s'est refus&#233; de sculpter un visage car c'est une &#233;preuve trop p&#233;rilleuse, ou il ne poss&#233;dait pas un portrait pr&#233;cis de son sujet, ou encore, c'est le meilleur moyen qu'il avait trouv&#233; d'&#233;voquer la recherche qui d&#233;boucha sur la pr&#233;tendue d&#233;couverte du champagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'est-ce pas le propre d'une &#339;uvre d'art d'entra&#238;ner le d&#233;bat ? Mais, m&#234;me si notre gloire locale a rev&#234;tu une physionomie bien triste, il n'en demeure pas moins que la ville se voyait doter, sans bourse d&#233;li&#233;e, para&#238;t-il, d'une &#339;uvre d'art de grande qualit&#233;. Les jours suivants, l'entreprise fixa ce monolithe dans le square Pasteur, o&#249;, depuis un demi-si&#232;cle, il contemple, songeur, l'augmentation du trafic sur la route nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand retrouverons-nous, &#224; Sainte-M&#233;nehould, une &#233;quipe capable de mener &#224; bien un projet artistique de ce niveau ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;NICOLAS ALBA PARLE DE SON &#197;'UVRE&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je me suis renseign&#233; sur DOM PERIGNON, compulsant le maximum de documentation sur l'homme et l'&#339;uvre. Le travail est essentiel. Mais j'ai tenu cependant &#224; r&#233;aliser un p&#232;lerinage &#224; Hautvillers, sur sa tombe et c'est en ces lieux que je l'ai &#171; vu &#187;. Il est plus pour moi un scientifique qu'un mystique. C'est ce que j'ai essay&#233; de rendre. J'ai voulu fixer l'instant d'intense r&#233;flexion au cours duquel DOM PERIGNON, en possession des principes en imagina la r&#233;alisation. Nul extase, donc, dans ces traits volontairement tr&#232;s humains qui doivent &#233;voquer les solides vignerons des collines champenoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#251;, pour sculpter ce sujet haut de 1m75 et pesant 1500 kg mettre les bouch&#233;es doubles, car le temps m'&#233;tait compt&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_410 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH242/sculpteur-e7b89.jpg?1773447884' width='450' height='242' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;&#171; Qui r&#233;fl&#233;chit le plus intens&#233;ment ? &#187;&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Tuberculose osseuse se logeant dans les vert&#232;bres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'UNION du 13/04/89.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>UN TUMULTE A FLORENT EN 1789</title>
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		<dc:date>2003-07-26T12:38:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;1789 : en d&#233;but d'ann&#233;e, comme dans toutes les petites paroisses de France, les Florentins ont r&#233;dig&#233; leur Cahier de Dol&#233;ances accompagnant l'&#233;lection des d&#233;l&#233;gu&#233;s aux &#233;tats g&#233;n&#233;raux. Et puis, ils ont &#233;t&#233; tenus inform&#233;s des coups port&#233;s &#224; l'ancien r&#233;gime par la prise de la Bastille, la mise en place de l'Assembl&#233;e Constituante, l'abolition des privil&#232;ges, le 4 ao&#251;t. Aussi, quand les petits seigneurs du voisinage viennent en despote narguer les villageois, ils vont constater que les esprits ont &#233;volu&#233; et que la (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Revue N&#176;20&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;1789 : en d&#233;but d'ann&#233;e, comme dans toutes les petites paroisses de France, les Florentins ont r&#233;dig&#233; leur Cahier de Dol&#233;ances accompagnant l'&#233;lection des d&#233;l&#233;gu&#233;s aux &#233;tats g&#233;n&#233;raux. Et puis, ils ont &#233;t&#233; tenus inform&#233;s des coups port&#233;s &#224; l'ancien r&#233;gime par la prise de la Bastille, la mise en place de l'Assembl&#233;e Constituante, l'abolition des privil&#232;ges, le 4 ao&#251;t. Aussi, quand les petits seigneurs du voisinage viennent en despote narguer les villageois, ils vont constater que les esprits ont &#233;volu&#233; et que la r&#233;volution est en marche.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'Ancien R&#233;gime, les Seigneurs poss&#233;daient seuls le droit de chasser sur les terres d&#233;pendant de leurs seigneuries ; ils en usaient &#224; leur gr&#233;, &#224; pied et &#224; cheval, traversant au besoin les champs ensemenc&#233;s et les r&#233;coltes, pour y d&#233;busquer le gibier &#224; poils ou &#224; plumes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait l&#224; une tr&#232;s grosse charge pour le peuple des campagnes ; aussi, bon nombre de Cahiers de Dol&#233;ances demand&#232;rent-ils sa suppression, qui fut vot&#233;e par l'Assembl&#233;e Nationale Constituante, le 11 ao&#251;t 1789.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nos anc&#234;tres supportaient leur Seigneur Nicolas-Joseph de FAILLY, chassant sur ses propri&#233;t&#233;s et sur les leurs, parce qu'ils ne pouvaient faire autrement, on peut concevoir l'indignation et le tumulte que provoqu&#232;rent, le 7 septembre 1789, six jeunes gentilshommes verriers du Neufour, venant chasser sur le territoire de Florent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les observations qui leur &#233;taient faites, ils traversaient les jardinages et saccageaient sur leur passage, les r&#233;coltes d'avoine, de chanvre et de sarrazin, allant m&#234;me jusqu'&#224; menacer de mort les habitants qu'ils rencontraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi pr&#233;cit&#233;e avait bien accord&#233; &#224; chaque citoyen le droit de chasser et de d&#233;truire le gibier sur sa propri&#233;t&#233;, mais nos jeunes nobliaux ne le poss&#233;daient pas, n'ayant aucune terre &#224; Florent et reconnaissaient d'ailleurs &#171; qu'ils chassaient sous l'amende &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'&#233;tait plus l'&#233;poque o&#249; la Noblesse pouvait se livrer &#224; toutes ses fantaisies, sans qu'il lui en co&#251;t&#226;t rien et c'est ce que sagement pens&#232;rent les parents de nos jeunes chasseurs, en cherchant &#224; &#171; pacifier &#187; et &#224; att&#233;nuer les suites des faits que nous venons de citer. D&#232;s le 10 septembre, en pr&#233;sence de la Municipalit&#233; et des habitants de Florent assembl&#233;s, de MM. CHEDEL, lieutenant de Mar&#233;chauss&#233;e &#224; Sainte-M&#233;nehould, et PICART, Procureur du m&#234;me si&#232;ge, ils offraient de c&#233;der &#224; la Communaut&#233; de Florent, les sept fusils saisis sur les chasseurs, et de donner la somme de deux cents livres pour tenir lieu des d&#233;g&#226;ts caus&#233;s dans les empouilles et indemniser du temps employ&#233; par certains habitants &#224; maintenir l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offre fut accept&#233;e par la Municipalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reproduisons ci-apr&#232;s, des proc&#232;s-verbaux relatifs &#224; ce fait-divers argonnais, extraits du registre des D&#233;lib&#233;rations de la Municipalit&#233; de Florent, en pensant qu'ils int&#233;resseraient les lecteurs de &#171; l'Almanach Matot-Braine &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;Florent-en-Argonne, le 1er juin 1929&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;POIRET&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Extraits du registre de la Municipalit&#233; de Florent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce jourd'huy sept septembre mil sept cent quatre vingt neuf entre midy une heure, la Communaut&#233; de Florent a requis la Municipalit&#233; du dit lieu de s'assembler pour recevoir leurs plaintes et griefs qui sont et vont &#234;tre r&#233;dig&#233;s par &#233;cris de par notre Greffier :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le Garde d'empouilles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='appendix' title='D&#233;signe les plantations et semis faits dans les champs et jardins.' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et de chasse de Monsieur de FAILLY, de Florent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Nicolas-Joseph de FAILLY &#233;tait seigneur de Florent, par moiti&#233; avec le (...)' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; auroit, sur les neuf &#224; dix heures du matin en sa garde faisante rencontr&#233; six gentils hommes verriers, demeurants au Neufour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Le Neufour, village distant de 2 km de Florent ; canton de Clermont-en-Argonne' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en Clermontois, chassant par attroupement dans les empouilles en avoine de la dite Communaut&#233; et chanvre et sarrazin, et m&#234;me traversant les jardinages d'icelle Communaut&#233;, lequel a jur&#233; v&#233;ritable et a sign&#233; sa d&#233;claration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;J. Louis AUBRY&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Est survenu Pierre DIDIER, garde Pitoyeur pour la dixme et terrages&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='appendix' title='La dixme se percevait &#224; Florent par le cur&#233;. Le droit de terrage pr&#233;lev&#233; par (...)' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; de la Communaut&#233; de Florent a vers les sept &#224; huit heures du matin rencontr&#233; deux gentils hommes verriers, des m&#234;mes que ceux de cette chasse faisante demeurant au Neufour-en-Clermontois dans les empouilles de la dite Communaut&#233;, le dit DIDIER n'a pu les reconno&#238;tre. Ce qu'il a jur&#233; et affirm&#233; v&#233;ritable et a sign&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Pierre DIDIER&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; La dite Communaut&#233; vers les midy se trouvant offens&#233;e de l'attroupement de ces six Messieurs a fait sonner l'alarme et a requis la Municipalit&#233; de lui permettre de se mettre en garde et deffences contre les vexations faites par ces m&#234;mes Messieurs qui du matin battaient le terroir en entier en chassant dans toutes les empouilles qui se rencontraient, dans leurs passages, avec un chien blanc un peu t&#226;ch&#233; sans qu'eux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='appendix' title='Sans queue, a sans doute voulu dire le r&#233;dacteur du proc&#232;s-verbal.' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et chassant ; et le nomm&#233; Pierre GENTIN, tonnelier, demeurant &#224; Florent, accompagn&#233; du sieur du HOUX gentil homme demeurant &#224; Florent les auroient vu &#224; quatre, leurs chiens chassant dans le chanvre appartenant &#224; Pierre DAQUIN de Florent, le dit GENTIN parlant aux fils de Mme de LONGCHAMP et au fils de M. DORLODOT, deux de ces quatre chasseurs, les auroient pri&#233; de se retirer, ce qu'ils n'ont voulu faire et ont r&#233;pondu &#171; qu'ils chassoient sous l'amende et ne craignoient personne &#187; ; apr&#232;s quoi, les habitants ayant fait une sortie du village au bruit de cette alarme sonn&#233;e du c&#244;t&#233; de Rohay&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-6' class='spip_note' rel='appendix' title='La contr&#233;e de Rohay est au sud du terroir, entre les champs et les bois (...)' id='nh2-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; o&#249; l'on croioit que ces Messieurs chasseurs s'&#233;toient transport&#233;s ; les m&#234;mes habitants n'ayant trouv&#233; personne dans ce dit Canton du terroir ont rentr&#233; dans le village et retourn&#233; chacun &#224; leurs travaux ; mais sur les quatre &#224; cinq heures du soir, ces m&#234;mes chasseurs revenant de leurs chasses du c&#244;t&#233; des Perri&#232;res, Canton du terroir, du c&#244;t&#233; de Moiremont, avant d'entrer dans le village de Florent, ont &#233;t&#233; entendu par des personnes du dit lieu qui travaillaient dans leurs jardinages, formant le dessein d'un tumulte en se disant &#171; passons dans ce gueux de village de Florent et si l'on nous dit quelque chose nous y viendrons demain vingt quatre &#187;. Ces Messieurs parvenus jusqu'au milieu du village, un Bourgeois du dit lieu auroit demand&#233; pourquoy ils venaient chasser par attroupement sur notre terroir ; survenu Pierre GENTIN et Louis CARRE, qui en ont arr&#234;t&#233; deux, les quatre autres de ces Messieurs se sont sauv&#233;s jusques derri&#232;res les jardins de Monsieur de FLORENT avec leurs carnassi&#232;res pleines de gibier que tous le Public a vu s'&#233;tant amass&#233; par le son de la cloche r&#233;it&#233;r&#233; &#224; cette heure. Ces deux Messieurs arr&#234;t&#233;s ont &#233;t&#233; de suite conduit chez Monsieur de FLORENT pour y &#234;tre d&#233;sarm&#233;s, crainte d'&#233;v&#233;nements de leurs parts ; les quatre autres Messieurs retir&#233;s dans les jardins du c&#244;t&#233; du Neufour auroient attaqu&#233; plusieurs femmes et filles de Florent qui cueilloient le chanvre en les insultant, les mettant en joue en les mena&#231;ant &#171; qu'ils payeroient pour les autres, que si l'un les manquoient les autres ne les manqueroient pas &#187; ; ces quatre Messieurs s'avan&#231;ant vers le Neufour ont rencontr&#233; le nomm&#233; Louis PERIN de Florent, l'ont vex&#233; et maltrait&#233; de paroles lui disant &#171; qu'il &#233;toit de Florent et qu'il alloit payer pour les autres qu'il falloit qu'il le tue et qu'il y mette la vie, si ce n'&#233;toit point aujourd'huy se seroit une autre fois &#187; ; ce qu'il atteste et a sign&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; Louis PERIN&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sur le m&#234;me instant ces Messieurs descendus du Neufour auroient pris main forte de Monsieur d'Orlodot p&#232;re et d'autres, et &#233;tant revenus &#224; Florent au nombre de six dont cinq arm&#233;s de fusils &#224; deux coups et fusils simples ; parvenu &#224; la porte du ch&#226;teau le nomm&#233; GENTIN sortant de son travail sur la rue donnant proche le ch&#226;teau, le fils de Monsieur d'Orlodot et l'un d'iceux chasseurs l'auroient mis en joue ; le dit GENTIN est rentr&#233; dans son &#233;curie et s'est muni d'une fourche de fer pour se d&#233;fendre ; le dit sieur d'Orlodot p&#232;re auroit aussi mis par plusieurs fois le dit GENTIN en joue &#224; la vue du public, lui disant &#171; si tu fais un pas je te br&#251;le la cervelle &#187; et sur cette parole le dit GENTIN a fonc&#233; sur luy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me instant l'un de ces Messieurs sur le m&#234;me Pont a mis en joue le sieur Pierre VUILLEAUME membre de la Municipalit&#233; et d'autres personnes qui &#233;toient avec le dit VUILLEAUME au devant de sa maison ce qui a forc&#233; le dit VUILLEAUME et autres &#224; rentrer dans sa dite maison ; et m&#234;me pour mieux ajuster son coup a pos&#233; sons fusil sur la lisse du Pont et s'est mis &#224; genoux et a le dit GENTIN sign&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;L. CARRE, P. GENTIN, P. VUILLEAUME&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Entr&#233; dans la cour du ch&#226;teau les sieurs d'Orlodot p&#232;re et fils et autres se sont attaqu&#233;s aux nomm&#233;s LIONARD et Joseph FAGOT tous deux domestiques de Monsieur de FAILLY de Florent, les ont mis en joue en leur disant que &#171; comme domestiques du ch&#226;teau c'&#233;toient par eux qu'il falloit commencer &#187;, ce qu'ils ont attest&#233; et ont sign&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;J. FAGOT&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et &#224; l'instant &#233;tant entr&#233; chez mon dit seigneur de FAILLY de Florent o&#249; les habitants et plusieurs membres de la Municipalit&#233; se sont rendus et ont d&#233;sarm&#233; ces messieurs crainte de plus grand &#233;v&#233;nement &#224; leur sortie, au nombre de sept, dont quatre fusils &#224; deux coups et trois &#224; un seul coup, lesquels sept fusils resteront d&#233;pos&#233;s &#224; notre greffe, avec une carnassi&#232;re support&#233;e dans laquelle est une bo&#238;te &#224; poudre de carton vide, et un gobelet ovale en verre de leur travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-7' class='spip_note' rel='appendix' title='Les gentilshommes vis&#233;s ci-dessus &#233;taient des verriers du Neufour.' id='nh2-7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; dans les sept fusils l'un a &#233;t&#233; vuid&#233; en l'air, les autres ont &#233;t&#233; d&#233;charg&#233;s dont on a trouv&#233; dans quatre double charge de poudre, plomb et bals et aux fusils simples m&#234;me charge. Et avons nous Municipaux et autres habitants avec nous sindic et notre greffier sign&#233; les jour et au susdit, apr&#232;s lecture faite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;P. ROUILLON, P. VUILLEAUME, J. JANELLE, N.HANUS,&lt;br class='autobr' /&gt;
J. DEGOMBERT, B. ROUILLON, LE GENTIL, PETIT.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce jourd'huy dix septembre mil sept cent quatre vingt neuf les membres de la Municipalit&#233; assembl&#233;s avec les autres habitants soussign&#233;s, M. Charles-Fran&#231;ois DORLODOT, &#233;cuyer, demeurant au Neufour et dame Marie-Anne-Elisabeth PRODHON, veuve de M. DELONGCHAMPS, d&#233;sirant passifier pour eux et leurs enfants d&#233;nomm&#233;s ci-dessus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-8' class='spip_note' rel='appendix' title='D&#233;nomm&#233;s au proc&#232;s-verbal du sept septembre, transcrit pr&#233;c&#233;demment.' id='nh2-8'&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; r&#233;tablir l'ordre et maintenir la concorde entre eux, leurs enfants et les habitants et Communaut&#233; de Florent, ont offert, en pr&#233;sence de MM. CHEDEL, lieutenant de Mar&#233;chauss&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb2-9' class='spip_note' rel='appendix' title='A la mar&#233;chauss&#233;e de Sainte-M&#233;nehould.' id='nh2-9'&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et PICART, Procureur du Roy en la dite Mar&#233;chauss&#233;e, de ceder &#224; la Communaut&#233; de Florent les sept fusils dont il est question au verso de l'acte ci-dessus et de donner la somme de deux cents livres payable dans les mains du sindic de la Municipalit&#233;, pour tenir lieu, tant des d&#233;g&#226;ts qui peuvent avoir &#233;t&#233; faits, dans les empouilles que pour indemnit&#233; du temps qui peut avoir &#233;t&#233; employ&#233; par aucun des membres de la commune de Florent au maintien de l'ordre ce qui a &#233;t&#233; accept&#233; par les membres de la Municipalit&#233; et autres habitants soussign&#233;s, et au moyen de ce d'un c&#244;t&#233; MM. DORLODOT, DE JUILLOT, Mme DELONGCHAMPS, pour eux et leurs enfants et les habitants et Communaut&#233; de Florent repr&#233;sent&#233;s comme il est dit ci-devant, ont promis de vivre en paix les uns avec les autres, et ne se rechercher ni directement ni indirectement pour quelques cas et cause que ce puisse &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sign&#233; apr&#232;s lecture faite ; &#224; l'instant la somme de deux cents livres a &#233;t&#233; pay&#233;e dans les mains du sindic &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DORLODOT DESSART, PRODON DELONGCHAMPS, P. BOURGEOIS, LE GENTILS, PETIT, secr&#233;taire, P. VUILLEAUME, J. JANELLE, J. LIIONARD, P. GENTIN, MORIN, P. ROUILLON, N. HANUS, J.B. GARNIER, P. VIROLET, DE JULLIOT, L. CHEVALLIER.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce jourd'huy quatre octobre mil sept cent quatre vingt neuf la Municipalit&#233; assembl&#233;e en la mani&#232;re accoutum&#233;e ont d&#233;cid&#233; apr&#232;s l'accord fait par un proc&#232;s-verbal dont la minute est ci-devant entre la Municipalit&#233; de Florent et Messieurs les Gentils hommes d&#233;nomm&#233;s au dit proc&#232;s-verbal. Duquel accord il est r&#233;sult&#233; pour terminer toute difficult&#233; une somme de deux cents livres qui ont &#233;t&#233; pay&#233;es par les dits Seigneurs Gentils hommes, laquelle somme de deux cents livres a &#233;t&#233; r&#233;partie du sentiment de la dite Municipalit&#233; suivant l'accord sign&#233; respectivement des parties. Fait et arr&#234;t&#233; en la dite Chambre des jours et au sus dit, le sindic en &#233;tant d&#233;charg&#233; et avons sign&#233; apr&#232;s lecture faite &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE FAILLY, de Florent, JANELLE, L. CHEVALLIER, LE GENTIL, P. BOURGEOIS, sindic, P. VUILLEAUME, C. PETIT, Secr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et ce dit jour et &#224; l'instant a &#233;t&#233; d&#233;lib&#233;r&#233; par nous que les fusils au nombre de sept d&#233;sign&#233;s par le proc&#232;s-verbal cy-devant seront par le sindic vendus au plus offrant et dernier ench&#233;risseur, dont il sera remis six affiches au village et circonvoisins, pour l'argent en provenant &#234;tre vers&#233; par la Muncipalit&#233; suivant son d&#233;lib&#233;r&#233; et avons sign&#233; apr&#232;s lecture &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE FAILLY, de Florent, LE GENTIL, P. VUILLEAUME, J. JANELLE, L. CHAVALLIER, N. HANUS, P. BOURGEOIS, sindic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce jourd'huy huit novembre mil sept cent quatre vingt neuf la Municipalit&#233; de Florent assembl&#233;e a d&#233;lib&#233;r&#233; que, pour satisfaire aux autres d&#233;lib&#233;rations cy devant prises par elle, et d&#233;sirant pacifier envers ces Messieurs Gentilshommes d&#233;nomm&#233;s au proc&#232;s cy devant &#233;crit, voulant aussi maintenir la paix et union r&#233;ciproque entre les parties ont d&#233;cid&#233; qu'au lieu de la vente d&#233;termin&#233;e par l'article cy dessus les dites armes leur seront remises moyennant la somme de soixante douze livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Florent, les jours et an ci-dessus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE FAILLY, de Florent, LE GENTIL, JANELLE, P. VUILLEAUME, BAUDET, cur&#233; de Florent, P. BOURGEOIS, sindic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous soussign&#233; reconnaissons avoir nos armes pourquoy nous d&#233;chargeons le nomm&#233; PETIT, greffier.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;DORLODOT DESSARTS, DE LONGCHAMP, C. PETIT&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb2-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D&#233;signe les plantations et semis faits dans les champs et jardins.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nicolas-Joseph de FAILLY &#233;tait seigneur de Florent, par moiti&#233; avec le &lt;br class='autobr' /&gt;
Chapitre de l'Eglise M&#233;tropolitaine de Reims.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Neufour, village distant de 2 km de Florent ; canton de Clermont-en-Argonne et arrondissement de Verdun.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-4'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='appendix'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La dixme se percevait &#224; Florent par le cur&#233;. Le droit de terrage pr&#233;lev&#233; par le seigneur, ou pour son compte, &#233;tait de 18 gerbes l'une ou de 18 monceaux l'un,s'il s'agissait de grains, ou de tr&#232;fle, luzerne et foin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-5'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='appendix'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sans queue, a sans doute voulu dire le r&#233;dacteur du proc&#232;s-verbal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-6'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-6' class='spip_note' title='Notes 2-6' rev='appendix'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La contr&#233;e de Rohay est au sud du terroir, entre les champs et les bois&lt;br class='autobr' /&gt;
communaux de Valmy, Braux-Sainte-Cohi&#232;re et Dommartin-la-Planchette.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-7'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-7' class='spip_note' title='Notes 2-7' rev='appendix'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les gentilshommes vis&#233;s ci-dessus &#233;taient des verriers du Neufour.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-8'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-8' class='spip_note' title='Notes 2-8' rev='appendix'&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D&#233;nomm&#233;s au proc&#232;s-verbal du sept septembre, transcrit pr&#233;c&#233;demment.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb2-9'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh2-9' class='spip_note' title='Notes 2-9' rev='appendix'&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A la mar&#233;chauss&#233;e de Sainte-M&#233;nehould.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/un-tumulte-a-florent-en-1789_a247.pdf" length="32266" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>EN EXODE A MENOU</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article248</link>
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		<dc:date>2003-07-25T17:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Chantret, Paul Chantret</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Monsieur Paul CHANTRET, aujourd'hui m&#233;decin retrait&#233; &#224; Calais, se rappelle de son s&#233;jour &#224; Sainte-M&#233;nehould, entre le 1er janvier et le 17 mai 1940, alors que lui et sa famille y &#233;taient r&#233;fugi&#233;s : &lt;br class='autobr' /&gt;
Mes parents et mes trois fr&#232;res et s&#339;urs habitions depuis un an &#224; Longwy (54) et &#233;tions en vacances &#224; Bray-Dunes, derni&#232;re plage avant la fronti&#232;re belge, au moment de la d&#233;claration de la guerre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mon p&#232;re jugea prudent de nous y laisser quelques mois, pendant qu'il prospectait des r&#233;gions plus proches de Longwy (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Revue N&#176;20&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Monsieur Paul CHANTRET, aujourd'hui m&#233;decin retrait&#233; &#224; Calais, se rappelle de son s&#233;jour &#224; Sainte-M&#233;nehould, entre le 1er janvier et le 17 mai 1940, alors que lui et sa famille y &#233;taient r&#233;fugi&#233;s :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents et mes trois fr&#232;res et s&#339;urs habitions depuis un an &#224; Longwy (54) et &#233;tions en vacances &#224; Bray-Dunes, derni&#232;re plage avant la fronti&#232;re belge, au moment de la d&#233;claration de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon p&#232;re jugea prudent de nous y laisser quelques mois, pendant qu'il prospectait des r&#233;gions plus proches de Longwy ( en zone des arm&#233;es) pour trouver un g&#238;te &#224; sa famille. Il faut dire qu'&#224; l'&#233;poque, il ne poss&#233;dait, pour venir nous voir un week-end sur deux, qu'une petite moto de cinquante centim&#232;tre cubes de cylindr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que nous arriv&#226;mes &#224; Sainte-M&#233;nehould, pendant les vacances de No&#235;l 1939, dans cette maison au bord de l'eau, Rue des Pr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_411 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH292/maison-a9814.jpg?1773644960' width='450' height='292' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;La maison de la Rue des Pr&#233;s, actuellement celle de Mme Fr&#233;d&#233;rique HUSSON,qui jouxte le pont de la Rue des Pr&#233;s.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_412 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L300xH371/peche-124db.jpg?1773644960' width='300' height='371' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;Nous p&#251;mes y reprendre nos &#233;tudes interrompues depuis six mois. J'&#233;tais alors en troisi&#232;me au coll&#232;ge install&#233; provisoirement dans une grande villa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous, les enfants, y v&#233;c&#251;mes des jours heureux, d&#233;couvr&#238;mes les plaisirs de la p&#234;che, les joies du patinage sur l'Aisne gel&#233;e, de nouveaux camarades de classe. Je me souviens de GUNTZ, r&#233;fugi&#233; alsacien, d'OBELIANNE, d&#233;j&#224; une fine gaule, qui nous a initi&#233;s &#224; la p&#234;che.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure &#233;l&#232;ve de ma classe &#233;tait une fille, Melle VOUILMY .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au coup de tonnerre du 10 mai, je ne m'attarderai pas &#224; d&#233;crire le sifflement et le fracas des bombes, le hurlement des stukas en piqu&#233;, le mugissement de fin du monde des sir&#232;nes d'alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi mes souvenirs, celui des toiles d'araign&#233;e que je contemplais quand nous &#233;tions r&#233;fugi&#233;s dans le caveau vo&#251;t&#233; semi-enterr&#233;. Ces toiles vibraient sous l'impulsion des explosions, comme si elles &#233;taient en m&#233;tal et tendues comme des cordes &#224; piano. C'est aussi apr&#232;s le plus &#233;prouvant des bombardements, la vision de l'Aisne charriant un tapis de rameaux feuillus, comme si elle se pr&#233;parait &#224; quelque procession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement, de l'autre c&#244;t&#233; de la rivi&#232;re, la pr&#233;sence rassurante du boulanger , sortant paisiblement d'un cabinet d'aisance, style cabine t&#233;l&#233;phonique en planches, isol&#233; au fond de son jardin et nous d&#233;crivant les diff&#233;rentes &#233;volutions des stukas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_413 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH243/Abri-274cd.jpg?1773644960' width='450' height='243' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;La fl&#232;che indique le caveau semi-enterr&#233; o&#249; nous nous r&#233;fugions pendant les bombardements, abri &#244; combien illusoire !&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre apr&#232;s ce raid que le bruit avait couru d'une cinquantaine de victimes Place de l'H&#244;tel de Ville et que mes parents prirent la d&#233;cision de fuir ces lieux maudits. Mon p&#232;re nous avait rejoints d&#232;s le d&#233;but des &#233;v&#233;nements. Il avait fait l'acquisition, le 7 mai ( !) d'une 202 d'occasion, r&#233;par&#233;e apr&#232;s un accident, mais &#224; laquelle il manquait le pare brise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon p&#232;re manquait aussi le permis de conduire (il avait &#233;t&#233; recal&#233; lors de sa premi&#232;re tentative) et, par voie de cons&#233;quence, l'assurance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous partions, sans le savoir, pour un tour de France mouvement&#233;, mais nous avions coup&#233; les ponts &#224; jamais avec Sainte-M&#233;nehould.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce t&#233;moignage est compl&#233;t&#233; par celui de Francis, jeune fr&#232;re de Paul CHANTRET, n&#233; en 1928 :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes arriv&#233;s &#224; Sainte-M&#233;nehould au d&#233;but de l'hiver 1939-40 pour y passer la guerre bien &#224; l'abri de ses vicissitudes, comme l'esp&#233;rait notre p&#232;re. Celui-ci ignorait la proximit&#233; d'un r&#233;seau ferr&#233; dont l'importance strat&#233;gique nous fut r&#233;v&#233;l&#233;e dans le fracas des bombes l&#226;ch&#233;es par les stukas au cours du joli mois de mai 1940&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s &#233;prouv&#233;s, en particulier notre jeune s&#339;ur qui &#233;tait &#224; bout de nerfs, apr&#232;s plusieurs jours de bombardements intenses et permanents, nous avons pu nous &#233;chapper de cet enfer, notre p&#232;re ayant r&#233;ussi &#224; nous rejoindre. Nous avons ainsi pris la route du sud, le 17 mai, dans une Peugeot 202 bien charg&#233;e : trois adultes et quatre adolescents, sans compter deux malles sur le toit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LIBERATION DE LA VILLE DE STE MENEHOULD </title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article249</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article249</guid>
		<dc:date>2003-07-24T17:33:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Roger Berdold</dc:creator>


		<dc:subject>1939-1945</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous vous livrons l'int&#233;gralit&#233; de l'extrait du registre des d&#233;lib&#233;rations de l'hospice, s&#233;ance du 18 septembre 1944, concernant la lib&#233;ration de la ville. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il est n&#233;cessaire de renseigner ici m&#234;me l'administration sur les moments p&#233;nibles subis par le personnel et les hospitalis&#233;s. C'est un r&#233;sum&#233; d'histoire locale en temps de guerre &#224; incorporer plus tard dans l'histoire de l'hospice &#187; dit Monsieur PRIN, Administrateur de Service. Le voici : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le mardi 29 ao&#251;t, d&#232;s le matin, les alertes se succ&#233;daient &#224; (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot31" rel="tag"&gt;1939-1945&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous vous livrons l'int&#233;gralit&#233; de l'extrait du registre des d&#233;lib&#233;rations de l'hospice, s&#233;ance du 18 septembre 1944, concernant la lib&#233;ration de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il est n&#233;cessaire de renseigner ici m&#234;me l'administration sur les moments p&#233;nibles subis par le personnel et les hospitalis&#233;s. C'est un r&#233;sum&#233; d'histoire locale en temps de guerre &#224; incorporer plus tard dans l'histoire de l'hospice &#187;&lt;/i&gt; dit Monsieur PRIN, Administrateur de Service. Le voici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mardi 29 ao&#251;t, d&#232;s le matin, les alertes se succ&#233;daient &#224; peu d'intervalle. C'est le moment venu de s'installer dans les abris. Les enfants et vieillards valides se rendaient avec leurs chefs de service et le personnel dans l'abri Jacquesson, rue de Florion, &#224; 50 m&#232;tres environ de l'&#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les infirmiers, les malades et leur personnel s'installaient dans la grande cave de l'&#233;tablissement reconnue comme abri solide. A 8 heures 1/2, l'explosion se produisit au pont de la route de Vitry, causant d'importants d&#233;g&#226;ts. Ce fut un silence de mort. Projet&#233;s les uns sur les autres, bon nombre d'hospitalis&#233;s et de personnel se relev&#232;rent indemnes et continu&#232;rent &#224; s'installer &#224; la lueur de quelques fr&#234;les bougies vite consum&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant 2 jours 1/2, cette vie souterraine e&#251;t lieu. Les soins continu&#232;rent malgr&#233; de nombreuses difficult&#233;s &#224; leur &#234;tre donn&#233;s. La cuisine &#233;tait normalement assur&#233;e par un personnel qui n'avait pas quitt&#233; son poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, mercredi 30 ao&#251;t, vers 16 heures, les S.S., troupes sp&#233;ciales allemandes, arrivent, installent leur artillerie et mitrailleuses sur les terrains dominant la ville. Une partie de ceux-ci fouille les maisons et se livre &#224; un pillage en r&#232;gle. D'autres s'occupent des abris, font sortir les habitants, les fouillent et en dirigent une partie sur les localit&#233;s voisines. Les hommes sont retenus et plac&#233;s sous bonne garde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois jeunes gens, qui s'&#233;taient r&#233;fugi&#233;s dans la cour de l'h&#244;pital derri&#232;re les tas de bois, y sont fusill&#233;s &#224; bout portant, sans jugement ni explications. Ce sont Messieurs COLLIN, GOZE et LEGER. Moment tragique et douloureux ! Soeur Rosa, Sup&#233;rieure de l'&#233;tablissement, se pr&#233;cipite avec Soeur Claude pour relever ces malheureux, et, si possible, leur prodiguer des soins. Aid&#233;es des rares t&#233;moins de cet assassinat, de Monsieur PETITPAS le jardinier et de Monsieur DESINGLY, elles les installent &#224; la morgue et font leur toilette fun&#232;bre, car la mort, h&#233;las, avait fait son oeuvre et tous soins devenaient inutiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Madame la Sup&#233;rieure, les Soeurs et tout le personnel ont fait preuve d'un courage et d'un d&#233;vouement dignes d'&#233;loges. Leur effort a &#233;t&#233; admirable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ext&#233;nu&#233;s d&#233;j&#224; par l'&#233;vacuation des hospitalis&#233;s la veille, ils ont continu&#233; deux jours et deux nuits &#224; satisfaire aux soins des hospitalis&#233;s et au transport des bless&#233;s qui surv&#233;curent &#224; ces heures tragiques : victimes civiles de la guerre, F.F.I. et bless&#233;s allemands prisonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission Administrative, &#224; l'unanimit&#233;, adresse ses chaleureuses f&#233;licitations &#224; Madame la Sup&#233;rieure, pour son initiative et son d&#233;vouement, ainsi qu'&#224; tout le personnel congr&#233;ganiste et la&#239;que, qui lui aussi, dans ces jours tragiques, m&#233;rite tous les &#233;loges pour son endurance et son abn&#233;gation &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LA GUERRE DE 1914-1918 et les &#171; appel&#233;s &#187; du contingent de 1953, en Argonne</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article250</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article250</guid>
		<dc:date>2003-07-23T17:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dr Andr&#233; QUEINNEC</dc:creator>


		<dc:subject>1914-1918</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Monsieur le Docteur QUEINNEC, originaire de Bretagne, s'est install&#233; &#224; Sainte-M&#233;nehould en mai 1952. Ce sera, pendant plus d'une d&#233;cennie, le Chirurgien de l'H&#244;pital. Avec l'aide de sa femme, m&#233;decin-anesth&#233;siste et h&#233;mobiologiste, il cr&#233;a, &#224; l'h&#244;pital de Menou, un poste de transfusion sanguine dont l'organisation fut cit&#233;e en exemple lors du Cong&#232;s de Chirurgie, le 12 mai 1954, &#224; Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les anciens M&#233;n&#233;hildiens se souviennent sans doute encore de la brillante communication donn&#233;e par le Dr QUEINNEC &#224; l'h&#244;tel (...)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Monsieur le Docteur QUEINNEC, originaire de Bretagne, s'est install&#233; &#224; Sainte-M&#233;nehould en mai 1952. Ce sera, pendant plus d'une d&#233;cennie, le Chirurgien de l'H&#244;pital. Avec l'aide de sa femme, m&#233;decin-anesth&#233;siste et h&#233;mobiologiste, il cr&#233;a, &#224; l'h&#244;pital de Menou, un poste de transfusion sanguine dont l'organisation fut cit&#233;e en exemple lors du Cong&#232;s de Chirurgie, le 12 mai 1954, &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les anciens M&#233;n&#233;hildiens se souviennent sans doute encore de la brillante communication donn&#233;e par le Dr QUEINNEC &#224; l'h&#244;tel de ville, &#171; Chirurgie et Chirurgiens Fran&#231;ais &#187;, le 12 janvier 1959, sous l'&#233;gide du Centre d'Etudes Argonnais et de l'Association des Anciens El&#232;ves du Coll&#232;ge Chanzy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur le Docteur Andr&#233; QUEINNEC &#233;tait membre du Comit&#233; de R&#233;daction des &#171; Cahiers de Chirurgie &#187; desquels est extrait la communication ci-dessous.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_414 spip_documents spip_documents_left' style='float:left;'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L200xH240/QUEINNEC-16853.jpg?1773426245' width='200' height='240' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;	Le titre de cette communication peut surprendre. En effet, quels rapports peuvent exister entre les combats de la &#171; Grande Guerre &#187; et de jeunes soldats accomplissant leur &#171; temps &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le massif forestier d'Argonne, s'&#233;tendant du nord au sud, barre en partie la route vers l'ouest, par ses cinq d&#233;fil&#233;s dont on a dit qu'ils &#233;taient les &#171; thermopyles de la France &#187;. Cette r&#233;gion fut le th&#233;&#226;tre de violents combats. C'est dans le bois de &#171; la Gruerie &#187; que ce sont pass&#233;s les faits que nous allons relater.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce bois a &#233;t&#233; d&#233;truit en totalit&#233; et s'est reconstitu&#233;, tant bien que mal, en taillis, sur un sol boulevers&#233; par les tirs d'artillerie et qui reste truff&#233; d'obus non explos&#233;s. Malgr&#233; les interdictions et les mises en garde, des &#171; r&#233;cup&#233;rateurs &#187; n'h&#233;sitent pas &#224; d&#233;terrer les obus pour les m&#233;taux qui les constituent. Il y a des risques. Ils le savent. Ils les prennent et le paient souvent de leur vie ou de graves mutilations. Dans notre pratique, nous en avons observ&#233; de nombreux cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semblerait qu'au long des ans les obus aient tendance &#224; remonter vers la surface du sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cours de l'&#233;t&#233; 1953, un incendie se d&#233;clara dans ce bois. Les pompiers locaux, rapidement d&#233;pass&#233;s par l'ampleur du sinistre, firent appel au corps d&#233;partemental. Puis on appela l'arm&#233;e qui d&#233;p&#234;cha un groupe de jeunes soldats du &#171; contingent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le feu &#233;tait presque ma&#238;tris&#233; lorsqu'un obus explose. Deux soldats tombent. L'un a une plaie au cou, du c&#244;t&#233; droit. Tous les vaisseaux sont sectionn&#233;s et il meurt en quelques instants, sous les yeux de ses camarades. L'autre soldat a re&#231;u un &#233;clat dans la fesse droite. L'h&#233;morragie a &#233;t&#233;, semble-t-il, de peu d'importance. En effet, &#224; l'arriv&#233;e dans le service, il n'est pas choqu&#233;, ou tr&#232;s peu. Une radiographie montra, dans la fesse droite, au contact de l'aile iliaque, un important &#233;clat m&#233;tallique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La porte d'entr&#233;e est une plaie hachur&#233;e de six centim&#232;tres de long, environ. L'exploration montre des muscles dilac&#233;r&#233;s, avec un h&#233;matome peu important. Le corps &#233;tranger est facilement rep&#233;r&#233; et enlev&#233;. Les zones contuses sont r&#233;s&#233;qu&#233;es, des antibiotiques sont d&#233;pos&#233;s dans le foyer, la peau est ferm&#233;e apr&#232;s mise en place d'un drain de Redon. Un rappel de vaccination antit&#233;tanique fut effectu&#233;. Les suites op&#233;ratoires furent tr&#232;s simples. Le bless&#233; quitta le service le dixi&#232;me jour, la plaie parfaitement cicatris&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;r&#234;t des faits ici rapport&#233;s nous paraissent tenir &#224; ceci :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8220; Voir des soldats de vingt ans, accomplissant leur service militaire, mourir ou &#234;tre bless&#233;s, par des obus d'une guerre qu'ils n'ont pas connue, alors qu'ils accomplissaient une t&#226;che d'aide civile ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 &#8220; Apprendre, apr&#232;s avoir montr&#233; l'&#233;clat des obus &#224; des artilleurs, qu'il s'agissait d'un 105 mm fran&#231;ais ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &#8220; Apprendre que, plus de trente ans plus tard, ces obus sont encore efficaces (si l'on peut dire) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 &#8220; Apprendre qu'une zone, o&#249; ont eu lieu tant d'&#226;pres combats, surtout d'artillerie, n'est jamais &#171; saine &#187;, m&#234;me apr&#232;s de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 &#8220; Se souvenir de ce que me disait l'un de mes Ma&#238;tres : &#171; l'ablation d'un corps &#233;tranger de la fesse est &#224; confier &#224; un jeune chirurgien, pour tester son habilet&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que rechercher dans les masses musculaires de la fesse, un corps &#233;tranger de faible volume est une entreprise ardue, mais combien facilit&#233;e aujourd'hui par la radiologie (amplificateur de brillance, st&#233;r&#233;o-radio).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre cas, ce fut tr&#232;s simple : l'&#233;clat d'obus mesurait 6 X 4 cm et se trouvait fich&#233; dans l'os iliaque. Il ne risquait donc pas de bouger pendant les man&#339;uvres de l'extraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cet accident, qui &#224; l'&#233;poque, suscita quelques remous, nous avons &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; soigner de ces &#171; r&#233;cup&#233;rateurs &#187; imp&#233;nitents, victimes d'explosions d'obus de la Guerre 1914-18 ou encore d'engins de la Seconde Guerre Mondiale. Et, parfois, il s'agit de fus&#233;es ou autres engins de guerre, tir&#233;s sur les camps militaires dont regorge la Champagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous gardons, en particulier, le souvenir d'un de ces &#171; r&#233;cup&#233;rateurs &#187; qui, ayant fait exploser une grenade au phosphore, eut une agonie particuli&#232;rement atroce, l'arbre trach&#233;o-bronchique ayant &#233;t&#233; atteint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelles que soient les mises en garde ou les interdictions, les accidents continuent. Ainsi meurent ou sont bless&#233;s, des civils ou des soldats, victimes d'une guerre qu'ils n'ont ni faite, ni m&#234;me connue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LE TESTAMENT</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article251</link>
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&lt;p&gt;Un notaire du d&#233;but du si&#232;cle dernier raconte cette &#233;mouvante histoire extraite de l'Almanach du Combattant. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai dress&#233; bien des testaments ; mais il y en a un dont je garderai le souvenir. C'&#233;tait celui d'un valet de ferme, Jean POMBEL. Il avait perdu sa femme depuis un an et vivait avec ses trois petites filles, dont l'a&#238;n&#233;e avait six ans et la plus jeune deux ans et demi. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un brave gar&#231;on, pas loquace. Comme toujours, au village, on le croyait riche. Aussi, lorsqu'il tomba malade et me fit (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Revue N&#176;20&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un notaire du d&#233;but du si&#232;cle dernier raconte cette &#233;mouvante histoire extraite de l'Almanach du Combattant.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai dress&#233; bien des testaments ; mais il y en a un dont je garderai le souvenir. C'&#233;tait celui d'un valet de ferme, Jean POMBEL. Il avait perdu sa femme depuis un an et vivait avec ses trois petites filles, dont l'a&#238;n&#233;e avait six ans et la plus jeune deux ans et demi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait un brave gar&#231;on, pas loquace. Comme toujours, au village, on le croyait riche. Aussi, lorsqu'il tomba malade et me fit appeler pour tester, je fus surpris :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Monsieur le notaire, me dit-il, ne parlez de &#231;a qu'apr&#232;s ma mort : je suis sans rien du tout. Je vis de ma paye et le bon Dieu y met du sien, car sans &#231;a je n'aurais pas pu m'en sortir avec mes mioches Mais je veux faire un testament quand m&#234;me ; voulez-vous &#233;crire ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici ce qu'il me dicta :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je donne mon &#226;me au bon Dieu, qui voudra bien la reprendre, j'esp&#232;re. Mes meubles serviront &#224; payer mes petites dettes. Je laisse mes trois filles &#224; Martial LESPEREUX et &#224; Vital NAJAC ; LESPEREUX les prendra d'abord, et NAJAC si Martial vient &#224; mourir, ou bien le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est tout, Monsieur le notaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; LESPEREUX ! C'est impossible, Jean ! Il a d&#233;j&#224; trois enfants lui-m&#234;me et il n'est pas riche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je le sais bien, mais il les prendra, vous verrez ; nous &#233;tions en amiti&#233; tous deux, et NAJAC aussi Donnez-moi le papier que je le signe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il signa et sa calme assurance &#233;tait si belle que je n'eus pas le courage encore de le d&#233;tromper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean POMBEL mourut quelques jours plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son testament, quelque &#233;trange qu'il f&#251;t, contenait ses derni&#232;res volont&#233;s : je fis appeler LESPEREUX et NAJAC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;taient des journaliers, p&#232;res de famille et fort pauvres tous les deux. Ils arriv&#232;rent longtemps avant l'heure indiqu&#233;e et je vins les rejoindre dans mon &#233;tude. Ils avaient mis leurs habits du dimanche, modestes mais propres, et, pour me faire honneur, s'&#233;taient ras&#233;s de pr&#232;s. Ils me salu&#232;rent, avec cette simplicit&#233; de l'ouvrier honn&#234;te, si touchante que je n'ai jamais pu la voir sans en &#234;tre &#233;mu jusqu'au fond de l'&#226;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je les fis asseoir ; ils avaient dans les yeux une esp&#233;rance :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un testament, c'est toujours un myst&#232;re ; qui peut savoir ce qui en sort ? Et, vraiment, une petite somme ne ferait pas de mal &#224; de pauvres braves gens comme nous &#187;. Voil&#224; ce que disaient clairement leurs bons regards fix&#233;s sur moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ouvris l'enveloppe et je lus :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les meubles paieront mes dettes. Je laisse mes fillettes &#224; Martial LESPEREUX et &#224; Vital NAJAC &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils n'eurent pas un tressaillement, mais leurs yeux se baiss&#232;rent cessant d'interroger et d'esp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Eh bien ! dis-je &#224; LESPEREUX.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh bien ! monsieur le notaire, elles peuvent venir tout de suite. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il disait cela simplement, comme une chose toute naturelle et qui &#233;tait due.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mais comment ferez-vous, mon brave Martial ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On s'en tirera, monsieur le notaire ; on travaillera un peu plus et le bon Dieu fera le reste. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis peut-&#234;tre un grand na&#239;f, mais cette charit&#233; vaillante me fit monter les larmes aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous avez trois enfants, n'est-ce pas ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Oui, et &#231;a en fera six, puisque POMBEL l'a voulu Quand est-ce qu'elles viennent ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Tout &#224; l'heure ; j'irai vous les mener Que dira votre femme ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Qu'est-ce que vous voulez qu'elle dise, monsieur le notaire ? Elle dira comme moi, pour s&#251;r. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils se lev&#232;rent tous les deux. NAJAC n'avait pas parl&#233; ; mais c'&#233;tait par d&#233;licatesse ; car, ayant laiss&#233; passer son compagnon, il me dit tout bas en me le d&#233;signant du doigt :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'esp&#232;re qu'il vivra longtemps ; mais vous savez, je suis pr&#234;t &#224; le remplacer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je leur donnai une vigoureuse poign&#233;e de main. En v&#233;rit&#233;, il m'aurait &#233;t&#233; impossible d'articuler une parole ; j'aurais &#233;clat&#233; en sanglots d'&#233;motion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une heure apr&#232;s, j'allai chercher les trois petites filles et les menai chez LESPEREUX. Le p&#232;re, la m&#232;re et les enfants &#233;taient assis sur un banc, le long de la table, se pr&#233;parant &#224; souper. Ils se lev&#232;rent &#224; mon entr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Voici les petites &#187;, leur dis-je. La femme s'avan&#231;a :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Venez, dit-elle, asseyez-vous &#187;. Les trois petites cherch&#232;rent une&lt;br class='autobr' /&gt; place ; il n'y en avait gu&#232;re, mais LESPEREUX dit &#224; ses enfants : &#171; Allons, reculez vous autres, serrez-vous un peu. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se fit un vide sur le banc ; les filles de POMBEL s'y plac&#232;rent et ce fut tout : elles &#233;taient de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En serrant la main de Martial, j'y glissai une pi&#232;ce. Maladroit que j'&#233;tais ! Il me la rendit aussit&#244;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah ! monsieur, sans reproche, ce n'est pas bien, il faut me laisser ma joie ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce jour-l&#224;, voyez-vous, j'ai compris pourquoi le Sauveur J&#233;sus aimait tant les pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De temps &#224; autre, je visitais la nouvelle famille. Tout y allait bien. Marguerite POMBEL, l'a&#238;n&#233;e, rendait quelques menus services &#224; sa m&#232;re adoptive ; LESPEREUX faisait des heures suppl&#233;mentaires de travail : on s'en tirait tant bien que mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'hiver suivant, Martial, un soir, fut soudain saisi d'une fi&#232;vre violente. On n'eut que le temps d'aller en grande h&#226;te chercher le pr&#234;tre et le brave LESPEREUX, la nuit m&#234;me, re&#231;ut l'&#233;ternelle r&#233;compense de son admirable charit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je courus &#224; la pauvre chaumi&#232;re. Je trouvai la m&#232;re d&#233;sol&#233;e, tout en larmes et r&#233;p&#233;tant sans cesse :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mon pauvre homme ! Mon pauvre homme ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et elle ajoutait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et les enfants, les enfants ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vis bien que ce qui la tracassait par dessus tout, c'&#233;tait la n&#233;cessit&#233; o&#249; elle se voyait d'abandonner les enfants de POMBEL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je vais m'en occuper, lui dis-je ; je trouverai quelqu'un qui s'en occupera. Le temps de tout pr&#233;parer et je reviendrai tant&#244;t. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je rentrai chez moi pour donner les ordres n&#233;cessaires, on me dit que quelqu'un m'attendait &#224; l'&#233;tude. C'&#233;tait Vital NAJAC ; il avait ses habits de travail et de gros souliers remplis de boue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pardonnez-moi, dit-il, je salis tout ici !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C'est vous, NAJAC, quel terrible malheur, n'est-ce pas Que d&#233;sirez-vous ?
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je suis venu pour le testament, monsieur le notaire.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le testament de LESPEREUX ? Vous pensez qu'il vous laisse quelque chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Je le crois c'&#233;tait convenu
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais il n'avait rien, le malheureux ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NAJAC se taisait ; les yeux fix&#233;s &#224; terre, il tournait et retournait sa casquette entre ses doigts noueux. A la fin, il me regarda, et comme honteux de ce qu'il avait &#224; dire, &#224; voix basse, il murmura :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Et les trois petites de POMBEL &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah ! Les braves gens ! J'avais oubli&#233;, moi et lui il se souvenait ; il accourait tout de suite pour avoir sa part, pour recueillir ce vivant h&#233;ritage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vital, lui dis-je d'une voix tremblante, voulez-vous me faire l'honneur de me donner la main. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me la tendit ; de toutes mes forces je serrai dans les miennes cette honn&#234;te main calleuse ; mais je vis bien qu'il ne comprenait pas pourquoi j'&#233;tais &#233;mu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Qu'elles viennent tout &#224; l'heure, me dit-il ; je vais pr&#233;venir &#224; la maison &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et il s'en alla, marchant avec pr&#233;caution, pour ne pas salir mon parquet de ses souliers boueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, je le regardais s'&#233;loignant sur la route, et il me semblait voir marcher pr&#232;s de lui et lui sourire, un autre homme, un Homme-Dieu, celui qui aime tant les pauvres et les ouvriers, qu'il voulut vivre de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soir, ce fut, chez NAJAC, la m&#234;me sc&#232;ne que chez LESPEREUX quelques mois auparavant : les enfants se serr&#232;rent et l'on fit place aux nouvelles venues.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Extrait de l'Almanach du Combattant&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'INUTILE VOYAGE</title>
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		<dc:date>2003-07-21T17:39:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Henry-Jacques</dc:creator>


		<dc:subject>po&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>po&#232;me</dc:subject>
		<dc:subject>po&#232;sie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand vous irez au village, De grands tas de pierres blanches, Un jour de demain, Luisent au soleil. Ne cherchez pas son image Une senteur de fum&#233;e Le long du chemin. Pend aux murs crev&#233;s ; Ne guettez pas dans la rue L'&#233;t&#233; met des gramin&#233;es Le geste amical Entre les pav&#233;s. Fait &#224; l'&#226;me revenue Des fils de fer et de ronces Par un toit natal Se m&#234;lent, tordus ; Ne guettez pas sur la porte A chaque pas on enfonce Un signe ch&#233;ri ; Dans des trous d'obus. Pleurez : la bourgade est morte Tout ce qui (...)&lt;/p&gt;


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/ 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot3" rel="tag"&gt;po&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;po&#232;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot13" rel="tag"&gt;po&#232;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Quand vous irez au village,&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;De grands tas de pierres blanches,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Un jour de demain,&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Luisent au soleil.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Ne cherchez pas son image&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Une senteur de fum&#233;e&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Le long du chemin.&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Pend aux murs crev&#233;s ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Ne guettez pas dans la rue&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;L'&#233;t&#233; met des gramin&#233;es&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Le geste amical&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Entre les pav&#233;s.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Fait &#224; l'&#226;me revenue&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Des fils de fer et de ronces&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Par un toit natal&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Se m&#234;lent, tordus ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Ne guettez pas sur la porte&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;A chaque pas on enfonce&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Un signe ch&#233;ri ;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Dans des trous d'obus.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Pleurez : la bourgade est morte&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Tout ce qui rendait si tendre&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;La maison aussi.&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Votre int&#233;rieur&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;La maison rouge et rustique&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Est l&#224;, broy&#233; sous la cendre,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;O&#249; vous &#234;tes n&#233;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Sans forme et couleur.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;N'est plus qu'un amas de briques&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Vous irez dans les d&#233;combres,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Au tas calcin&#233;.&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;C&#339;ur boulevers&#233;,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Les murs ont crev&#233; la vo&#251;te&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Cherchant, mais en vain, les ombres&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;De la cave au vin,&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;D'un jeune pass&#233;.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;La fa&#231;ade est sur la route,&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Insultant votre m&#233;moire,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Le toit au jardin.&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Au mur qui se fend&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Dans le carr&#233; de framboises&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Vous ne lirez plus l'histoire&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Et de groseilliers&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;D'un petit enfant.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Il y a des tas d'ardoises&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Allez-vous-en sur la route ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Et de fers rouill&#233;s.&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Ne revenez plus ici ;&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;Des rideaux flottent aux branches,&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;La maison est morte, toute,&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;tr class='row_even even'&gt;
&lt;td&gt;Aux cr&#234;pes pareils ;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Votre enfance est morte aussi.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/IMG/pdf/l-inutile-voyage_a252.pdf" length="10150" type="application/pdf" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>HISTOIRES DE MADELEINES</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article253</link>
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		<dc:date>2003-07-20T18:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jeannine Cappy</dc:creator>


		<dc:subject>rubrique</dc:subject>
		<dc:subject>cuisine</dc:subject>
		<dc:subject>recettes</dc:subject>
		<dc:subject>Cappy</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois une jeune fille meusienne pr&#233;nomm&#233;e Madeleine, qui confectionnait de dr&#244;les de petits g&#226;teaux en forme de coquille, ventrus, dor&#233;s, moelleux &#224; souhait. Vint &#224; passer le roi de Lorraine, Stanislas, &#224; qui elle en offrit. Il les trouva si fort &#224; son go&#251;t, qu'il en demanda la recette et les baptisa du nom de la jeune p&#226;tissi&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Telle est, d'apr&#232;s la l&#233;gende, l'origine des madeleines. La ville de Commercy leur apporta la c&#233;l&#233;brit&#233;, en faisant de leur fabrication, une sp&#233;cialit&#233; renomm&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Revue N&#176;20&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;rubrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cuisine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;recettes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?mot16" rel="tag"&gt;Cappy&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_407 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH244/Rubriquecappy-11-9c619.jpg?1773437611' width='450' height='244' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait une fois une jeune fille meusienne pr&#233;nomm&#233;e Madeleine, qui confectionnait de dr&#244;les de petits g&#226;teaux en forme de coquille, ventrus, dor&#233;s, moelleux &#224; souhait. Vint &#224; passer le roi de Lorraine, Stanislas, &#224; qui elle en offrit. Il les trouva si fort &#224; son go&#251;t, qu'il en demanda la recette et les baptisa du nom de la jeune p&#226;tissi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est, d'apr&#232;s la l&#233;gende, l'origine des madeleines. La ville de Commercy leur apporta la c&#233;l&#233;brit&#233;, en faisant de leur fabrication, une sp&#233;cialit&#233; renomm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un historien local, Monsieur COBUS rapporte : &lt;i&gt;&#171; depuis la fin du XIX&#232;me si&#232;cle jusqu'&#224; la veille de la seconde guerre mondiale, les voyageurs du chemin de fer qui passaient par Commercy se pressaient aux porti&#232;res des wagons, afin de contempler le spectacle insolite, color&#233; et bruyant des vendeuses de madeleines, portant de grands paniers d'osier, en criant aussi fort qu'elles pouvaient, le nom de la fabrique qu'elles repr&#233;sentaient &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'historien-gastronome lorrain, AURISCOTE DE LAZARQUE, il affirme : &lt;i&gt;&#171; la quantit&#233; d'&#339;ufs employ&#233;e pour cette int&#233;ressante fabrication dans la ville de Commercy, varie selon les saisons entre deux cents et trois cents douzaines par jour&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-1' class='spip_note' rel='appendix' title='Je lui laisse la responsabilit&#233; de ces chiffres.' id='nh4-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Il pr&#233;cise que : &#171; les ingr&#233;dients de la p&#226;te &#8220; farine, sucre, beurre, &#339;ufs &#8220; sont battus pendant environ une heure et si les &#339;ufs entrent int&#233;gralement dans la pr&#233;paration, les blancs seuls servent &#224; &#171; mouiller &#187; le sucre et la farine &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;nag&#232;res argonnaises savaient, elles aussi, confectionner les &#171; madeleines &#187;. Elles avaient le choix entre plusieurs recettes. Mais, encore une fois, c'est dans le pr&#233;cieux cahier de Madame BERTIN&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-2' class='spip_note' rel='appendix' title='Cuisini&#232;re &#224; Passavant dans les ann&#233;es 1900.' id='nh4-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que j'ai puis&#233; la plus conforme &#224; la tradition et qui se trouve, apr&#232;s essais, &#234;tre la meilleure :&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Madeleine de Commercy&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Mettre dans une terrine 125 grammes de sucre en poudre. Mouiller peu &#224; peu avec 4 blancs d'&#339;ufs. Ajouter les jaunes. Bien m&#233;langer le tout. Ajouter encore 125 grammes de farine, 125 grammes de beurre fondu et refroidi, une pinc&#233;e de zeste de citron pour parfumer. Battre la p&#226;te avec le fouet pour la rendre l&#233;g&#232;re. Verser dans des moules l&#233;g&#232;rement beurr&#233;s et mettre au four pr&#233;chauff&#233; (200&#176; ou th. 6)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href='#nb4-3' class='spip_note' rel='appendix' title='Cette pr&#233;cision a &#233;t&#233; ajout&#233;e : elle ne figurait pas dans la recette de Mme (...)' id='nh4-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pendant 10 &#224; 15 minutes, suivant la grosseur des madeleines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il n'y a pas que les dames et les p&#226;tisseries qui portent ce nom de &#171; Madeleine &#187;, mais aussi plusieurs sortes de fruits qui ont comme point commun d'&#234;tre m&#251;rs dans la deuxi&#232;me quinzaine de juillet, aux alentours de la Sainte Madeleine, qui se f&#234;te le 22 de ce m&#234;me mois (d'o&#249; leur nom !) : pommes &#224; chair tendre, sucr&#233;e, rafra&#238;chissante, poires juteuses, p&#234;ches parfum&#233;es, et aussi une d&#233;licieuse petite prune ronde, violette, acidul&#233;e, au noyau se d&#233;tachant bien, aussi bonne crue que cuite sur une galette. On ne trouve malheureusement plus beaucoup ces vari&#233;t&#233;s dans nos vergers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais notre bonne Sainte ne se borne pas &#224; &#234;tre marraine de fruits, elle patronne aussi plusieurs corps de m&#233;tier, en particulier celui des tuiliers.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la tuilerie des Islettes, jusqu'en 1962 au moins, la Sainte Madeleine &#233;tait f&#234;t&#233;e chaque ann&#233;e. Madame WOISELLE se souvient des grandes tables faites avec des tr&#233;teaux et recouvertes de draps blancs, qu'on dressait dans la cour de l'usine ou dans un grand garage si le temps n'&#233;tait pas s&#251;r. On y disposait de nombreuses brioches, faites par le boulanger des Islettes, du vin rouge, du vin blanc, du cidre, et bien s&#251;r, des verres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet apr&#232;s-midi l&#224;, le travail cessait de bonne heure, et ouvri&#232;res et ouvriers se retrouvaient autour de ce grand go&#251;ter. L'ambiance &#233;tait tr&#232;s gaie, et les chansons nombreuses Il faut dire qu'&#224; cette &#233;poque, on chantait m&#234;me souvent en travaillant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun repartait avec les brioches restantes, car il y en avait toujours de trop.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Monsieur WOISELLE, bon photographe, a saisi de nombreuses images de son usine et du personnel. Madame WOISELLE a bien voulu nous en confier quelques unes en les commentant. De quoi raviver quelques souvenir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_415 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH248/cappy1-10-57e45.jpg?1773437611' width='450' height='248' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;Une partie du personnel, vers 1930, sans doute un jour de Sainte Madeleine&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_416 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH272/cappy2-6-467e9.jpg?1773437611' width='450' height='272' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;Etang aujourd'hui disparu, combl&#233; par l'usine RVA, apr&#232;s destruction de l'ancienne tuilerie. Dans cette carri&#232;re o&#249; fut extraite de la glaise, sur une dizaine de m&#232;tres de profondeur,subsistait une &#233;norme excavation qui devint un &#233;tang.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_417 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH241/cappy3-7-ec0ba.jpg?1773437611' width='450' height='241' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;Excavatrice &#224; godets qui extrayait la terre, la d&#233;versait dans le wagonnet, qui partait&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;dans les ateliers de fabrication&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_418 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH290/cappy4-5-1e116.jpg?1773437611' width='450' height='290' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;Vers 1927-1930 quelques unes des ouvri&#232;res devant les piles de tuyaux de drainage,dans la cour de l'usine&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_419 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH283/cappy5-2-10800.jpg?1773437611' width='450' height='283' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;Toujours dans les ann&#233;es 1927-1930 &#8220; Dans l'atelier de fabrication.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;span class='spip_document_420 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L250xH371/cappy6-2-88975.jpg?1773437611' width='250' height='371' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;Dans les ann&#233;es 1950, empilage des produits (ici des hourdis pour planchers) dans les s&#233;choirs.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_421 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH275/cappy7-3-ca779.jpg?1773437611' width='450' height='275' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;Apr&#232;s le s&#233;chage, empilage des produits dans le four&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;table class=&#034;table spip&#034;&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr class='row_odd odd'&gt;
&lt;td&gt;&lt;span class='spip_document_422 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L250xH379/cappy8-3-44358.jpg?1773437611' width='250' height='379' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;M&#234;me la gent f&#233;minine s'int&#233;ressait &#224; la machine &#224; vapeur qui fournissait la force.&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='spip_document_423 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/local/cache-vignettes/L450xH281/cappy9-3-d1210.jpg?1773437611' width='450' height='281' alt=&#034;&#034; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;La cour avec les produits pr&#234;ts au chargement sur camions&lt;br class='autobr' /&gt;
ou wagons en gare des Islettes tuiles courbes, boisseaux de chemin&#233;e, briques creuses, tuyaux de drainage&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id='nb4-1'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-1' class='spip_note' title='Notes 4-1' rev='appendix'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Je lui laisse la responsabilit&#233; de ces chiffres.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-2'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-2' class='spip_note' title='Notes 4-2' rev='appendix'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cuisini&#232;re &#224; Passavant dans les ann&#233;es 1900.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id='nb4-3'&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href='#nh4-3' class='spip_note' title='Notes 4-3' rev='appendix'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette pr&#233;cision a &#233;t&#233; ajout&#233;e : elle ne figurait pas dans la recette de Mme BERTIN.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LE DIABLE, TUEUR D'HALLOWEEN</title>
		<link>https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?article258</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jeannine Cappy</dc:creator>



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&lt;p&gt;[(Les histoires d'aujourd'hui forment les l&#233;gendes de demain. Les &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole primaire de Vienne-le-Ch&#226;teau r&#233;digent r&#233;guli&#232;rement leur journal &#171; Mots de M&#244;mes &#187;. On y trouve toutes les informations concernant la vie scolaire et aussi des fictions. Le jeune Jeff BIETRIX raconte ainsi la rencontre, r&#233;elle ou imagin&#233;e, qu'il a faite avec le diable, un soir d'halloween. Ce texte pourrait devenir, au fils des ans, la base d'un conte argonnais qui fera fr&#233;mir les enfants du XXI&#232;me si&#232;cle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une nuit (...)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.menouetsesvoisinsdargonne.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Revue N&#176;20&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Les histoires d'aujourd'hui forment les l&#233;gendes de demain. Les &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole primaire de Vienne-le-Ch&#226;teau r&#233;digent r&#233;guli&#232;rement leur journal &#171; Mots de M&#244;mes &#187;. On y trouve toutes les informations concernant la vie scolaire et aussi des fictions. Le jeune Jeff BIETRIX raconte ainsi la rencontre, r&#233;elle ou imagin&#233;e, qu'il a faite avec le diable, &lt;br class='autobr' /&gt;
un soir d'halloween. Ce texte pourrait devenir, au fils des ans, la base d'un conte argonnais qui fera fr&#233;mir les enfants du XXI&#232;me si&#232;cle.&lt;/i&gt;
&lt;p&gt;Une nuit d'Halloween, je d&#233;filais dans Vienne quand soudain un homme grand et maigre parut. Il &#233;tait habill&#233; comme un diable et il me barrait le chemin. A ce moment l&#224;, j'ai compris que ce n'&#233;tait pas un homme, mais un diable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;mon voulait me tuer ; donc, je d&#233;cidais de m'enfuir. Le diable m'avait poursuivi jusqu'&#224; la Haraz&#233;e. A ce moment l&#224;, j'ai appel&#233; le pr&#234;tre de l'&#233;glise. Celui-ci d&#233;cida de prendre un pieu et de lui enfoncer dans le c&#339;ur. Mais le malfaisant &#233;tait malin : avec sa fourche, il transforma le pr&#234;tre en statue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, le religieux m'avait lanc&#233; le pieu pour que je tue le diable. Au moment o&#249; le diable voulait me transformer, je lui ai plant&#233; le pieu dans le c&#339;ur. Finalement, le malfaisant est mort et je suis le gar&#231;on le plus courageux du village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au diable, on l'a enterr&#233; en enfer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Jeff BIETRIX&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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